L'INQUIETANT DESASTRE DU PARTI SOCIALISTE

Publié le par Patrick Gouverneur

L'objectivité n'existe pas en politique on le sait. Mais l'honnêteté, oui.
En tout cas quand on s'efforce de la rechercher, ce qui est notre ligne de conduite permanente sur ce blog.
Notre soutien (cependant très souvent critique vous en conviendrez....) à Nicolas Sarkozy n'étant un secret pour personne, et du coup il pourrait apparaître paradoxal et surprenant a certains que nous nous « inquiétions » de l'état du PS.
Et pourtant.

Quand dans un pays démocratique comme la France il n'y a intellectuellement et politiquement RIEN entre Nicolas Sarkozy et Olivier Besancenot, on ne peut qu'être inquiet.
Quand dans un pays comme la France la vie politique est rythmée par les intérêts personnels, les querelles de personnes, les réflexions tactiques et les préoccupations strictement électoralistes on ne peut qu'être que préoccupé.
Quand dans un pays comme la France, sur quelque sujet que ce soit, les grands leaders et les grands mouvements d'opposition, n'ont rien, strictement rien, a proposer d'autre qu'une obstruction systématique, ou un effrayant et consternant spectacle de collégiens en goguette a l'Assemblée, on ne peut être que troublés.
Car ne nous y trompons pas, faute d'une opposition intellectuellement constructive, la politique laisse la place aux corporatismes et au pouvoir de la rue.
Et c'est d'ailleurs ce qui se passe en France depuis bien longtemps.
Et quand on voit en ce moment ce qui se passe aux Etats Unis, malgré tous les excès et la dureté de la vie politique on ne peut qu'être consterné en regardant notre cher hexagone.

Le plus bel exemple et le dernier en date est celui de l'Ecole.
Je dis bien Ecole avec un E majuscule, car pour la première fois depuis 40 ans un pouvoir politique a une vraie réflexion avec un vrai plan sur 5 ans sur notre éducation.
Pas l'Education Nationale dont tout le monde se fout, à part ceux qui y travaillent, mais l'enseignement, les contenus, les méthodes et les horaires.
La formation des mômes, la vraie.
Et bien quand pour la première fois depuis 40 ans on lance une vraie réflexion sur le sujet, réflexion que l'on peut ne pas partager et le cas échéant donc le discuter, l'opposition française n'a rien strictement rien à dire ni a proposer.
Ni François Bayrou pourtant ancien Ministre de l'Education Nationale, ni le PS.
Si, pardon, leur seule « contribution » au débat c'est bien sûr de flatter les profs dans le sens du poil, de manipuler les lycéens, et envoyer tout ce monde la dans la rue avec un seul et unique slogan : NON NON NON a la reforme.
Rejoignant en cela les gauchistes et révolutionnaires de tout poil qui n'ont jamais eu pour but de faire avancer la société puisque le leur c'est de la détruire.
Convenez que sur le plan des idées c'est un peu court, et que sur le plan des intérêts du pays, c'est pour le moins navrant de la part d'un grand parti comme le PS.

Cette façon de faire de la politique, on sait très bien d'ou elle vient.
C'est le prix à payer du tandem Mitterrand-Chirac qui on caricaturé pendant la politique et les partis, en oubliant toute idéologie (car ils n'en avaient pas....) pour ne se concentrer que sur leurs intérêts personnels.
Ils ont transformes leurs partis en « machine » a leur service sans aucune capacité de réflexion et d'innovation.
Et voilà le résultat.

Je vous rassure la droite était pareille, et le serait toujours si un certain Nicolas Sarkozy n'etait passe par la a partir de 2006.
Il suffit d'ailleurs aujourd'hui de voir « ses difficultés » avec sa majorité pour s'en convaincre.
Les archaïsmes à droite ne sont pas tous morts, c'est le moins qu'on puisse dire........

Pour ce qui concerne le PS, le problème est donc simple, il n'a toujours pas fait sa révolution post Mitterrandienne .....depuis plus de 10 ans maintenant.
C'est tout de même inquiétant non ?

Depuis un moment nous voulions faire un papier sur l'incroyable délabrement du PS, mais on ne savait pas très bien par quel bout prendre le problème, pour que le regard extrêmement sévère que nous portions sur le sujet ne puisse paraître suspect, tellement nous pensons a nos yeux que le désastre est immense..

