SERVICE MINIMUM...LA NOUVELLE REVOLUTION FRANCAISE?
Mine de rien, et dans une relative indifference, la France est en train de vivre sous l'an 1 de Nicolas Sarkozy une sacrée révolution qui ne me semble de facon assez injuste pas plus que cela portée au crédit du Président.
Il n'y a plus de grève générale en France.
Décidément tout fouT le camp.
Voilà une de nos attractions caractéristiques qui nous a rendu celebres tout autour de la planète presque autant que la Tour Eiffel.... qui disparaît du paysage hexagonal.
Quand j'ai appris la semaine dernière que ce Jeudi 22 était la journée nationale d'action des fonctionnaires contre le projet de Réforme des retraites, j'ai eu immédiatement une pensée compatissante pour mes chers compatriotes, en particulier parisiens, en imaginant la journée de galère qui les attendait.
Parce que les fonctionnaires ca n'est pas rien.
5 millions de personnes pour l'immense majorité d'entre eux dans toutes les fonctions stratégiques du service public il n'y a rien à faire, c'est la paralysie.
D'ailleurs, ne nous y trompons pas c'est le but.
Depuis 40 ans, la France se paye deux ou trois grèves générales par an qui ont fait notre renommée internationale presque autant que la baguette et le béret. Les parisiens marchent a pied pendant 1 jour ou deux, ou même restent chez eux en prenant depuis quelques années un R.T.T ....
Et puis le lendemain la situation « retourne a la normale » car le gouvernement en place, pour ne pas sauter, a retire son projet grâce a « l'intervention apaisante du Président de la République » et on attend tranquillement la suivante.
Qui viendra tout simplement sur le projet suivant......et qui connaitra évidemment le même sort que ses prédécesseurs.
Voilà de façon, pourrions nous dire, quelque peu « convenu à l' avance », le processus de reforme qui a rythmé notre vie politique depuis toujours, au point que ceux qui « ont moins de 20 ans ne peuvent même pas connaître... » que les grèves générales puissent ne pas exister .
Dans leurs bouquins d'histoire, ils apprennent que les grèves générales sont des conflits durs mettant fin généralement a de longues années d'exploitation, d'excès et de combats sociaux, et qu'a l'issue de cette parenthèse dramatique, souvent violente, la société évolue et même généralement le pouvoir politique s'en trouve bouleversée.
Mais ca, c'est l'histoire des bouquins.
L'histoire contemporaine de la France c'est tout le contraire.
La grève débouche sur rien !
Et c'est même son but.
La grève a généralement lieu en Mai (après les ponts bien sur) et fin Octobre début Novembre quand les vacances d'été sont déjà loin et celles de Noel pas assez proches encore.
Le but de la greve est toujours le meme : non pas obtenir une avancee sociale, mais stopper l'application d'un projet gouvernemental de reforme.
Meme limite, c'est trop.
Toute evolution ou modernisation est a priori consideree comme « une atteinte aux droits acquis ».
Et quasi a chaque coup ca marche.
Et bien apparemment il va falloir utiliser l'imparfait figurez vous.
Car quelle ne fut pas ma surprise en regardant a quelle sauce et dans quelle galère mes petits copains français allaient ramer ce Jeudi, de constater que "prés de 60 % des transports avaient été assures" et que malgré une « mobilisation forte d'environ 500 000 fonctionnaires » le service de l'Etat avait été a peine perturbé.
Bigre !
Il y a du nouveau en Gaule.
La raison en est apparemment toute simple.
C'est la première grève déclenchée depuis la mise en place début 2008 de la Loi sur le Service Minimum. Encore une boulette de communication d'ailleurs car en réalité il s'agit de Service Garanti.
En effet, peut être pensiez vous comme moi, que cette Loi prévoyait la réquisition de certains fonctionnaires afin d'assurer au public le « service » auquel ses impôts lui donnent droit.
Minimum en tout cas.
Et bien pas du tout.
Il n'y a pas la moindre réquisition autoritaire, et donc contrairement aux âneries que l'on a entendu sur le sujet pas la moindre atteinte aux droits de grève.
Fait grève qui veut.
Tout simplement le candidat gréviste doit indiquer 48 heures à l' avance si il fait grève ou non. S'il ne le fait pas il ne peut pas faire grève.
Enorme tout de même !
C'était tout aussi simple que cela.
Ce delai de 48 heures permet a la SNCF, a la RATP et aux autres administrations concernées d'organiser leur planning en conséquence avec les non grévistes et d'assurer du coup un minimum de service que la Loi appelle « garanti ».
Même avec des heures supplémentaires en pagaie on n'a pas besoin d'avoir fait un MBA pour comprendre que 60 % du Chiffre d'Affaire c'est nettement mieux que 0.
Il y a des moments il faut se pincer pour être sur que nous n'étions pas en train de rêver depuis si longtemps pour découvrir aujourd'hui un truc aussi bête.
L'œuf de Christophe Colomb de la grève générale.
Notez bien qu'on découvre aussi au passage qu'en faisant appel massivement au non gréviste on arrive a « garantir » 60 % du service.
Ce qui est tout de même révélateur sur les grèves « massives et largement suivies » dont on nous a rabâché les oreilles durant toutes ces décennies....
Bien sur certains diront peut être qu'il m'est facile de me réjouir de ..... 60 % du trafic quand on est sous les cocotiers de Floride au bord d'une piscine et dans l'air conditionne, mais qu'a vivre c'est moins drôle.
Je le concede volontiers.
Je le conteste d'autant moins que les moyennes sont toujours trompeuses. Et derrière ce chiffre se cache sans doute quelques galères, marche a pied ou auto stop....
Il n'empêche.
Regardons tout de meme d'ou nous venons.
Chaque greve de transport se traduisait systematiquement par ...pas de transport du tout.
Il me semble donc, que une fois encore, les médias ne me semblent pas rendre à Sarkozy ce qui lui appartient avec beaucoup d'honnêteté.
Espérons que dans les sondages du futur les français eux le feront.
A fortiori si désormais, dans l'impossibilité de paralyser le pays et d'emmerder tout le monde les fonctionnaires se mettent à utiliser la grève comme ce qu'elle est.
Une exception et un dernier recours.