L'ASSEMBLEE NATIONALE A ENCORE DU TRAVAIL A FAIRE POUR ETRE DIGNE DE CE NOM

Publié le par Patrick Gouverneur

Sans que personne n’y prête réellement attention, sans que nos medias si pertinents ne croient utile de le mentionner,une petite révolution politique est pourtant en train de se dérouler sous nos yeux dans notre microcosme hexagonal.

 

Il ne vous a pas échappé que depuis quelques semaines Nicolas Sarkozy est contraint de reculer sur certaines reformes qui lui tiennent pourtant à cœur, et à nous aussi d’ailleurs.

 

Différer, reporter, mieux communiquer, le Président et le Gouvernement ont beau déployer toute leur richesse de vocabulaire, la réalité ne trompe personne, certaines reformes et non des moindres ne passent pas.

 

Pas forcément dans l’opinion d’ailleurs (même si la présentation des dossiers n’a pas été toujours des plus brillantes c’est un fait) mais, et c’est cela qui est remarquable, tout simplement au Parlement.

 

Or, sans vouloir vous faire injure, nous vous rappelons qu’en Juin 2007, dans la foulée de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, la majorité politique présidentielle remporte les législatives.

Et confortablement.

Certes pas avec le raz de marée un peu vite annoncé (ou unanimement prévu c’est selon..) mais avec une large majorité.

Un peu restreinte entre les deux tours pour cause d’un triomphalisme un peu trop voyant, et surtout si on veut bien s’en rappeler, d’un Jean Louis Borloo qui voulait faire le malin avec la TVA sociale….

Toujours est-il, malgré la gaffe de Borloo, que Nicolas Sarkozy pouvait s’appuyer sur une confortable majorité qui lui assurait dans son esprit, un quinquennat paisible du moins  d’un point de vue parlementaire.

Un peu plus de dix huit mois après, tu parles !

 

Malgré des remaniements d’Etat major incessants  a la tête de l’UMP, avec pourtant des hommes de confiance, malgré les efforts du pourtant brillant Jean François Copé a la tête du groupe Parlementaire, malgré des colères parait-il mémorables du Président, malgré des pressions individuelles dont Sarkozy est un expert, rien n’y fait.

La majorité présidentielle traîne les pieds.

Enfin disons plutôt certains Députés (surtout) de la majorité, empêchant ainsi le Président de disposer toujours du soutien majoritaire necessaire.

Car la réalité est bien celle la, ce sont des éléments de la majorité qui font défaut.

 

Le malheur c’est que sur des sujets comme le travail le Dimanche (un irréel archaïsme a la française) la reforme de l’enseignement au lycée (que personne n’a voulu faire depuis 20 ans)  et j’en passe, le Président a du reculer « trahi par les siens ».

 

A l’heure ou sont écrites ces lignes on ne sait pas le sort réservé a la Loi sur l’audiovisuel.

Mais on peut penser que soutenu par la gauche certains Députés de « droite » feront tout pour faire passer l’augmentation de la redevance.

Ce qui pour le moins est un comble.

Un tel résultat transformerait ainsi définitivement le caprice présidentiel incompréhensible du Président de Janvier 2008 en connerie majeure du quinquennat.

 

Il restera toujours pour nous en effet, totalement  incompréhensible pourquoi Sarkozy a jugé bon de s’embarquer sur ce dossier, et de surcroît dans cette direction, à l’opposé de tout bon sens…

C’est un mystère….fermons la parenthese.

 

On se rappellera en outre pour clôturer ce noir tableau, que les départements n’ont pas été supprimés grâce a l’archaïsme de quelques UMP, et que la Reforme de la Constitution n’est passée que grâce au courage de Jack Lang évitant ainsi a Sarkozy de justesse un affront terrible.

La liste est donc relativement impressionnante, et principalement ces derniers temps, des sujets sur lesquels le Président n’est pas suivi par ses « supposées troupes ».

Qu’en tirer comme conclusion ?

 

D’abord et surtout que c’est une première dans la République.

Depuis de Gaulle, qui a inventé le terme de « godillots » (chaussures avec lesquelles l’armée est en marche, pour ceux qui l’ignoreraient…) pour qualifier les députés de sa majorité, jamais une majorité n’a lâché a ce point le Président.

De droite comme de gauche tous les Présidents, en dehors des périodes de cohabitation bien sur, savaient pouvoir compter sur leur majorité pour faire passer leur politique. Apparemment ce n’est plus systématiquement le cas.

