SARKOZY VICTIME DU SYNDROME BUSH ?
Vous l’avez sans doute déjà compris, pour des raisons personnelles mon séjour parisien s’est traduit par une importante lecture des journaux et une cure approfondie de télévision………
Experience edifiante s’il en est d’ailleurs quand on voit ces chaines « toute infos » repasser en boucle les mêmes enregistrements non pas 3 ou 4 fois par jour, mais 3 ou 4 fois par heure !!!!!
Cette curieuse et navrante insuffisance n’est pourtant rien comparée au contenu….
Nous en avons déjà parle dans nos derniers articles « parisiens », mais pour être tout a fait précis et tout a fait politique nous avons été amenés à nous poser une question simple qui nous a traverse l’esprit : dans ses « relations » avec les médias, Nicolas Sarkozy ne serait-il pas en train d’être victime du syndrome Bush ?
Celui d’une presse hostile des le premier jour, a son élection et a sa personnalité elle meme.
Et qui finalement n’a qu’un but, faire en sorte qu’il quitte le pouvoir.
A défaut de pouvoir y parvenir en se substituant aux électeurs, on entreprend une entreprise systématique de démolition qui sur la durée finit par payer.
Pour ne rien vous cacher il y a en effet un certain parallélisme et une similitude de comportements qui nous apparaissent comme extrêmement troublants.
George W. Bush ne restera pas dans l’histoire comme un des meilleurs Présidents des Etats-Unis, c’est un fait certain.
Pour autant, il n’est sans doute pas non plus le plus mauvais.
Et pourtant sa cote de « popularité » aux yeux des américains le jour de son départ le laisserait penser.
28 % d’approbation.
C’est historiquement la plus basse. En dessous de Carter et de Truman (32 % tous les deux).
Plus bas que Carter, avouez que cela paraissait impossible a imaginer.
Si l’ancien Président américain paye ainsi les conséquences de ses décisions et aussi de ses comportements, il n’est cependant pas douteux que les medias américains se sont largement employés à creuser sa tombe.
Dès Novembre 2000, jour de sa première élection controversée (volée diront pour toujours les Démocrates), la presse n’a eu de cesse de critiquer Bush et de le crédibiliser au sein de l’opinion.
Les moindres de ses faits et gestes étaient disséqués, et systématiquement critiqués.
L’attaque du 11 Septembre sur New-York a quelque peu tempéré les ardeurs, en vertu du patriotisme américain, mais très vite le processus a repris.
Les bonnes nouvelles ou les progrès (essentiellement en Irak par exemple) étaient systématiquement tus ou occultés par l’immense majorité des medias.
La situation économique florissante (jusqu’en Octobre 2008 rappelons le..) jamais portée a son crédit
Toutes proportions gardées, la similitude avec Nicolas Sarkozy me parait frappante. Reste à espérer naturellement pour la France, que le bilan « objectif » du Président français ne sera pas a la fin de son mandat le désastre equivalent de George W Bush…
N’empêche.
Si par hasard Nicolas Sarkozy n’est pas réélu en 2012 il ne faudra pas aller chercher loin les responsables.
Et c’est la que les parallèles entre les Etats-Unis et la France prennent tout leur sens.
Depuis, le jour meme de son élection, Nicolas Sarkozy est détesté par les médias.
Je concède que la soirée au Fouquets, suivie des vacances sur le yacht de Bolloré n’étaient pas les meilleures décisions du monde.
Je concède volontiers, pour l’avoir déjà dit ici ou ailleurs, que la période Cecilia- Ray Ban – Rolex – Carla - Pyramides n’était pas non plus d’une finesse et d’une intelligence politique absolue.
Surtout venant de quelqu’un parfaitement rompu au jeu politique et qui est donc supposé parfaitement connaitre les médias français.
Sarkozy n’est quand même pas un perdreau de l’année en politique…
De ce point de vue la, George W Bush n’a pas subi les mêmes attaques.
Et pour cause il n’a pas fait les mêmes erreurs.
Bush a tous les défauts de la terre, mais certainement pas celui d’être « bling- bling »…..
Il n’est donc pas contestable que de ce point de vue le Président français s’est donné des verges pour se faire fouetter.
Il a tout simplement amené sur un plateau aux medias de quoi les mettre en joie.
Les outils pour son exécution en quelque sorte…
Il ne l’on pas raté, c’est le moins qu’on puisse dire, et sans doute ne l’a-t-il pas vole a ce moment la.
A dire vrai il est plus pertinent de parler de similitudes comparables que de véritables parallélisme entre les deux présidences.
Ce qui les rapproche c’est un mépris à peine dissimulé des deux hommes pour les medias justement.
Bush pour respecter les traditions de la vie politique et médiatique américaine se soumettait régulièrement au débat avec la Presse, mais sa réticence était visible.
Contrairement à Nicolas Sarkozy qui avait prouvé son talent dans ce domaine, Bush n’était pas et n’a jamais été un orateur.
Il n’a jamais été à l’aise dans cet exercice et cela se voyait.
