FOOT: QU'EST CE QU'UN BON ENTRAINEUR?
7 a 8 entraîneurs sont limogés chaque saison. Déjà 3 cette année. Bientôt 4 avec Guy Lacombe qui ne passera pas l’hiver.
Que se passe t-il dans le petit monde du football en particulier dans celui des Présidents de Club.
Sont-ils incapables d’embaucher des collaborateurs dignes de ce nom ? Les joueurs sont ils si compliqués que cela a gérer ? Ou les entraîneurs mal préparés à des taches qui les dépassent ?
Dans quelques jours, ( tout au plus rassurez vous ), des que le Président Caysac aura trouvé une solution de remplacement digne de ce nom, Guy Lacombe, selon un scénario programme va rejoindre la longue liste des entraîneurs limoges sans ménagement par leur Président.
La négociation de son indemnité de départ, nécessite sans doute quelques conversations complémentaires, ce qui va retarder quelque peu une issue finale qui ne fait plus guère de doute..
L’entraîneur ardéchois du PSG est très loin d’être un cas isole, puisque rien qu’en Ligue 1 chaque année 7 a 8 entraîneurs (sur 20 clubs) sont vires en cours de saison.
Cette année après 4 mois de compétition, 3 ont déjà été « remercies ».
Le Paris St Germain restant quant a lui un cas tout de même a part, puisque le club de la capitale a réussi a consommer 21 entraîneurs en 35 ans d’existence.
Bon Appétit Messieurs a voulu comprendre l’incroyable précarité de la fonction, et chercher a expliquer cet invraisemblable turn- over.
Comment des Présidents de club de football, qui sont souvent dans une vie parallèle ou antérieure à leurs fonctions footballistiques, des hommes d’affaires a succès et avises peuvent ils être aussi mauvais, n’ayons pas peur des mots, quand il s’agit de recruter leur entraîneur ?
Et qui plus est leur signer des contrats hallucinants, avec des clauses de rupture phénoménales, qui feraient presque rêver les PDG du CAC 40.
Au point que certains en ont fait un métier. Plus ils sont virés, plus ils échouent, plus ils sont riches.
Un des cas les plus connu, est celui d’Arthur Jorge, ancien entraîneur du PSG (bien entendu) mais aussi d’une douzaine de clubs en 15 ans, et aujourd’hui…à Créteil en division 2….
Limoger son entraîneur après quelques mois de collaboration, quand on l’a soi même recruté, c’est sans aucun doute un constat d’échec personnel pour le Président.
C’est même la raison pour laquelle celui ci attend toujours de n’avoir pas d’autre choix, pour prendre une décision, qui s’impose a beaucoup. Outre les indemnités qui même dans le foot font parfois réfléchir, virer l’entraîneur, pour le Président, c’est reconnaître qu’il s’est trompé.
La deuxième question serait de se demander si au fond, le fait que ces patrons de Club ratent autant leur recrutement, ne serait- ce pas tout simplement parce que, comme toujours lorsque l’on rate un recrutement, ils ont une mauvaise définition de la fonction ou plutôt du profil de la personne qu’ils recherchent,
C’est pourquoi à Bon Appétit Messieurs, nous avons decidé de nous poser la question, que probablement on ne pose pas assez, et que les décisionnaires de club devraient sans doute se poser plus souvent.
Quand on est président d’un Club qu’est ce qu’on attend d’un entraîneur ?
On attend de lui qu’il parvienne à obtenir les meilleures performances et les meilleurs résultats possibles avec un groupe d’individus donnes dont lui est confiée la gestion.
Jusque la on est a peu près tous d’accord je pense.
J’attire tout de même votre attention sur le fait que les lignes qui précèdent ne sont en rien spécifiques au football.
Elle peuvent même s’appliquer très exactement a n’importe qu’elle fonction de management en entreprise.
Obtenir les meilleurs résultats possibles avec l’équipe dont on a la charge. Qu’ils s’expriment en termes de chiffre d’affaires, de marge, de part de marché, de productivité ou de nombre de points dans un championnat de football, vous conviendrez qu’il n’y a pas beaucoup de différences.
C’est un sport, ce qui veut dire que de façon plus évidente et presque brutale, par rapport aux autres activités on affronte sa concurrence tous les dimanches sur un terrain.
Dans le monde industriel aussi, on est confronté tous les jours a sa concurrence, mais pas de façon si brutale, avec un gagnant et un perdant au bout de 90 minutes.
En plus de cette caractéristique propre à n’importe quel sport, le foot est un sport collectif.
Autrement dit il ne suffit pas d’additionner des performances individuelles satisfaisantes, voire même brillantes, pour de façon mécanique générer un résultat positif.
Il y a effectivement des aspects spécifiques et techniques qui rendent nécessaire la complémentarité des performances.