Evidemment, la première approche qui vient à l'esprit c'est l'ironie. C'est naturellement tentant.
Cette course au Secrétariat General du Parti a largement dépassé le comique.
Nous sommes maintenant carrément dans le grotesque.
Entre ceux qui se sont déclarés « officiellement candidat », ceux qui « y songent », ceux qui « ne refusent pas de l'envisager », ceux qui « y penseront le moment venu » et ceux qui « n'excluent rien », avouez que la frontière du ridicule a été largement franchie.
Les ambitions personnelles n'ont rien d'indécent en politique, elles font même partie du jeu.
Mais quand un parti ne pense plus qu'a cela, et qu'a peu prés 10 leaders songent plus ou moins à prendre la direction du mouvement, c'est que le malaise est profond.

Forte de ses 44 %, de ses 17 millions d'électeurs et de l'indiscutable élan populaire qu'elle a suscité, Ségolène Royal se pensait leader « naturelle ».
Au non du TSS (Tout Sauf Ségolène) les rats sont sortis de leur tanière pour lui faire comprendre que la popularité au PS ca ne voulait rien dire..
Puis Bertrand Delanoë fort de sa triomphale victoire électorale et du fait qu'il n'avait jamais trempé dans les querelles personnelles et les magouilles, s'est cru un moment le recours eventuellement possible.
Le malheureux a eu le toupet de se déclarer « libéral ».
Que dis-je le toupet ? L'inconscience même pour tout dire.
Liberal ?
Le plus vilain mot de la politique française.
Gravissime erreur Bertrand.
Voilà que les rats s'excitent, certes perdent quelques éléments de leur armée, mais s'instituent eux-mêmes « reconstructeurs ».
Et ils se trouvent une nouvelle égérie...
Martine Aubry.
Et bien comme perdreau de l'année, en politique en voilà une belle.
Plus ringarde et plus carbonisée qu'elle par la plus grande connerie de la politique française de ces 30 dernières années, les 35 heures, il était difficile de trouver mieux.
Et bien ils ont ose !
Franchement tout cela est proprement hallucinant et dépasse l'élémentaire bon sens politique.

Au delà de l'ironie et de la dérision qu'est ce qu'il reste ?
Sur le fonds, sur les programmes et sur les idées ?
Rien.
A cotée des idées du PS le programme d'Obama est un catalogue de mesures concrètes... c'est vous dire.


Et puis en faisant quelques recherches pour documenter le papier nous sommes tombes sur une interview de Michel Charasse parue il y a quelques jours dans le Figaro.
Plutôt qu'un long discours dont le contenu pourrait apparaître partisan a nos lecteurs de gauche, dont je conçois croyez le bien sans hypocrisie, qu'ils soient malheureux (je l'ai été aussi avec la droite de 1992 a 2007, je compatis....) il m'a paru opportun finalement de laisser la parole a Michel Charasse.
Le Sénateur socialiste, gardien du temple du mitterrandisme s'il en est, vient d'être exclu du PS par les instances du parti...
Oui je sais, il faut le faire.
Exclure Charasse du PS c'est un peu comme exclure Maurice Schuman du parti...gaulliste.
Mais bon, comme vous le savez Hollande et ses amis n'ont « pas de limite ».
Et comme disait une de mes idoles Michel Audiard, « les cons...c'est meme à cela qu'on les reconnaît .....»

Michel Charasse qui n'est pas pour autant une référence intellectuelle du PS, a une expérience, et un vécu de l'intérieur après 44 ans de cotisation incomparable.
En tout cas supérieur a la notre dont la sensibilité socialiste n'est pas, nous en conviendrons facilement notre qualité première...
Michel Charasse n'a jamais eu comme on le sait, la langue dans sa poche, et il le prouve une fois de plus dans cette interview plutôt décapante.
On ne peut pas cependant minimiser ou sous estimer l'amertume du bonhomme devant cette décision grotesque.
Il n'empêche, son regard nous paraît des plus lucides et son analyse des plus justes.
Et plutôt que de paraphraser ou reformuler des choses bien dites et bien pensées, il nous a paru opportun de les diffuser telles quelles.
Et pour tout dire nous n'aurions pas dit mieux......

LE FIGARO.Dans quel état d'esprit êtes-vous après votre exclusion du PS?
Michel CHARASSE.