Encore a-t-il fait des progrès gigantesques dans ce domaine par rapport au politicien qu’il était auparavant….
Mais cela restait très insuffisant et ses quelques lapsus ou bafouillements l’auront suivi pendant 8 ans, rien ne lui fut pardonné.
Au point que la cause est entendue, Bush est un imbécile patenté.
Sarkozy n’en est pas encore la…..
Car Sarko lui n’a pas ce problème, il est a l’aise face aux cameras.
Un peu moins face aux journalistes qu’il donne l’impression de ne pas considérer beaucoup…..
Bon ca n’est pas Bon Appétit Messieurs qui va lui donner tort sur ce point… mais le problème pour Sarkozy c’est sans doute que cela se voit un peu…..
A partir de la il ne peut espérer une quelconque indulgence…
Comme Bush par contre il semble aussi parfois avoir un peu de mal à prendre la peine de convaincre ses interlocuteurs, ou plutôt l’opinion publique.
Comme Bush en effet il affiche (sans doute est ce une façade..) un certain dédain pour sa cote de popularité.
Les deux hommes ont en commun un discours officiel qui consiste à dire qu’ils sont la pour servir les intérêts du pays et non pas pour être populaires.
Sarkozy parle volontiers « du job qu’il doit accomplir » ou encore « de la mission que lui ont confiée les français ».
Enfin on relèvera que le gouvernement Sarkozy comme l’administration Bush ont en commun une communication plutôt consternante.
Dans le cas de l’ancien Président américain ce fut une prise de conscience tardive, beaucoup trop tardive, quand le mal était fait.
Dans le cas du Président français c’est plutôt une incapacité à faire passer les messages.
Par manque de relais médiatiques justement.
Il est vrai aussi que la présentation, pour ne pas dire la commercialisation des reformes par les différents ministres est souvent d’une insigne médiocrité, mais il est vrai aussi que la culture de gauche des medias ne la facilite pas.
Reste que le gouvernement « ménage » bizarrement certaines catégories (les profs par exemple..) en ne disant pas par exemple toutes les vérités..
N’empêche le résultat est la.
Très souvent les reformes sarkoziennes largement approuvées pendant la campagne électorale ne passent pas la barre de la mise en application.
Nous nous faisons largement l’écho ici des résistances, blocages, hypocrisies et meme désinformations diverses quasi quotidiennes, donc la solution n’est pas évidente.
Il reste tout de même que la préparation de l’opinion publique aux changements nécessaires est souvent bâclée ou maladroite.
On le voit bien en particulier depuis quelques mois sur quasiment tous les dossiers de reforme ou le gouvernement amende, voire recule.
Et la encore Sarkozy et son équipe ne peuvent en être surpris, ils connaissent les medias depuis longtemps.
La s’arrêtent sans doute les similitudes entre les deux hommes car les fonctions sont différentes.
Le champ d’action du Président américain compte tenu de l’organisation du pays n’est pas comparable avec celui de son homologue français.
De meme que Bush ne risquait pas d’être qualifie de bling bling, il ne risquait pas non plus d’être qualifie « d’omniprésent »…
Ses prérogatives sont beaucoup plus restreintes.
Sarkozy lui est exposé.
Mais a tout et à son contraire.
Du Président bling-bling on l’a vu, il est devenu « hyper actif » puis « omniprésent » et déjà un peu « omnipotent »....
Même quand ils ne sont pas explicitement critiques en soi comme le qualificatif d’hyper actif, ils ne sont pas utilisés de manière négative.
Paranoïaque Bon Appétit Messieurs ?
C’est possible.
Mais c’est en tout cas notre impression.
J’ai le sentiment que quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse le Président est immédiatement critiqué, voire caricaturé.
La complaisance sélective, ou la désinformation de la presse n’est pas le fruit du hasard, elle relève meme de notre point de vue d’un agenda politique précis, meme s’il est exact que la complaisance fait plutôt partie de leur culture.
Vous voulez des exemples ?
L’UIMM.
Ne pas en parler pendant 25 ans au prétexte bidon « que l’on ne savait pas » passe encore. Ne pas en parler alors « que l’on sait », sans faire aucune enquête, aucune recherche, aucune investigation , sur par exemple la corruption éventuelle des syndicats, la connivence avec le patronat et les privilèges invraisemblables dont leurs cadres bénéficient dans toutes les instances paritaires, de l’Unedic a l’ANPE en passant pas les organismes de retraites, de Sécu de Formation Professionnelle ou de Logement, est quand meme extraordinaire.
L’affaire de l’Angolate. Certes de moindre importance, encore que.
Un ancien Ministre de la République de surcroit de l’Intérieur est tout de meme sur le banc des accusés ….
Quel rapport avec Sarkozy me direz-vous ?
Aucun directement, sauf si l’on veut bien considérer que justement il n’était (a priori) concerné ni par l’une ni par l’autre de ces affaires.
La complaisance et l’aveuglement de la presse aurait-ils été les mêmes si cela n’était pas le cas ?
Je vous laisse juge.
Par contre la personnalité du Président bien plus que ses actes ou ses décisions sont l’objet de critiques permanentes.
