NICOLAS SARKOZY - Un courrier de BAM
Au moment ou je m’apprêtais a vous écrire sérieusement mon cher Nicolas, voilà que vous m’énervez des le début de la journée.
J’en oublie de même me présenter….
Je suis le Président du Tribunal de Commerce National en charge du dossier de redressement judiciaire de l’entreprise France.
Vous savez cette énorme société anonyme qui a 60 millions d’actionnaires et un capital de 2100 ans.
Même si l’origine de celui ci est contestée entre ceux qui veulent retenir l’ancien nom de Gaule, et ceux qui considèrent que le baptême de Clovis roi des Francs en 496 est la véritable date de l’entreprise…..
Peu importe ces querelles juridiques nous avons mieux a faire.
La société France est la société pour laquelle vous avez déposé un plan de reprise, car elle est en faillite.
L’objet de cette lettre est de faire le point avec vous sur le dossier, et alors que j’étais très bien dispose à votre égard, voilà que vous me mettez en colère avec une déclaration malheureuse.
Vous avez qualifie le débat Bayrou - Royal de « petites combines » allant même jusqu'à dire que cela était une « caricature de la 4eme République ».
Mon cher Nicolas, vous commencez a pousser le bouchon un petit peu loin.
Un débat public et télévise est tout sauf une « petite combine ».
C’est même tout le contraire.
Encore moins révélateur de la 4eme République qui n’était justement que combines d’état major dans le dos des électeurs ……..qui de toute façon n’avaient pas la télévision….
Que vous soyez agace de l’occupation médiatique du perdant Bayrou, nous le comprenons.
Que vous soyez frustre qu’il ait perdu 2 heures a constater qu’il est en désaccord avec Ségolène sur quasiment tout alors qu’il était proche de vous sur l’essentiel, nous voulons bien le croire.
Mais de grâce cher Nicolas, ne nous prenez pas pour des idiots, avant même d’être élu.
Quand vous utilisez des métaphores, faites en sorte qu’elles soient pertinentes au moins.
Vous avez promis « que vous ne mentirez pas aux français » cela serait bien de tenir cette promesse des aujourd’hui.
Franchement, cette petite phrase médiatique n’est pas ce que vous avez sorti de plus pertinent depuis 45 mois.
D’un autre cote, être intelligent et percutant chaque fois qu’on vous tend un micro, c’est vrai qu’au bout d’un moment c’est difficile.
Des que vous dépassez deux phrases avec un sujet, un verbe et un complément, ils coupent et ils ne retiennent rien de ce que vous avez dit…
Donc, compte tenu des enjeux qui me préoccupent, nous allons mettre cela sur le compte de l’agacement compréhensible en fin de campagne, et espérer que cette mise au point clôture je l’espère cette première partie de l’entre deux tours.
Car nous avons mieux à faire cher Nicolas
Il ne reste plus que 8 jours, il serait grand temps de se consacrer à l’essentiel.
Je ne devrais pas vous le dire, de part mes fonctions, mais sachez tout de même que notre choix est fait.
Votre dossier a clairement notre préférence.
Mais la vérité m’oblige à dire que notre enthousiasme porteur d’un fol espoir en Décembre a été petit a petit refroidi par vos 5 mois de campagne.
Notre enthousiasme est devenu un soutien certes très fort, mais petit à petit rempli d’interrogations.
Pour nous qui avions pris la peine de lire attentivement votre programme des sa publication, , votre campagne et c’est ennuyeux… ne nous a rien appris que nous ne sachions déjà.
Vous allez me dire qu’elle n’était pas faite pour nous les convaincus du premier jour.
C’est probable, mais quand même.
Soyons clair car désormais le temps nous manque, et votre dossier doit être complété.
Vous êtes candidat à la reprise de l’entreprise France qui est en faillite.
Nous vous l’avons déjà dit, ses banquiers sont atterrés par un endettement phénoménal de 1 200 milliards d’euros et ils mettent les pouces.
D’autant qu’ils mettent en doute la comptabilité de l’entreprise, aux mains de deux aigres fins semble-t-il depuis 25 ans…………..