C’est ce qui fait le charme, l’intérêt mais aussi en l’espèce la difficulté de l’affaire.
Un directeur commercial, si il doit manager 15 vendeurs, et que dans son équipe, 5 ont des résultats exceptionnels il est plus que probable qu’il atteindra ses objectifs à la satisfaction de sa hiérarchie.
Il essayera éventuellement dans le futur, de remplacer « ses points faibles » par des individus de meilleur qualité et de façon arithmétique ses résultats suivront.
Il est clair que c’est la ou les choses ne sont pas si simples dans le foot.
Il n’empêche que les qualités que l’on demande a un manager en entreprise sont les mêmes que celles que l’on attend d’un « entraîneur » dans le football.
Les guillemets ont leur importance car je crois que c’est justement dans le mot lui même que réside l’ambiguïté ou la confusion.
Un entraîneur n’est pas, en tout cas un bon entraîneur, celui qui avec autoritarisme, fait faire des tours de terrains, des fractionnés, des pompes, tirer 50 corners, 88 coups francs ou 2 heures de tennis ballon.
Ca c’est le boulot d’un préparateur physique. Et il y en a des centaines tous plus bons les uns que les autres.
Un bon entraîneur, c’est quelqu’un qui amène son groupe à avoir envie de le suivre, à avoir envie de se surpasser.
C’est quelqu’un qui lorsqu’il a parlé a 15 ou 16 joueurs pendant 20 ou 25 mn dans les vestiaires, ces athlètes de haut niveau qui gagnent 150 000 euros par mois, ont le cœur qui bat un petit peu plus vite, l’adrénaline qui monte et ils ont envie d’aller au delà d’eux même.
Et, ne nous racontons pas d’histoire, cette envie, cette ambition, cette volonté ça n’est pas pour un maillot. C’est pour eux. C’est pour avoir des souvenirs, un palmarès, pour marquer l’histoire, que sais- je ?
Apres si cela sert le maillot du club ou du pays que l’on aime, c’est encore mieux, mais ça vient après.
Voilà ce que c’est un bon entraîneur. Quelqu’un qui pousse, qui conduit, qui tire, qui amène son groupe à se surpasser. Qui les entraîne avant tout vers le succès et par priorité absolue, bien avant de les entraîner à faire des contrôles et des passes.
Ne nous y trompons pas, les grands entraîneurs, c’est comme les grands profs, on n’en n’a pas beaucoup dans sa vie.
Tout ceux d’entre nous qui ont fait un sport à haut niveau ou même à un bon niveau, savent qu’on les compte sur les doigts d’une main. Et encore.
Pour ma part, j’ai joue au foot 25 ans, je n’en ai jamais eu un. Pas un seul.
C’est la raison d’ailleurs pour laquelle, quand je l’ai été moi même, j’ai essayé de développer des qualités humaines, du charisme, de l’enthousiasme , de la psychologie et de l’exigence et de la compétence dans la gestion d’un groupe en plus du savoir faire technique.
J’entends déjà certains que je connais bien, me dire : moi je m’intéresse au foot, parfois j’aime bien regarder les matchs, mais le 4 – 4 – 2, le 4-5-1 ou le 5 – 3 – 2 je n’y comprends rien.
C’est d’ailleurs ce qu’ils font pour la plupart d’entre eux. Regardez les entraîneurs actuels de Ligue 1. Quel est leur profil en moyenne ?
Ancien joueur professionnel. Ce qui veut dire ancien joueur de bon niveau. Qui a en général (pas toujours) suivi 2 ou 3 stages de quelques mois, animes par des gens qui n’ont eux jamais été entraîneurs.
Je vous jure que je n’exagère pas. C’est comme dans l’Education Nationale, ou les profs des profs n’ont pas vu un élevé depuis 20 ans. Dans le foot c’est pareil, les formateurs n’entraînent plus depuis bien longtemps.
En revanche ils sont intarissables, de préférence au tableau noir sur les avantages respectifs, du 4 – 4 – 2 , du 3 – 5 – 2 ou du 4-5-1.
Sans bien sur insister sur le fait que ces systèmes de jeu sont tous parfaits.
Le seul problème, c’est de savoir lequel on prend en fonction de son effectif, voire parfois de son adversaire.
Certainement pas en fonction de considération technico –tactique écrite dans des bouquins.
Alors nos malheureux « techniciens » comme les appelle la presse spécialisée, dont on ne dira jamais assez que cela n’a rien à voir avec spécialiste…, quand ils se retrouvent
face à 25 gars qui gagnent 2 ou 3 fois plus qu’eux, les seuls atouts qu’ils ont en main c’est cela.
Quelques cours théoriques avec quelques phrases toutes faites sur « gagner les duels », apporter « de la densité » hurler qu’on veut « voir de l’envie » et autres phrases toute faite qui ne mobilisent plus personne, des qu’on a franchi la catégorie minime.
