L'OUVERTURE - VIEILLE RECETTE OU VRAIE REVOLUTION CULTURELLE ?

Publié le par Patrick Gouverneur

Depuis désormais 6 mois que Nicolas Sarkozy a fait de l’ouverture politique une de ses marques de fabrique, tout ce que notre beau pays compte de personnalités politiques oscille entre le caca nerveux et les yeux au ciel horrifies accompagnes de mouvement bras vers dans toutes les directions..…..

Tous ou presque. En tout cas ce qui ne manque pas de sel à droite comme à gauche.

 

C’est évidemment Hollande et ses amis qui ont ouvert le feu les premiers.

Il faut dire que quelques jours à peine après son élection, des la publication de la composition du gouvernement, le nouveau Président avait déclenche les hostilités. Kouchner, Bockel, Hirsh , Besson et Jouyet sont appelles au gouvernement.

Hollande horrifie crie a la trahison, a la manipulation, au débauchage sordide.
Tout y passe.

L’aspect, le cas échéant humain ou intellectuel est totalement laisse de cote , bien sur seule la politique partisane l’intéresse.

De son point de vue c’est simple : ca n’est pas correct.kouchner.jpg
Ca n’est pas dans les règles !
Exact.
Pas dans les siennes……. Et celles de la France depuis 50 ans.

Peu lui importe naturellement que tous ces gens la soient déjà depuis longtemps marginalisés au P.S.

En ce qui concerne Kouchner et Boekel, nous pouvons dire qu’ils avaient déjà largement un pied dehors.....

Et Eric Besson avait deja les deux……..

Dans les 5 ou 10 dernières années le french doctor avait plus d’une fois flirte avec l’exclusion. Et Boeckel encore plus.

Il n’étaient pas dans la ligne du Parti.
Voilà le mot magique prononce…la ligne.

La ligne de pensée et aussi la ligne à ne pas franchir.

 

Quelles que soient les raisons pour Hollande et ses apparatchiks, les choses sont d’une simplicité enfantine : cela ne se fait pas.

Point c’est tout !

Le coup de grâce est évidemment la candidature « proposée » par la France de Dominique Strauss-Kahn au FMI, et surtout la nomination et de Jack Lang a la Vice Présidence de la Commission de Réflexion sur les Institutions Politiques.

La, nous sommes au bord de l’étranglement mais Hollande, pour le coup est coince.

Pour parler poliment.
La leçon de socialisme avec Jack Lang, cela ne va pas être facile…….

Dans ce domaine l’idolâtre estampille de Mitterrand pourrait lui en remontrer.

Hollande tempête, menace et bien entendu…ne fait rien contre l’intouchable Jack Lang.

A cote de cela la nomination de Jacques Attali à la Présidence de la CLCF relève de l’anecdote.

Nous ne sommes même pas sur qu’il avait renouvelle sa cotisation d’ailleurs……..

Mais très vite nous nous apercevons qu’à droite aussi cela commence à ronchonner.

Pas avec les mêmes mots bien sur, mais, et c’est cela qui est étonnant pour les mêmes raisons ou presque

Qu’est ce qu’on entend ?
Pourquoi « récompenser » les ennemis ?
Ce n’est pas juste, notre fidélité n’est pas payée à son juste prix……..
Pire encore,

« ils prennent nos jobs. Nous nous sommes battus pour gagner le pouvoir et ce sont les perdants qui raflent la mise ».

Il a fallu toute l’autorité de Copé et Devedjian (eux mêmes très perplexes avant d’obtenir un poste……) pour calmer les troupes.

Le sont-elles vraiment d’ailleurs ?

L’autorité de leurs chefs a fonctionne, le prestige et la crainte du Président ont fait le reste.

Mais le moins que l’on puisse dire c’est que la pilule a du mal à passer.
 
Que cachent en fait ces critiques de droite ?

Derrière les grands mots : fidélité récompensé… ennemis… perdants…. et autres ?

La même analyse que les socialistes.
Ca n’est pas normal !
Ca n’est pas dans les règles !
Quelles règles ?
Les leurs, les mêmes qu’Hollande.
« Chacun chez soi et le cochons seront bien gardes ».
La règle de la fameuse ligne.hollande_13.05.07_france_3.jpg

Sur ce point ils sont d’accord, et c’est pour nous parfaitement révélateur de notre archaïsme politique.

 

A tout le moins, une chose est sure a ce stade . En pratiquant réellement l’ouverture politique de façon significative et forte, pour la première fois depuis le début de la République, le Président a bouscule les habitudes et a « rompu » avec la tradition que l’on avait fini par transformer en règle.

