EDUCATION : LA METHODE GLOBALE EST ENFIN MISE AU PLACARD
Notre Ministre de l'Education, Gilles de Robien, vient d'annoncer la fin de la méthode globale pour l'enseignement du français ! Cela faisait plus de 50 ans qu'elle était contestée par certains professeurs et nombre d'associations de parents d'élèves, mais rien n'y faisait. L'Education nationale avait décidé que c'était une bonne méthode et qu'elle était parfaitement adaptée à la maîtrise de l'écrit et de la lecture de notre langue. En 2004, les 17,5% des enfants rentrant en 6ème qui étaient assimilés à des analphabètes ont fini par réveiller les consciences de quelques hiérarques et caciques inébranlables de l'Education nationale.
Encore un peu d'histoire...
La méthode globale est née aux USA au début du XXème siècle, sous l'appellation "Whole Word". Au début des années 50, des éclairés français de l'Education, convaincus qu'ils avaient matière à prendre 20 ans d'avance en Europe, décident de l'adapter à l'enseignement de la langue française.
Mais il y avait un hic ! Un rapport américain dès 1960 avait déjà conclu que c'était une technique d'enseignement à l'efficacité douteuse, voire dangereuse, qui allait contribuer à la croissance de l'illétrisme des petits Américains. Nos responsables illuminés Français n'ont bien entendu jamais tenu compte des résultats de cette étude. En ont-ils à l'époque seulement entendu parler ?
Drôle de liberté !
A l'Education Nationale certains se défaussent en déclarant que finalement cette méthode fut peu utilisée, chaque professeur restant libre du choix de la méthode utilisée dans sa classe ! Alors, de deux choses l'une, soit la méthode globale est efficace (preuves et statistiques faisant foi) et dans ce cas il faudrait en intensifier son utilisationi, soit elle est néfaste et dans ce cas pourquoi le ministère ne l'interdit-il pas ? Curieuse situation, conséquence probable de l'autorité sans consistance d'un état tétraplégique face aux dogmes syndicaux.
Toujours est-il que le français me fut enseigné avec la méthode globale de 1955 à 1961 (j'espère être "guerri" ?!!!) et que mon fils 30 ans plus tard dans les années 90, l'a également subie.
Evidemment, aujourd'hui encore, les syndicats n'ont pas manqué de protester contre le déficit de concertation pour la rédaction de la future Circulaire. Ce document prend pourtant toutes les "précautions" possibles, puisqu'il prétend " s'appuyer sur les bonnes pratiques...on va les observer, les comparer et on en tirera les conclusions, classe par classe et élève par élève", ce qui est bien entendu illusoire et impossible à réaliser. Les experts consultés par le Ministère sont pourtant catégoriques. Ils qualifient la méthode globale de "nocive" et de "criminelle". Prétextant que c'est une remise en cause de la liberté pédagogique des enseignants, les syndicats montent encore au créneau contre tout bon sens. Il ne faut surtout toucher à leur indépendance et à leur pouvoir discrétionnaire !
Décidément, parmi les chantres de la pensée unique, l'Education Nationale mérite sans doute la Palme d'Or. Mais ne crions pas victoire ! Entre la simple directive d'un ministre sincère mais éphémère et la réalité sur le terrain des écoles et des IUFM...le chemain ait encore lont !
Ph. D. 8 janvier 2006