L’émission Jour de Foot sur Canal place régulièrement des caméras dans les vestiaires avant le match pour enregistrer la causerie du coach. Soyez gentil, essayez d’écouter une fois. Vous allez voir, vous allez penser a moi.
Alors est il idiot et incongru de penser que pour gérer 25 gars Bac – 2, qui gagnent 100 000 euros par mois en moyenne, il faut un peu plus de bagage intellectuel que ça ? Ca y est le mot est lâché.
Vous pensez sérieusement que c’est surprenant que des Roger Lemerre, des Luis Fernandez, des Vahid Hahilodzic, des Guy Lacombe ou des Jacques Santini, aient des problèmes « de communication » avec leur groupe ?
Quand on a du mal à parler français, ou à faire une phrase avec un sujet, un verbe et un complément, vous ne pensez pas que ça n’a rien de surprenant d’avoir « des problèmes de communication » ?
Vous pensez que c’est surprenant que dans leur management tout simplement, ces gens la échouent ?
Je crois tout simplement que les entraîneurs se voient confier des taches dont ils sont incapables.
Zinedine Zidane. Vous voyez de qui je parle ? Notre Zizou national, personnalité preferee des français. Avant l’Abbe Pierre, c’est tout dire…
Bon sérieusement, malgré ses coups de tête, (oui je sais c’est un peu facile…) c’est un joueur de génie.
L’un des 3 ou 4 joueurs qui ont marque l’histoire de ce sport. On est tous d’accord la dessus.
Franchement. Le malheureux, il est tellement timide et intraverti qu’il ne peut pas aligner 4 mots de suite. Et au bout de 2 phrases, il regarde ses chaussures.
Ca ne retire rien à son génie. Simplement il n’est pas fait pour cela. C’est tout.
J’affirme même que 90% au moins des entraîneurs du championnat de France sont mauvais, car ils ne devraient tout simplement pas être à cette place ou en tout cas dans le rôle qu’on leur a confie.
1 - Guy Roux. Génial. Meneur d’hommes, communicateur, et excellent technicien. Un cocktail rare. Auquel il faut ajouter formateur, et capable de vendre des joueurs très moyen au prix de stars. Qui dit mieux ?
Mais quand vous avez la chance comme moi d’avoir rencontre Guy Roux 2 ou 3 fois dans votre vie, vous comprenez que lui, c’est un bon. Lui, il emmène en quart de finale de Coupe d’Europe 3 ans de suite des joueurs moyens. Dont il fait des stars et qui, avouez que c’est curieux, quand il les vend aux autres (en faisant beaucoup d’argent bien sur) ils deviennent mauvais. C’est assez curieux.
2 - Bernard Tapie. Comment ça il n’a jamais été entraîneur ? Vous rigolez !
Lui qui transcendait les joueurs. Si vous cherchez à m’expliquer que Mozer, Boli et Di Meco étaient des joueurs avec du talent, vous perdez votre temps.
Franchement entre Tapie, Hahilodzic ou Santini , d’après vous, qui vous met les coucougnettes et le cœur a 180 ?
J’ai un souvenir personnel de Tapie descendant de la Tribune Présidentielle au Parc des princes pour faire un changement de joueur dans un match contre le PSG.
Le vrai PSG . Celui de Weah, de Waldo, de Rai et de Ginola.
Notre Bernard, descend et ne demande rien a personne. Il appelle Jean-Marc Furlan, oui oui l’entraîneur de Troyes qui prône, et qui pratique d’ailleurs le beau jeu aujourd’hui, et qui a l’époque était sur le banc de Marseille.
Et il lui dit (enregistre par canal +) : « Tu vas rentrer » Vous noterez qui faisait le coaching a Marseille. « Tu m’as bien compris ! Ginola, c’est fini il ne passe plus. Tu as 25 mn et tu peux prendre un carton ; c’est clair ? »
Le Ginola qui s’était balade il faut dire pendant une heure, en enrhumant Angloma pourtant international, s’est pris une semelle de Furlan au bout de 5 minutes. Furlan a pris son carton et…Ginola n’a plus touche un ballon et Marseille a gagne 2 a 1.
Il prend une équipe qui a gagné 3 titres de suite .L’année suivante il gagne avec 10 points d’avance. Au bout de 38 matchs.
Mais enfin lui il a un patron. Un vrai. Pas quelqu’un qui vient se faire plaisir dans le foot.
Le turn over auquel je faisais allusion en commencent, du fait des échecs repeté, et constants des « techniciens du football » n’ont donc rien de surprenant.
Et dans toutes les entreprises du monde, une erreur de casting se traduit pas une erreur de recrutement.
Avec les conséquences que cela peut engendrer en interne et donc inéluctablement des corrections de tir. A plus ou moins brève chance.
Photo : Le Parisien