PARTI SOCIALISTE - Ca y est Segolene est partie

Publié le par Patrick Gouverneur

royal_face_micros_lci.jpgCa y est c’est désormais officiel, Ségolène Royal est candidate….a la direction du Parti Socialiste.

Ouf….l’ancienne candidate du PS a la présidentielle a donc mis fin ainsi a un insoutenable suspens.

Il était temps, nous allions craquer tellement nous nous demandions si telles étaient ses intentions ou pas…..

 

En fait elle a surtout mis fin a un intéressant jeu de poker menteur auquel participaient les ténors (ou ceux qui pensent qu’ils pourraient l’être..) du Parti de la rue de Solferino.

C’était à qui ne se déclarerait pas en premier.

Pour ne pas avoir l’air  de reprendre à bon compte un champ de ruines, ou de ne pas  avoir l’air de privilégier ses ambitions personnelles au détriment de la « nécessaire rénovation du Parti ».

 

Strauss-Kahn attendait d’être sûr d’être à la tête du FMI pour officiellement annoncer qu’il quittait la politique. Au moins pendant 5 ans.

Fabius avait fait semblant de prendre sa retraite, a la satisfaction générale d’ailleurs, mais sans le confirmer.

Alors Ségolène s’est lancée. Sans doute la nomination de Strauss-Kahn a-t-elle été le facteur déclenchant.

La nature ayant horreur du vide, la Présidente de la Région Poitou s’est dit que c’était le bon moment.

Du coup, Fabius qui comme chacun sait n’a jamais été étouffé par le gêne est immédiatement sorti de sa retraite.

« Je reste un acteur engage » a-t-il déclaré.
En clair, il faudra compter avec moi ma petite.

On peut raisonnablement imaginer qu’elle n’a pas été surprise, en tout cas on l’espère pour elle…

 
Pour le coup désormais les choses s’éclaircissent un peu.
Un peu seulement.

Ségolène confirme ce qu’elle avait déjà annonce le 6 Mai au soir. Elle veut s’appuyer sur son demi-succès (ou demi-échec c’est selon) de l’élection Présidentielle pour en fait obtenir une deuxième chance.

Elle pense que Mauroy en cure de désintoxication permanente, Martine Aubry avec ses casseroles des 35 heures aux fesses, Strauss-Kahn a Washington et Fabius qui n’a toujours pas compris que personne ne veut de lui, elle a un boulevard devant elle.

De plus, comme nous l’indiquions la semaine dernière, Jospin s’est plus ridiculise qu’autre chose avec son bouquin au vitriol et Hollande à titre personnel n’intéresse plus personne ….même au PS.

Alors s’est elle dit c’est maintenant, car plus tard on ne sait jamais, quelques ambitions pourraient naitre chez les «  jeunes loups ».

Et nous pensons qu’elle a raison.

D’ailleurs pour être tout à fait clair, comme nous l’avons dit des le soir du 6 Mai la question de savoir si Ségolène va parvenir  à prendre la tête du PS ne se pose pas.

C’est pour nous une évidence.

Il est clair que Fabius et même Jospin soudain sorti de leur retraite feront tout pour l’en empêcher, mais nous ne pensons qu’ils y parviendront.

Pour une raison simple : la majorité des militants le souhaitent et de manière écrasante.

 

Le score des primaires au sein du Parti l’année dernière n’est pas le fruit du hasard. Ségolène a recueilli 60 % des votes des militants et Fabius et Strauss-Kahn 40 % a eux deux.

Strauss-Kahn hors du jeu, on voit mal Fabius qui sera certainement son compétiteur, pouvoir concurrencer sérieusement la candidate socialiste aux Présidentielles.

Il faudrait pour cela que ce petit monde avec le soutien de Hollande parvienne à bâtir un collège d’électeurs à leur service en contradiction et en décalage complet avec l’opinion des militants.

Cela paraît difficile à imaginer.

On voit mal les militants PS accepter ces magouilles venant de gens qui sont à leurs yeux des « has been ».

Je maintiens que Jospin, Fabius et Hollande sont decribilises aux yeux des militants.

Ils représentent le passe, l’échec systématique et qui plus est un archaïsme complet dans la gestion du Parti avec les courants, les sous courants et autres dont, j’en suis convaincu, les militants ont soupé.

Par conséquent je ne vois pas comment Ségolène Royal ne prendrait pas la Direction du Parti.

 
La vraie question serait plutôt se demander quand et pour prendre quoi ?
 
Quand ?
 
 

L’échéance du Congres de Novembre 2008 qu’elle trouvait lointaine il y a quelques semaines encore, lui convient bien désormais.

Le temps passe, ca n’est plus que dans un an et quoi qu’il arrive elle n’arrivera pas à bousculer le calendrier.