 

Mais pour aller plus loin dans l’analyse, prenons si vous le voulez bien les reproches et critiques qui sont adresses a Nicolas Sarkozy par les analystes et responsables politiques de tous bords et regardons les plus en détail.

Tous ces discours vrais ou faussement scandalisées en fait peuvent se simplifier en deux arguments simples (dans tous les sens du mot d’ailleurs….)

 

1 -  Cette politique présidentielle est purement tactique, elle ne vise qu’à déstabiliser le P.S.

 
2 – Le Président joue sur l’appétit du pouvoir de certains.  
 
 
 
 
Une entreprise de déstabilisation.
 

Argument de gauche bien sur, qui franchement relève du foutage de gueule total.

Comme si le P.S avait attendu Nicolas Sarkozy pour être déstabilisé.
De qui se moque-t-on ?

Si Hollande et ses éléphants avait été moins archaïques et allons y disons le mot moins cons, des gens comme Kouchner, Attali, Boeckel et autres seraient les leaders du Parti et non pas à moitie exclus.

Si le P.S avait un fonctionnement démocratique intelligent et un programme digne de ce nom, ses leaders n’en seraient pas réduits à régler leur compte par livres interposes et interviews télévisées façon « ma carrière est finie mais je vais m’occuper de la tienne ».

Si le P.S et son sémillant Secrétaire General étaient un peu moins staliniens et si ses cadres s’appliquaient a eux même la retraite a 60 ans qu’ils réclament pour les autres, nous ne demanderions pas a longueur de colonnes comment Ségolène va-t-elle faire pour « prendre » le P.S et si Delanoë est « capable de l’en empêcher ». Nous ne parlerions pas de « putsch » ou de « capture » mais de programme, d’idées et du fait qu’il est bon que dans un parti ce sont les gens de 50 ans qui prennent le pouvoir et non pas ceux de 70 qui s’y accrochent.

Alors de grâce l’argument de la déstabilisation, rangez le !
 
 
L’appétit de pouvoir de quelques uns.

Argument sous une forme différente utilise ar la droite et la gauche.

Mais c’est bien sur la majeure critique de la gauche vis à vis des propres « amis ».

Pas seulement d’ailleurs puisque l’on a vu François Bayrou le reprendre a son compte concernant Jean Marie Cavada.

Peut-on l’ignorer totalement ? Sans doute pas.
Mais attardons nous quand même sur les cas individuels dont nous parlons.
 
Commençons par les Ministres.

Il est clair qu’un poste de Ministre avec ses émoluments et ses avantages en tenterait plus d’un.

Mais Kouchner ?

Il a 68 ans…., a une vie publique on ne peut plus remplie et on ne peut plus brillante. Médecins sans frontières, médecins du Monde, il a consacre 20 ou 25 ans a sa passion de jeunesse.

Il pensait sans doute finir sa carriere comme Représentant de l’O.N.U au Kosovo. Ce qui franchement n’aurait pas ete si mal……

Le revoilà Ministre.
Car il y a déjà été deux fois.

Il avait une passion, la médecine qui l’a conduit à la politique et plus précisément aux Affaires Internationales. C’est justement le poste qu’on lui propose.

Au nom de quoi devrait-il refuser ? De la fidélité a ses amis socialistes ?

Ils le traitent comme rien depuis des années et s’aperçoivent qu’il existe encore au moment ou moment il est nomme Ministre….

Au nom de certaines divergences avec Nicolas Sarkozy ?
Cela serait déjà plus recevable.
Mais quelles sont-elles ?

Des divergences économiques essentiellement. Bernard Kouchner est sans aucun doute plus attaché a un système plus distributif que Sarkozy, c’est certain.

Mais il n’occupe pas un poste économique ni de prés ni de loin. (Même si le cas Kadhafi hélas l’y ramène…)

J’irais même plus loin ; c’est le seul poste du gouvernement qui peut être occupé sans être forcement d’accord avec le reste de la politique disons interieure.

 

En outre pour Kouchner il est une évidence que l’argent n’est pas la motivation.

Il est sans aucun doute à l’ abri pour un bon moment. Bien au dela des quelques annees qui lui restent….

 

C’est évidemment beaucoup moins vrai pour Boeckel, Hirsh , Besson et Jouyet dont la carrière est nettement moins accomplie que celle de Bernard Kouchner.

Mais leur quasi rupture avec le P.S leur donnait elle le choix ?

Arrêter la politique sous prétexte que l’on n’a pas le droit de passer de « l’autre cote » ?

Ce ne sont pas des gens qui se sont caractérisés par un radicalisme et un militantisme excessif, ni par un marxiste pur jus.

C’est le moins qu’on puisse dire.
Alors déçus par le P.S ils passent à autre chose.
 