Très zen. Pour moi comme pour beaucoup de Français, il y a un certain temps que le niveau du PS ne dépasse pas celui des trottoirs municipaux, sujet sur lequel il faut reconnaître que les socialistes sont très bons!
Qu'entendez-vous par un «certain temps» ?
Le PS s'est étiolé petit à petit jusqu'à la déchirure brutale de l'échec de Lionel Jospin, en 2002. C'est comme un bassin qui se vide: contrairement à ce qui se passait sous François Mitterrand, nous ne parlons plus aux Français pour leur dire la vérité, mais pour distraire les médias sur des sujets secondaires, des questions de société qui n'intéressent le plus souvent que les minorités.
Vous pensez au pacs?
Oui, mais pas seulement. Que disons-nous par exemple aux Français, depuis des années, sur l'avenir des retraites? Aujourd'hui comme en 2003, au moment de la loi Fillon, nous n'avançons aucune proposition courageuse. Le gouvernement réforme tout seul, et nous ne savons que dire non. Avec, parfois, des propositions d'une démagogie effrénée: il se trouve encore des élus PS pour faire croire à des pauvres gens que nous reviendrons à 37,5 ans de cotisation! Sur un sujet fondamental qui angoisse tant les Français, les socialistes se taisent parce que dire la vérité en face, ce serait se mouiller sur la durée des cotisations, leur montant, éventuellement le niveau des retraites, sans parler de l'âge de départ! Vous les voyez, ces frileux, se lancer là-dedans? Oh, ils ont été courageux sous Rocard et sous Jospin, pour faire le bilan objectif de la situation des retraites. Mais ils se sont bien gardés d'annoncer la moindre mesure! Au fond d'elle-même, la direction du PS est ravie que la droite se tape le sale boulot. Lionel Jospin avait décidé de n'aborder le sujet qu'une fois élu, de peur, sans doute, que dire la vérité lui fasse perdre les élections. Eh bien, l'absence de vérité a réglé l'affaire!
Est-ce aussi la raison de l'échec de Ségolène Royal?
Entre autres. Les Français n'ont jamais su ce qu'elle ferait sur les retraites! Elle s'est bien gardée d'y réfléchir, et surtout de faire des propositions. Il faut dire qu'un sujet de cette importance est difficile à aborder dans le cadre de réunions participatives Tupperware... Je suis frappé aussi par le silence du PS sur la situation et sur l'avenir des finances publiques, sécurité sociale et budget de l'État. Le traité de Maastricht de 1992 nous impose de réduire nos déficits de 80 à 100 milliards d'euros d'ici à 2012. Il a été négocié par un président et un gouvernement socialistes, soutenu par une majorité socialiste et approuvé par référendum par les Français, appelés par le PS à voter oui! Le gouvernement actuel s'attaque au problème dans la douleur et sous les lazzis des socialistes, mais que proposent-ils à la France pour appliquer «leur» traité et pour que notre pays reste écouté et respecté en Europe?
Pourtant, le PS parle sans cesse des déficits...
Oui, tous les jours, sans doute pour faire sérieux et responsable. Mais quant aux solutions, c'est autre chose. Faut-il des impôts et/ou des cotisations sociales supplémentaires? Silence! Des économies budgétaires et sur les dépenses sociales? Motus! Et quand on les pousse dans leurs retranchements, ils brandissent le paquet fiscal, qu'ils proposent d'abroger, ce qu'ils ne feront pas, notamment sur les heures supplémentaires et les droits de succession. En ajoutant aussitôt qu'ils redistribueront les 15 milliards ainsi récupérés en pouvoir d'achat. 2012 attendra! En même temps, ils refusent bec et ongles la moindre participation des patrimoines au financement de la dépendance. Autrement dit, ils trouvent tout à fait normal qu'un pauvre type, qui n'aura jamais de maison ni d'appartement, paie des impôts pour permettre à un propriétaire de transmettre son bien à ses héritiers qui, peut-être, ne se sont jamais occupés de lui. C'est peut-être de la justice socialiste, mais ce n'est pas de la justice sociale! Et je pourrais citer d'autres exemples: que propose le PS pour compenser la montée du prix de l'essence, si ce n'est de laisser le pauvre Sarkozy ramer tout seul?
Le PS va encore vous accuser de sarkozysme...
Même exclu du PS, je reste socialiste. Je le suis depuis 46 ans, donc bien plus longtemps que beaucoup des adhérents actuels, et pas grâce à une carte à 20 balles! Je voudrais que ce parti, que j'ai servi toute ma vie parce qu'à travers lui je voulais servir la France, sorte à son prochain congrès des propositions sérieuses et courageuses. Qu'il cesse de se demander s'il est libéral ou pas, participatif ou pas... Aujourd'hui, quand on prononce le mot «partage» au PS, combien sortent leur revolver? Notre sociologie n'est plus celle du pays. François Mitterrand disait que, pour gouverner la France, il faut aimer les Français. Le nombrilisme quotidien ne me paraît pas être la forme d'amour que nos concitoyens attendent des socialistes.
Après votre exclusion, dans quel groupe allez-vous siéger au Sénat?
J'ai adhéré mardi au groupe RDSE, où je retrouve mes amis radicaux de gauche qui, eux, sont de vrais républicains et de vrais laïcs.