« Le Président en fait trop » est une des critiques les plus fréquentes.
Mais il devrait aussi, à entendre les memes le lendemain « se préoccuper » de tel ou tel dossier.
Il va en Province pour essayer de prendre la température des français ?
Il fait de la communication et occupe les médias.
Il va en Irak ?
On se demande bien pourquoi.
Il confie à son gouvernement la gestion du dossier des Antilles ?
La presse lui demande d’intervenir personnellement, ce qu’il finit d’ailleurs par faire.
Il reste silencieux après ses multiples séances de vœux ?
Il faut absolument qu’il parle aux français…
Il le fait ?
C’est un exercice convenu et il n’apporte pas les réponses. (Pour le convenu, ce n’est pas faux, car il est quand meme honteux que le Président choisisse comme ses prédécesseurs ses interviewers, mais quand Mitterrand et Chirac le faisaient, cela dit c’était normal).
J’ai franchement l’impression que rien ne leur convient.
A tel point que l’attitude scandaleuse du P.S ou de Bayrou enfermés dans une opposition partisane et systématique n’est pas dénoncée alors meme qu’elle confine au ridicule, et que les memes medias de s’extasier devant « le sens du pays » de la classe politique americaine….
Les juges d’instructions sont régulièrement dénoncés par les médias.
Soit pour leur inépuisable médiocrité (Outreau) soit pour leur aveuglement répressif (30 jours de prison pour Kerviel) ou leur complaisance politique (Jean-Christophe Mitterrand).
Mais quand Sarkozy s’attaque a cette reforme qualifiée, il y a peu de « nécessaire », tout d’un coup elle devient « une atteinte a la Démocratie ».
La France comme les autres est en crise économique.
Une crise grave sans doute la plus grave depuis 80 ans, et c’est un terrible coup dur pour la stratégie Sarkozienne de rupture.
Faut il pour autant repousser les reformes de structure du pays ?
La reforme de l’hôpital dont tout le monde dénonçait il y a peu encore « les gâchis » sans parler des négligences internes, mais qui tout d’un coup devient « une lubie de Sarkozy ».
Faut-il repousser celle de la formation des professeurs dont « l’insuffisance de formation » était régulièrement soulignée ?
Mais qui subitement devient « une provocation »
Celle des territoires (Rapport Balladur) alors mêmes que l’on dénoncait l’archaïsme français, les lourdeurs de son fameux « mille-feuilles administratif » depuis des années ?
Reforme dont on peut déjà prévoir sans aucun risque par parenthèse, « qu’ils » seront tous contre puisqu’elle aura pour conséquence mathématique de supprimer des postes d’élu.
Autant vous dire que tout ce petit monde bien relaye par les medias va se découvrir une « fibre régionale » que l’on ne soupçonnait pas…
Et que dire de la Reforme pénitentiaire sur laquelle on se demande quelles bonnes raisons ils vont trouver pour ne pas la soutenir ?
Ou celle de la Formation Professionnelle, alors meme que tout le monde sait que 6 milliards d’euros payées par les entreprises sont mal utilises, si ce n’est pas du tout sauf par des apparatchiks syndicaux ?
Et la liste n’est pas exhaustive.
Entendez moi bien, les médias ne sont pas tous devenus socialistes, ils me semblent tout simplement anti Sarkozy.
Je crois tout simplement qu’ils le détestent.
Comme Bush aux Etats-Unis.
La bas si ils ont fini par avoir sa peau, meme si le Président texan, par ses propres lacunes, les a bien aidés.
Enfin « ils » ont eu sa peau au final dans les sondages, mais dans les urnes ca n’a pas tout a fait marché comme ils voulaient.
« Ils » ne l’ont en effet pas empêché d’être réélu en 2004 pour un deuxième mandat.
Car les électeurs n’ont pas été dupes de la médiocrité de son opposant qui n’apportait pas de véritable alternative.
Serait ce une nouvelle similitude avec la France ?
Souhaitons-le à la France……
Souhaitons que le paysage politique ne change guère d’ici 2012.
Les français voudront-ils de Ségolène Royal 5 ans après ?
On peut en douter non ?
Vous vous imaginez 18 mois après, si elle avait gagnée en 2007 ?
On en a des frissons…..
Et de sa « copine » Martine Aubry ? On en sourirait presque.
Et Bayrou qui tous les jours avec son anti-Sarkozysme primaire nous parait se décrédibiliser chaque jour ?
Alors oui souhaitons a la France que Sarkozy doive affronter en 2012 les mêmes qu’en 2007.
Ce qui ne serait pas le moindres des paradoxes.
Les medias seraient du coup comme leur homologues américains victimes de leur aveuglement.
A vouloir s’acharner à démolir Sarkozy par une opposition systématique et aveugle, en s’acharnant quasi exclusivement sur sa personne, ils en occultent les vrais débats, et du coup les vraies solutions et le cas échéant les vraies alternatives.
La presse de gauche américaine a mis 7 ans à le comprendre, il n’y a pas de raisons que la notre soit plus intelligente.