Une provision de 800 milliards aurait été « oubliée »
Convenez que ça fait désordre…. 2000 milliards au lieu de 1200
Ce ne serait qu’un détail si un déficit chronique de l’entreprise de 50 milliards par an n’interdisait pas tout espoir de redressement.
C’est un constat que vous connaissez bien sur.
Il se trouve que les 60 millions d’actionnaires ont demande au Tribunal de Commerce National de bien vouloir donner son avis sur le meilleur repreneur possible.
Voilà comment nous sommes intervenus dans le dossier.
Et j’ai une bonne nouvelle pour vous.
Nous pensons que c’est vous.
Toutes les audiences préalables nous ont conforte dans ce choix.
Vous avez la carrure, une volonté affichée et équipe soudée.
Néanmoins vous conviendrez volontiers que face à une décision aussi importante nous souhaitons avoir toutes les garanties possibles.
Nous avons lu et écoute votre programme qui est en quelque sorte un plan d’action.
Nous avons pris bonne note d’un certain nombre de mesures que vous souhaitez mettre en place, et qui vont indiscutablement dans le bon sens, en tout cas dans celui dont l’entreprise a besoin.
Et répétons le, nous sommes séduits.
Néanmoins nous nous voyons obliges de vous dire qu’il manque un document capital au dossier que vous avez eu l’amabilité de nous faire parvenir, il s’agit
C’est un document que vous connaissez bien sur, sur lequel, sans aucun doute vos équipes ont travaille
Mais il est indispensable pour les banquiers avec lesquels nous allons négocier un accord.
En outre pour ne rien vous cacher nous envisageons aussi de demander aux actionnaires pourtant bien echaudes par vos prédécesseurs, comme vous le savez de réinvestir dans l’entreprise.
Je sais cela ne va pas arranger la situation financière a laquelle vous avez a faire face, mais cela peut grandement faciliter votre management.
Et figurez vous que nombre d’entre eux sont prêts a le faire.
D’après un sondage secret que nous avons fait réaliser, il semble que plus de la moitie d’entre eux, ….certains même parlent même de 53 % y sont disposes….
Mais la encore, il faut les convaincre, en tout cas quelques indécis.
Comme vous le savez le Tribunal se doit de respecter une échéance…celle du Dimanche 6 Mai.
Pourriez-vous donc s-il vous plait nous faire parvenir dans les 8 jours qui viennent ce fameux document.
Nous ne doutons pas qu’il est déjà prêt, mais pour vous en faciliter l’établissement je suis heureux de vous indiquer les éléments que nous souhaiterions y voir figurer :
Par exemple le chiffre d’affaires.
Etonnement ce chiffre ne figure pas vos documents précédents.
Vous nous avez indique que vous souhaiteriez « investir » environ 50 milliards afin de relancer l’activité. Bien que financièrement risque, nous vous avons donne notre accord de principe sur cette mesure, car les décisions que vous nous proposez nous semblent bonnes.
Mais face a un déficit potentiel de 100 milliard en 2008 nous avons besoin d’être rassures.
Quelles sont vos prévisions de recettes ?
Vous appelez cela la croissance je crois…
Vous partez d’une situation assez dramatique nous le savons…1.8 %.
A quel niveau souhaitez vous aller ?
A celui de vos principaux compétiteurs ?
En combien de temps ?
Voilà quelques questions simples qui j’en suis sur ne vous poseront pas de problèmes…
Mais vous comprendrez qu’elles sont importantes.
Autre point. Sur la formation vous avez déclare a différentes reprises que vous en faisiez une « priorité ».
Nous partageons ce constat, mais nous souhaiterions quelques précisions.
Souhaitez vous par exemple réfléchir à une révision des contenus d’enseignement ?
Cela serait bien, mais est-ce le cas ?
Souhaiteriez vous avoir plus d’exigences de résultat dans le primaire pour en recueillir les fruits ultérieurement ?
Vous savez qu’une grande partie des budgets investis par l’entreprise France (et c’est notre premier poste de dépenses) sont extrêmement mal utilises , parfois même a fonds perdus …..car nous avons un grand nombre de nos stagiaires qui sont illettrés et un grand nombre qui quittent le programme sans diplôme.
