ECOLE: L'EXPERIENCE QUI TUE
C’est curieux comme des qu’une information ne va pas dans le sens de la pensée unique du moment, c'est-à-dire le plus souvent l’hypocrisie collective, elle est publiée avec une discrétion médiatique très étrange…
En effet il est de bon ton en ce moment de critiquer les reformes de l’école proposées par le Ministre Darcos, en particulier celle du Lycee, de même que ses jugements parfois sévères sur l’Education Nationale.
Ou plutôt sur les performances du système éducatif.
Et bien parlons en alors justement des performances du système.
Un collectif de professeurs que l’on qualifiera de « traditionalistes » s’est livre a une très « intéressante » expérience.
Ils ont soumis 1348 de leurs lycéens de classe de seconde à une dictée.
Oh rassurez-vous, pas celle de Prosper Mérimée, ni même celle de Bernard Pivot.
Non un petit texte tout simple dont vous trouverez l’intégralité a la fin de l’article, pour en juger vous memes.
« Pas de pièges tordus, juste des phrases et des mots simples » précise un des professeurs de Lagny en Seine et Marne qui participait a lóperation.
Effectivement pas d’imparfait du subjonctif, ni même de participe passe avec le complement d’objet direct place avant, rien de méchant donc.
Pour ne pas se voir contester leur expérience, les professeurs ont teste 1348 élèves dans des établissements très divers.
Paris, banlieue, province, ce que lón appelle des populations melangees.
.
Le texte a été dans les annales du brevet de 1976……
Les professeurs ont tous fait passer le test de dictée avec le même barème évidemment.
Un point en moins par faute, ce qui est plutôt cool.
Rappelons que dans un temps comme dit Aznavour « que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » c’était 5 fautes = 0.
Apparemment aujourd’hui c’est 20 fautes = o.
Amélioration qualitative sans doute…
Toujours est-il que les résultats sont édifiants :
2/3 des élèves ont obtenu…0
et peut etre pire encore…..14 % seulement ont obtenu la moyenne…
Rappelons qu’il s’agissait d’élèves de seconde……
Comme quoi, avant d’étudier « les classiques et les grands auteurs » peut-être faudrait-il, quelle surprise, valider d’abord les connaissances basiques….
Un des professeurs précise que les fautes les plus répandues sont les « accords et les fautes de conjugaison ».
« Plus que l’orthographe, les élèves ne maîtrisent pas le fonctionnement de la langue » précise-t –il.
C’est effectivement un euphémisme.
Comme par hasard cette étude et ses résultats ont eu bien du mal à être diffusés.
Apparemment ces professeurs bien traditionalistes qui regrettent « l’abaissement constant du niveau » n’ont pas les mêmes relais médiatiques que leurs collègues membres des syndicats gauchistes de l’Education nationale, qui eux trouvent que tout ne va pas si mal et que cela irait encore mieux avec plus de postes.
Principalement ceux qui n’enseignent plus eux-mêmes depuis longtemps !
De sorte que l’hypocrisie continuera donc sans problème.
Précisons que la reforme de Xavier Darcos vise justement la classe de seconde mais que ce n’est pas en classe de seconde que l’on apprend l’orthographe et la conjugaison.
Enfin normalement.
De sorte que c’est un minimum de rappeler que l’ampleur du problème est immense.
Et nous continuerons également à dire et répéter, au vu du texte comme celui-ci, que le débat « sur les moyens » que les professeurs syndiqués sortent à toutes les sauces, permet surtout de dissimuler celui sur les objectifs.
Et précisément sur le contenu des programmes et de leur progressivité, en même temps que sur le degré d’exigence envers les élèves.
Comme vous pouvez le voir rien de commun, et rien de bien interessant compare avec les discussions sur les éventuelles suppressions de postes…
TEXTE DE LA DICTEE.
« Gilles ouvrit le battant d’une lourde porte et me laissa le passage. Je m’arrêtai et le regardai. Il dit quelque chose, mais je ne pouvais plus l’entendre. J’étais dans l’atelier 76.
Les machines, les marteaux, les outils, les moteurs de la chaîne, les scies mêlaient leurs bruits infernaux et ce vacarme insupportable, fait de grondements, de sifflements, de sons
aigus, déchirants pour l’oreille, me sembla tellement inhumain que je crus qu’il s’agissait d’un accident, que ces bruits ne s’accordant pas ensemble, certains allaient cesser. Gilles vit mon étonnement.
- C’est le bruit, cria-t-il dans mon oreille.
Il n’en paraissait pas gêné. L’atelier 76 était immense.
Nous avançâmes, enjambant des chariots et des caisses, et quand nous arrivâmes devant les rangées de machines où travaillaient un grand nombre d’hommes, un hurlement s’éleva, se prolongea repris me sembla-t-il, par tous les ouvriers de l’atelier.
Gilles sourit et se pencha vers moi.
- N’ayez pas peur. C’est pour vous. Chaque fois qu’une femme rentre ici, c’est comme ça.
Je baissai la tête et marchai, accompagnée par cette espèce de « Ah » rugissant qui s’élevait maintenant de partout.
A ma droite, un serpent de voitures avançait lentement, mais je n’osais regarder.
Claire Etcherelli, « Elise ou la vraie vie »