Hollande qui pourrait dans l’affaire être son pire ennemi ne l’acceptera jamais, donc mieux vaut respecter le calendrier pour négocier sur autre chose.

Ce sera donc Novembre 2008.

À charge pour elle entre temps, de faire en sorte que les électeurs du parti soient représentatifs des militants, et que les éléphants ne magouillent pas trop.

Un an ce n’est pas trop pour mettre tour cela en musique.
 
Et pour prendre quoi ?
 
 
C’est peut être la vraie bonne question.
Prendre la tête du Parti certes mais quel parti ?

Que restera-t-il du PS dans un an après cette élection interne dont on peut imaginer  déjà la violence.

Depuis une quinzaine d’années le PS est le théâtre d’affrontements de personnes et d’affrontements d’ambitions personnelles.

Mais cette fois ci et pour la première fois depuis longtemps, il risque d’y avoir un vrai affrontement idéologique.

Et par voie de conséquence un vrai affrontement de stratégie politique.

Ségolène Royal devra clairement affronter l’aile gauche du Parti.

Les Emmanuelli, Mélenchon, Liebemann et consorts.
Se regrouperont-ils derrière Fabius ?
C’est possible, mais pas sur, pour les raisons invoquées plus haut.
Ou bien partiront-ils ?
C’est une autre alternative extrêmement plausible.

Accepteront-ils en effet de rester dans un Parti aux mains de Ségolène Royal, qui aura fait clairement le choix de la social-démocratie et qui se propose de bâtir des alliances avec le Centre ?

Car c’est de cela dont il s’agit.

Ségolène Royal, comme beaucoup, pense que la stratégie d’Union de la gauche n’est plus une stratégie gagnante.

De notre point de vue, elle a raison.
 

On a dit et redit ici que la gauche dans son ensemble représentait un courant d’opinion de 45% environ.

Probablement moins en ce moment…
Quoiqu’il en soit Ségolène est bien placée pour le savoir.

En faisant le plein au maximum de la gauche elle a fait 47 %.

Du coup pour elle la question est très logiquement comment faire un jour 51 % ?

En récupérant dans 5 ans les éventuels déçus du Sarkozysme qui se situeront clairement au Centre.

Les 10 % de Gauche extrême ne seront jamais des déçus du Sarkozysme puisqu’ils n’en attendent rien…

 

Ségolène Royal fait le pari que dans l’hypothèse d’une revanche contre Sarkozy en 2012 la gauche extrême fera au deuxième tour contre mauvaise fortune bon cœur et la soutiendra faute d’autre choix.

Par contre les 3 ou 4 points qui lui ont manque elle devra aller les chercher 1 par 1 chez les 18 % de Bayrou.

 

Voilà le véritable enjeu de la bataille qui se prépare au PS et il n’est pas absurde d’imaginer que l’aile gauche du Parti n’accepte pas la défaite pour le Secrétariat General. Il n’est pas absurde d’imaginer que tout ce petit monde quitte la rue de Solferino avec armes et bagages.

Pour aller ou ?
Bonne question.

Dans un nouveau mouvement qui reste à créer entre le PCF, les Verts, Besancenot et les dissidents du PS ?

Certains en caressent sans doute le rêve mais les premières réunions et conversations sur le sujet ne sont pas très encourageantes.

C’est le moins que l’on puisse dire.besancenot.jpg

La volonté d’indépendance farouche de ces gens la et leur indiscipline chronique en matière politique rend les choses plus qu’aléatoires.

Nous, nous aimerions bien une extrême gauche des Verts à Besancenot sous une même bannière.

Ceux qui nous suivent régulièrement savent que depuis plus d’un an, quand nous analysons l’échiquier politique nous considérons d’un point de vue idéologique tous ces courants de pensée comme un seul et même électorat. De ce point de vue la, nous avons sans doute précède la réalité politique.

Mais les choses ne seront sans doute pas si faciles, même si l’instauration inéluctable de la proportionnelle peut accélérer le mouvement, pour peu que seuil de représentation soit relativement haut.

Pour exister et peser tous ces mouvements peuvent être enclins a se rapprocher, surtout si on considère leurs scores quasi ridicules a la présidentielle.

 

Toujours est-il que les marxistes purs et durs du PS devront sans aucun doute faire ce choix le moment venu.

Cohabiter avec Ségolène qu’ils détestent, et sauver leur siège et leurs mandats, ou immigrer vers l’extrême gauche éventuellement recomposée.

 

On peut être certain que pour ne pas a avoir à faire ce choix cornélien ils se battront avec toutes le armes, y compris les plus sordides afin que la Presciente du Poitou ne remplace pas son ex-boy friend.

 
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Publié dans Politique

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