Et que dire de Jack Lang ?
Lui, l’argent, la carrière et les honneurs il a eu tout ce qu’il faut.lang.jpg
Et en plus il n’est pas Ministre, loin s’en faut.

Vice Président d’une Commission chargée d’un sujet très précis, cela sous entend en rien d’approuver une politique.

C’est d’ailleurs ce qu’il dit tout haut et fort.

Mais au nom de quels principes, de quelle fidélité devrions-nous s’interdire de donner des « conseils » ou des « recommandations » a un Président ?

Sachant que l’intéressé en fera bien ce qu’il veut.

Il sera toujours temps à Jack Lang et à Jacques Attali de manifester leurs états d’âme le moment venu si le Président ne tient aucun compte de leur avis.

Et nul ne doute que l’un comme l’autre le feront si tel est le cas.
 
 
Non, ne nous y trompons pas, le vrai problème de tout cela est ailleurs.
L’archaïsme de la politique française.

Aux Etats-Unis il est normal et fréquent que des membres de l’opposition politique soient nommes a des postes de responsabilités.

A la Présidence de Commissions par exemple, qui ont autrement plus de pouvoirs que celui de faire des « recommandations ».

Dans tous les pays anglo-saxons et scandinaves c’est le cas . Car eux ont compris depuis longtemps qu’un pays n’avançait pas avec une majorité méprisant une opposition.

 
Il serait tout de même temps que l’on grandisse…

Etre en charge d’un dossier ou d’un probleme precis quand on a des competences reconnues sur le sujet, en quoi c’est choquant ?

Quand bien meme aurait-on une approche globale de la politique «  differente ».

On a vu pendant des annees etre nommes Ministres des gens qui n’avaient pas la moindre idee des dossiers dont ils setrouvaient subitement en charge.

Ils commencaient a y comprendre quelquechose quand un remaniement les propulsait a un nouveau poste……ou ils n’y connaissaient rien non plus.

Du coup l’immobilisme devenait un mode de gestion patente.

«  Pas de vagues, on attend le prochain remaniement…. »

La situation catastrophique de la France en est une consequence flagrante.
 

Alors personnellement je prefere voir un Kouchner de gauche avec ses competences internationales aux Affaires             Etrangeres, ou un Martin Hirsh de gauche a la solidarite, ou un Jack Lang agrege de Droit Public en charge des Institutions, que «  les copains du President » nommes par recompense, qui ont avant tout comme objectif d’appliquer le vieil adage Mitterrando-Chiraquien «  Au moins quand on ne fait rien…..on ne fait pas de conneries…….. »

 

Et puis de surcroit que l’on applique aux affaires publiques le b.a. BA des affaires privées.

 

Les chasseurs de tète en entreprises cela sert a quoi ?

A trouver chez les autres les bons éléments.
Cela déstabilise-t-il les entreprises ?
Parfois. Et elles s’en remettent.

Au nom de quoi nous ne pourrions pas travailler chez Renault quand on a été chez Ford, chez Unilever quand on a été chez Lesieur ou aux Galeries Lafayette quand on a été chez Carrefour ?

Sauf a avoir signe des engagements écrits de ne pas le faire. Et dans le cas présent qui en a pris ?

Que je sache , ca n’est pas  le cas au MODEM ou au P.S.

Alors, que peut-on reprocher à Sarkozy ?

D’avoir débauché un bon Ministre des Affaires Etrangères chez la concurrence ?

D’avoir invite à siéger dans une Commission des experts reconnus qui travaillent dans d’autres boites ou dans d’autres secteurs ?

D’avoir été clairvoyant en prenant les meilleurs ?

D’avoir été habile ne faisant d’une certaine manière d’une pierre deux coups en renforçant son équipe en même temps qu’il affaiblissait la concurrence ?

D’avoir eu le courage de pourvoir des postes par recrutement externe au détriment de l’interne qui pourtant ne demandait que cela ?

D’avoir une capacité de séduction qui lui permettent d’attirer a lui des renforts d’horizons et d’univers pourtant différents ?

Chez certains, cela s’appelle un grand management de la part d’un grand patron.

Chez d’autres, cela s’appelle débauchage, trahison et « aller a la soupe ».

Question de vocabulaire sans doute.
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Publié dans Politique

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J
j'aime beaucoup le parallele avec l'entreprise.Original et pertinentCe blog est toujours une bonne surpriseBravo
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P
Je signale simplement à mon complice, camarade et ami que Jacques Attali n'a jamais eu sa carte du PS. Jamais ! Une information que je te tiens de source sûre...lui-même !
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P
La politique est un jeu, helas.Vous qui avez manifestement une grande connaissance du sujet ne devriez pas en etre surpris.C'est un bien bel article, mais un peu angelique
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