DES SURPRISES DANS LA CAMPAGNE ?

Je ne vais pas verser dans le triomphalisme, mais ce que je vous indiquais a propos de la réaction de l’électorat à l’interview (sur toutes les chaines de télé …..) de Nicolas Sarkozy est en train de se confirmer.

L’impact sur l’électorat et les intentions de vote est quasi nul.

C’était hélas à craindre quand on regarde objectivement ce qui se passe depuis des mois.

D’ailleurs les derniers sondages publiés confirment une tendance qui est à noter.

C’est la grande stabilité de l’électorat et des intentions de votes.

A 1 ou 2 % près (marge d’erreur des sondages…) les chiffres du premier tour ne changent guère depuis des semaines.

Il y a eu un petit frémissement il y a quelques semaines pour François Bayrou mais la tendance se tasse et il est aujourd’hui sur un plateau de 13 -14% dont il ne décolle plus.

Comme nous le disions dans notre article précédent son ascension ne peut reprendre que si l’électorat pur et dur de Sarkozy (25%) réalise enfin que la cause est perdue.

Pour l’instant ces 25% s’accrochent au rêve véhiculé par l’UMP du « rebond » possible.

Vous savez ce que j’en pense.

On l’attend depuis des mois et je pense qu’on l’attendra longtemps….

 

Alors Bayrou peut apparaitre comme la solution de recours. Alors seulement.

Si le transfert des voix de Nicolas Sarkozy vers François Bayrou ne se fait pas, et bien la France retombera dans le socialisme et ses excès.

On a d’ailleurs l’impression que la majorité du pays y est prête.

Sarkozy et ses équipes a exaspéré trop de monde et la majorité semble prête pour François Hollande.

C’est peut être un choix de raison plus que de cœur mais l’ampleur des écarts, et sa constance dans le temps, montre que Hollande séduit toujours près de 60% des suffrages…..

Pour ma part vous l’avez compris mon candidat c’est Bayrou.

Non seulement parce qu’il représente une vraie alternative a Hollande, mais aussi car il est celui qui tient le langage de la vérité, en particulier économique.

Je vous annonçais qu’il devait indiquer son programme début Février, il l’a fait.

 

 Son objectif annoncé était de dégager 100 milliards sur 5 ans.

Il a précisé qu’il tablait sur 50 milliards de recettes et 50 milliards d’économies. Pour les recettes il rejoint pour la démarche François Hollande.

Coupes sombres dans les niches fiscales et création d’une tranche à 45% pour les hauts revenus.

Rien de bien créatif jusque la.

Par contre il annonce une augmentation de 1 point et éventuellement de 2 de TVA.

Décision inéluctable selon l’opinion de beaucoup d’économistes.

Ajoutons pour être complet la dessus qu’il table sur une prévision de croissance de 0.5% beaucoup plus réaliste que Hollande et le gouvernement Fillon.

 

Pour ce qui concerne les dépenses  Bayrou était beaucoup plus attendu, à commencer par moi-même.

 Ou allait-il bien trouver les 10 ou 15 milliards par an d’économies ?

Sa réponse fut une relative surprise car elle est assez astucieuse…

En fait il préconise de ne pas augmenter les dépenses de chaque Ministère en valeur absolue !!!! Autrement dit il supprime l’inflation appliquée chaque année de 1 ou 2 % sur toutes les dépenses.

Pas bête car cela lui permet de raisonner globalement sans devoir entrer dans les détails budgétaires….

Il précisé que pour les augmentations de dépenses inéluctables comme la Police ou l’Education, elles devront être financées par des économies realisees ailleurs. Intéressant mais pas très précis, convenons-en….

Reste que la démarche et le discours global est méritoire et séduisant. En tout cas à mes yeux.

Reste que la mise en application d’une telle mesure pose dans l’état actuel du fonctionnement de la République quelques problèmes…            

Qui va être en charge du contrôle budgétaire dans les différents Ministères ?

Qui va être responsable en cas de dépassement budgétaire ?

Les Ministres ?

Encore faudrait –il qu’ils soient présents sur le terrain de leur Ministère au lieu de courir les plateaux de télé pour parler de tout sauf de leur domaine de compétence…

Ou encore de jouer les plantes vertes dans les deplacements presidentiels….

Encore faudrait il aussi qu’ils soient compétents dans leur domaine de responsabilité pour faire des choix et des arbitrages…

 

Des points de détail qui n’en sont pas dans le cadre de la République telle qu’elle fonctionne aujourd’hui.

A tel point que cette inquiétude d’ordre pratique qui est la notre nous amène a proposer de façon concrète un certain nombre de mesures a mettre en place pour faire en sorte qu’un tel projet d’augmentation de dépenses a 0% soit crédible et puisse être raisonnablement mis en place, et tenu.

 Cela sera l’objet de notre prochain article dans 48 heures.