 

Doit-on le regretter ?

D’un point de vue politique sans aucun doute.

 

Que les projets mentionnés plus haut se soient fait rétoqués par des UMP ringards, cela est navrant.

Surtout pour le pays.

Mais d’un point de vue intellectuel c’est finalement plutôt réconfortant.

Si les députés (en tout cas de droite) se mettent a voter avec leur conviction (espérons le) et non plus avec les consignes de leur Parti, c’est plutôt vivifiant !

 

Cela existe depuis toujours aux Etats-Unis et c’est toujours un étonnement pour nous francais de voir l’état d’apaisement, de sérénité et de respect dans la politique américaine, pourtant souvent sans pitie,comparée aux scènes relevant parfois du jardin d’enfants à l’Assemblée française.

Il est évident que l’on peut faire partie, militer, soutenir et promouvoir son mouvement politique avec lequel on est le plus proche, sans pour autant être d’accord sur tout, et partager a 100 % les consignes de ses dirigeants, parfois dictées par des préoccupations suspectes….

Cela apparaît évident quand on le dit, mais ça ne l’était pas il y a quelques mois encore pour les partis français qui avaient choisi le stalisme pour ligne de conduite en maniant les menaces d’exclusion et les menaces de non investiture pour faire régner « l’ordre » dans les rangs.

La liberté de penser et la liberté de votes au sein des partis en France n’existe pas, soyons clairs.

 

D’ailleurs Sarkozy désormais « en charge » a oublié désormais ses paroles de campagne, quand il souhaitait un parlement plus  « moderne et plus libre », et finalement il regrette sans doute aujourd’hui le « bon vieux temps » quand il passe ses nerfs sur Jean François Copé qu’il accuse régulièrement  « de ne pas tenir ses troupes ».

 

Il n’empêche.

Au nom d’une certaine idée de la politique qui est la notre, nous nous réjouissons de cette nouvelle évolution des mentalités, même si comme Sarkozy nous regrettons que les reformes indispensables pour le pays soient bloquées, et du coup nous comprenons bien sûr qu’il soit fou de rage….

 

Mais pour être tout a fait honnête, il convient de mentionner  que si Nicolas Sarkozy enregistre une forme d’échec avec sa majorité, du fait que les Députés UMP évoluent dans leur conception de la politique, cela vient aussi et largement, qu’ils sont seuls à le faire !

Car du cote de la Gauche, bonjour l’archaïsme.

Eux, n’évoluent pas.

Jack Lang mentionné plus haut, a « frôlé » l’exclusion, bon rassurez-vous, frôlé seulement….. il attend encore sa lettre de la part de Hollande…… pour avoir oser transgresser les consignes du Parti sur une reforme que la gauche…réclamait depuis longtemps.

Franchement constater que la gauche ne vote pas, pour de navrantes considérations « tactico-populistes », la mise en place du RSA, la reforme de la Constitution, la reforme de l’Audiovisuel pour ne citer que cela, a tout de même un cote irréel.

Alors même qu’en grande partie ce sont des mesures qu’ils réclamaient depuis toujours…

 

D’ailleurs, il  est probable que Sarkozy avait imaginé pouvoir compenser la défection de quelques UMP, en imaginant corollairement grâce a l’ouverture,  pouvoir compter sur le soutien de quelques socialistes ouverts et honnêtes pour faire passer ses projets, surtout ceux les plus a gauche.

C’est un échec cuisant  de ce point de vue, c’est une évidence.

Les socialistes en particulier, n’ont toujours pas compris que Staline était mort….

 

Et du coup le résultat est la : l’immobilisme politique est de retour en France.

Ce qui est tout a fait navrant pour l’ avenir du pays naturellement.

Et ce retour aux heures les plus noires de la cohabitation est tout autant le résultat de l’émancipation des UMP que de l’insoutenable sottise des socialistes.

Il faut tout de même appeler les choses par leur nom.

Eux c’est clair n’ont pas évolué.

La politique reste ce qu’elle était dans les années 80, l’opposition s’oppose.

A tout et systématiquement.

Sans participer a l'amelioration des textes ou a l'elaboration d'un consensus, simplement en faisant une obstruction stupide s'ajoutant a des comportements collectifs parfois totalement scandaleux.
Navrant isn‘t it ?

 

Résultat des courses la France est encore fort loin d’être un pays où l’on peut assister à de vrais débats, et où on peut juger les hommes politiques non sur leur étiquette, mais sur ce qu’ils ont voté au Parlement, tout au long de leur carriere.