Voila un problème sur lequel nous souhaiterions vous entendre.
Autre point encore, vous avez constamment déclare que vous souhaitiez « réduire les effectifs » de l’entreprise.
Nous ne pouvons que vous approuvez la dessus.
Nous avons comme vous le sentiment que cette société France est depuis de longues années en sur – effectif..
Vous avez annonce aussi que vous ne souhaitiez pas procèder a des licenciements secs de salaries, mais uniquement en ne compensant pas les départs a la retraite.
Le Tribunal recommanderait volontiers des mesures un peu plus fortes, mais nous sommes conscients des impossibilités juridiques auxquelles vous vous heurtez.
Pourriez vous avoir l’amabilité de nous communiquer votre plan de diminution d’effectifs.
Les grandes lignes naturellement…
Encore un point si vous permettez.
Dans beaucoup de grands pays, les petites et moyennes entreprises bénéficient de privilèges sociaux, économiques ou fiscaux.
L’entreprise France a considérablement néglige cet aspect des choses.
Vous semblez vouloir y remédier enfin.
Notre Tribunal a sans doute été mal informe, mais nous n’avons pas reçu toutes les précisions nécessaires de la part de votre staff.
Nous comptons sur vous pour lever ces quelques ambiguïtés, et nous eclairer definitivement.
Enfin, vous avez également indique que vous souhaitiez réaliser de fortes et substantielles économies dans les différents services de l’entreprise.
La encore, le Tribunal vous suit a 100%, nos audits ont constate des gâchis tout a fait inacceptables, sous la précédente gestion.
Un objectif chiffré permettant de quantifier les choses nous serait agréable.
Vous noterez que le Tribunal malgré l’insistance de certains de ses membres ne vous demande pas de précisions complémentaires sur la reforme des statuts de l’entreprise que d’aucun appelle Institutions.
Nous avons bien compris votre position.
L’honnêteté nous pousse à vous dire que c’est le seul point sur lequel le dossier de votre compétitrice est meilleur que le votre.
Nous voulons croire que vous y viendrez de toute façon.
Et puis il est exact aussi que vous avez 5 ans pour le faire.
C’est vrai que ce n’est pas votre priorité du moment.
Voilà cher Nicolas les grands points de votre plan d’action sur lesquels nous souhaiterions que vous nous adressiez dans les 8 jours qui viennent le détails des informations qui nous manquent, et la synthèse sous forme d’un business plan .
Je me permets de vous rappeler que nous vous avons déjà demande ces informations a différentes reprises, mais occupe comme vous l’étiez ces derniers temps, vous n’avez sans doute pas trouve le temps nécessaire.
J’imagine qu’il est inutile de vous rappeler que dans ce business plan il serait bon de faire apparaître la date a laquelle l’entreprise France retrouvera un équilibre d’exploitation.
Vous qui ne rechignez pas comme d’autres aux mots anglais, savez sûrement que les experts appellent cela le break-even.
Un dernier mot cher Nicolas, et j’en aurai termine..
Il semble que Mercredi vous allez débattre publiquement avec votre concurrente Ségolène Royal face aux actionnaires.
Inutile de vous dire que nous nous en réjouissons puisque le Tribunal l’avait demande depuis longtemps.
Puisque vous avez l’occasion de vous adressez a elle directement, nous apprécierions que vous lui posiez les mêmes questions.
Car figurez vous que cette femme au demeurant charmante, a une fâcheuse tendance a éviter nos questions.
Et à ne jamais y répondre.
On m’a rapporte qu’elle avait même été jusqu'à dire que l’on « verrait après ».
Inutile de vous dire que nous n’avons pas apprécie.
Alors il nous semble que cela ne peut que servir votre cause que vous fassiez en sorte que votre compétitrice n’échappe pas à ses responsabilités et se soumette aux mêmes règles que vous même.
Même si nous outrepassons nos compétences en vous disant cela, nous comptons sur vous pour définitivement mettre fin aux ambiguïtés de votre concurrente
Pour le reste nous comptons sur votre diligence cher Nicolas, et nous vous remercions par avance de l’attention et du sérieux que vous voudrez bien apporter à nos demandes.