 

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Publié dans Politique

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L
Je pense que plus qu'un calcul cynique pour récupérer le bébé, c'est avant tout un manque d'idées qui fait le comportement de l'opposition...Après, c'est vrai que stratégiquement, peut-être qu'ils se disent que ça ne vaut pas le coup de sortir du flou et de s'éreinter à chercher des idées... C'est vrai que quand on entend les socialistes se cantonner à "nous sommes pour l'économie de marché, mais il faut la réguler", on est d'accord forcément, mais ça reste vague... Des débats plus concrets comme celui actuel sur ce qu'il faut faire des profits de Total, sont plus concrets et intéressants... Quoi qu'il en soit, peut-être faut-t-il encore être plus libéral en France, et c'est surtout au niveau du monde qu'il faudrait agir pour le rendre plus juste, et ne pas avoir peur de mettre la barre franchement à gauche, d'être plus dirigiste que laisser faire la loi du marché... Mais, il n y a pas de vrai pouvoir politique mondial... J'ai envie de dire que tant qu'il y aura des paradis fiscaux, le monde ne s'arrangera pas... Puisque vous parliez de Jacques Chirac, ce que je retiendrais de plus positif de ses mandats, c'est peut-être finalement qu'il a porté le premier projet d'impôt mondial : avec la taxe sur les billets d'avion pour financer l'aide dans la lutte contre le sida en Afrique... Bien sûr, c'est une opération limitée, mais on devrait continuer dans cette voie...
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P
le retour des prix pour les bons eleves, une reflexion sur les horaires quand nos eleves ont le plus d'heures au monde, une vraie reflexion sur les contenus inexistante depuis 50 ans, et une vraie reflexion sur les ressources financieres enfin....autant de sujet que tu souleves et qui meriteraient discussion et concertation.autant de sujets qui sont totalement absents du debatc'est quand meme navrant. L'opposition des interets politiques uniquement au detriment de l'opposition des idees a ce type de consequences.Personnellement je rends justice a Sarkozy qu'il avance, et fait bouger le pays. Dans un sens qui est le sien mais au moins ca bouge.Les autres n'ont qu'une seule preoccupation, c'est qu'il echoue pour recuperer le bebe....C'est quand meme pas bien estimable
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L
Bon article, je vous rejoins sur le fait que le vide idéologique entre Olivier Besancenot et Nicolas Sarkozy est assez inquiétant, même si on entend de temps en temps quelques propositions des centristes ou des parlementaires socialistes chevronnés (Didier Migaud, Pascal Terrasse) intéressantes : je pense notamment au plafonnement global des niches fiscales... Et reconnaissez que sur les institutions, il y avait quelques propositions du parti Socialiste et des petits (à l'assemblée) partis centristes qui faisaient sens... Mais d'une manière générale, on entend plus souvent des voix d'opposition (genre no pasaran) que des voix constructives...en particulier sur des sujets économico-sociaux majeurs comme les retraites... L'école est pour moi un sujet majeur, et c'est vrai que je n'ai pas entendu de propositions du Parti Socialiste dessus, autre que le statu-quo...Or, c'est un fait : notre école ne va pas bien...Et, l'autre conviction que j'ai : c'est que ce que propose l'UMP ne va pas dans le bon sens, reniant l'ambition publique de l'école... Par exemple, oui, la carte scolaire était devenue inopérante...On a choisi la solution de facilité qui était de la supprimer... Ce qui est sûr c'est qu'on ne répare pas l'ascenseur social comme ça, qu'on ne lutte pas contre la ghettoïsation des classes sociales... De même, si l'objectif de faire des économies sur le budget de l'éducation nationale peut se comprendre, et que c'est vrai qu'ajouter de l'argent, ce n'est pas forcément mieux, en retirer c'est faire peut-être mieux proportionnellement à l'argent investi, mais moins bien quand même... L'idée de faire du mois de juin un mois vraiment scolaire est bonne...Par contre la suppression des cours le samedi me semble plus être une concession aux familles qu'une amélioration de la capacité de travail des enfants...Enfin, ça se discute.. D'une manière générale, étendre le nombre de semaines travaillées, et réduire le nombre d'heures se défend... Pour les programmes, il faut à la fois des fondamentaux et de l'ouverture d'esprit...Et pourquoi ne pas remettre à nouveau des prix pour les bons élèves !
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B
quand Charasse parle de nombrilisme c'est exactement celaet c'est consternant
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