Autrement dit on aimerait bien voir ce vent de révolte et de liberté individuelle traverser tous les partis et pas seulement l’UMP.

 

De sorte par exemple qu’un discours de ce type puisse être reçu par la France et les français avec enthousiasme et passion.

« J’appelle tous les américains Démocrates et Républicains a mettre leurs idées au dessus des vieilles batailles idéologiques, le sens de l’intérêt général au dessus  de leurs intérêts partisans et j’insiste que la première question a se poser est bien sur de savoir ce qui est bon pour moi…. mais aussi de savoir ce qui est bon pour mon pays et pour l’héritage que je vais donner a mes enfants »

 

Ces propos ont été prononcés par Barack Obama  au moment ou a été présenté au Sénat américain un premier jet de son «  stimulus plan » pour relancer l’économie américaine.

Alors même qu’il n’est pas encore en fonction.

 

Surveillez bien le résultat final des votes.

Et comparez le a la composition politique du Sénat….

Je ne doute pas que ce sera édifiant !!

 

Ce sera attristant pour Nicolas Sarkozy c’est certain… mais normalement ce devrait etre embarrassant pour Martine Aubry….

Normalement.

 

Publié dans Politique

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alain 16/01/2009 13:30

je partage totalement toutes les suggestions pour moderniser le parlementelles me paraissent tellement evidentes que l'on se demande pourquoi Sarkozy ne l'a pas faitmais toutes ces idees n'ont de sens que si on supprime le cumul des mandatsc'est la cle et en meme temps le cancer de la France

Loïc 15/01/2009 14:28

Article intéressant sur la quête d'un Parlement moderne, où les députés votent en âme et conscience Après, les votes rebelles des députés UMP manifestent parfois une désapprobation d'une réforme faite de façon non intelligente (donc c'est bien), mais aussi parfois un conservatisme trop marqué... Bref, il y a encore des efforts à faire: notamment pour que les députés deviennent des législateurs éclairés (alors que du fait de leur mode d'élection et de la toujours non interdiction du cumul des mandats, ils sont souvent plus des barons locaux qu'autre chose)... Enfin, je pense qu'il y a du travail à faire aussi par les médias et pour les Français en général pour suivre de plus près les votes et les travaux des députés : on verra qu'il y en a qui travaillent, qui sont de vrais législateurs (je pense à Pascal Terrasse,..., et à d'autres), et d'autres qui se montrent une fois l'an... Bref, il y a encore du travail pour moderniser l'Assemblée Nationale, et des réformes touchant au cumul des mandats, à l'absentéisme parlementaire, et au mode d'élection, pourrait faire aavncer les choses... Je vous rejoint aussi sur votre analyse du comportement du Parti Socialiste : ils prefèrent s'abstenir en masse, que laisser liberté de vote à leurs députés (on verrait des "oui" ou des "non") Et, apparemment, le parti convalescent considère que c'est nécessaire cette unité dans l'opposition pour se reconstruire... Sont-t-ils vraiment si maltraité médiatiquement qu'ils seraient inaudibles sans cette unité ? Il faut dire aussi que c'est la majorité qui maîtrise l'ordre du jour, et donc impose les réformes à choisir, donc dans cette opposition sous forme d'abstention, les socialiste trouvent peut être le moyen de dire "y a de bonens choses dans cette réforme, de plus mauvaise choses, et si on avait été à l'éxécutif, on n'aurait pas du tout fait comme ça, orienté la réforme comme ça".... Enfin, bref, y a encore du travail... Petite correction toutefois : la réforme de l'école (et de la classe de seconde dans un premier temps), n'était semble-t-il pas encore au stade législatif...Donc, là, c'est vraiment la température prise à travers l'opinion et les manifestations, qui ont fait reculé le gouvernement... Sinon sur les petits points politiques évoqués au gré de ce fil, je marquerai une nuance avec votre opinion sur : -la TVA sociale : je ne trouve pas que ça soit une idée inintéressante... Il faut travailler dessus pour en faire quelque chose de juste, c'est sûr, mais pas à rejeter en bloc -la redevance : ca ne me semble pas une hérésie de l'augmenter... Il ya l'exemple de l'Angleterre... Et, puis, certes 150-200 euros, quand ça tombe à la fin de l'année, ça peut paraître un lourd impôt, mais quand on compare à une chaîne privée, comme Canal+, avec des abonnements à 30 euros par mois, on se rend compte que  ce n'est pas tant que ça...