LES SOCIALISTES INDECROTTABLES

Publié le par Patrick Gouverneur

 
 

royal_soucieuse_nb_fig_6.01.07.jpgCertains membres du  Parti Socialiste, et avec eux beaucoup d’observateurs de la vie politique, continuent à s’entêter dans une analyse, de notre point de vue complètement erronée de la vie politique.

L’actualite litteraire, au moins celle des socialistes….est a cet egard revelatrice.

Lionel Jospin s’apprête à sortir un livre pour régler son compte (ou ses comptes) avec Ségolène Royal.

Il complète avec son bouquin si l’on peut dire, la rentrée littéraire des socialistes aigris, rentree qui avait débutée avec Claude Allègre (Défaite en chantant), Marie Noëlle Lienemann (Au revoir Royal), Jean-Luc Mélenchon (En quête de Gauche) ou encore Guillaume Bachelay, plume de Fabius (Désert d’avenir).

Tous ces livres ont en commun un point : c’est un réquisitoire assassin contre Ségolène Royal.

Ils en ont un autre c’est celui de reprocher en outre a Ségolène et par la même au PS la ligne politique choisie pour l’election presidentielle.

 
Premier argument developpe par ces differents auteurs….
 
Ségolène est nulle
 
 
C’est leur premier point d’accord.

Pour Jospin, Ségolène n’était « pas taillée pour le rôle » et le PS a commis « l’erreur de la designer ».

L’ancien Premier Ministre insiste au cas on n’aurait pas bien compris sur « ses insuffisances réelles »  ou encore « son manque de talent ».

Claude Allègre n’est pas en reste, en dénonçant « le populisme de Ségolène »

Ne s’embarrassant pas de fioritures, Jospin définit la candidate du Parti Socialiste comme une « figure secondaire de la vie politique » qu’il qualifie en outre de « démagogique » et de « populiste ».

Comme taillage de short c’est pas mal.

Même dans ses pires coups de colère de la campagne, Bon Appétit Messieurs n’est pas alle aussi loin.

 

Claude Allègre qui pourtant merite mieux que cela, en rajoute une couche. « La force de Ségolène » écrit-il « c’est de penser comme Madame Michu et donc d’être comprise par Madame Michu »

Et en guise d’assassinat de première classe, il ajoute que Ségolène Royal et ses amis politiques « sont des gens dont les ambitions dépassent largement les capacités ».

Bon, deuxième couche.
 
 
 
 
Marie Noëlle Liemann et le semillant Jean Luc Mélenchon font  sans surprise dans un registre différent .
 

La ligne politique choisie par Segolene Royal etait vouee a l’echec

 

S’ils rejoignent leurs « collègues » pour dénoncer une « femme raisonnée mais pas forcement structurée », ils critiquent surtout son positionnement politique.

Pour Lienemann « la candidature de Ségolène Royal est le symptôme le plus evident de la crise de la gauche ».

Pour Mélenchon « il était impossible de gagner avec la ligne que défendait Ségolène Royal ».

En clair celle de la social-démocratie qu’il exècre.

Un glissement vers un modèle « démocrate américain » selon ses propres termes , qu’il vomit.

Pour ces deux la, c’est clair leur départ du PS vers ce qu’ils appellent la « vraie gauche » n’est qu’une question de temps.

C’est d’ailleurs dans la logique des choses pour le PS qui ne pourra pas faire sa révolution en continuant à abriter cette aile de gauche extrême.

 
 

Pour autant que penser de ces petites phrases assassines et de ce lynchage médiatique « entre amis » du PS ?

 
Sur la forme d’abord.
 
 

Il est quand même fort de café que les attaques les plus violentes contre Ségolène viennent de son propre camp , qui il ya 6 mois encore ne tolérait pas que l’on puisse mettre en doute  les capacités  et le talent de la candidate socialiste.royal_4.06.07_nantes.jpg

Ca n’est pas le moindre des paradoxes d’ailleurs, de voir aujourd’hui Bon Appétit Messieurs « défendre » Ségolène.

Dieu sait que nous n’avons pas été les derniers, bien au contraire nous l’avons dit dės Janvier avec la métaphore Armstrong  que l’on nous a tant reprochee… que les limites de Ségolène étaient évidentes.

 

Mais aujourd’hui, de tels propos venant de la bouche de socialistes n’ont aucun sens.

 
Ils sont idiots et qui plus est improductifs.
 
Idiots, car ils n’apportent rien, bien au contraire au Parti Socialiste.

En fait, ils le desservent, en accréditant l’image dont ses électeurs ne veulent plus, que ce parti n’est plus rien d’autre qu’un centre d’affrontements personnels.

Ce type de propos revient à tirer une balle dans le pied du PS plutôt qu’autre chose.

 

En  plus ils sont improductifs car nous sommes convaincus qu’ils profitent a Ségolène Royal et non le contraire.

Jospin n’a plus aucune audience au PS .

Il est l’archétype à lui tout seul des éléphants que tout le monde veut envoyer au cimetière.

Allègre qui vaut mieux que cela, n’en a jamais eue, guère moins que Lienemann et Mélenchon dont le gauchisme fait plus sourire qu’autre chose.

Pour une grande partie de l’électorat de gauche, ces propos sont excessifs donc insignifiants. Ils peuvent même être assimiles a du sexisme ce que n’a pas manque de mentionner illico Ségolène.

 
Ils sont indécents car totalement erronés.
 

Car enfin, que Monsieur Jospin se permette de critiquer les scores de Ségolène quand elle a fait 26 % au premier tour et 47 % au deuxième alors que lui-même a été battu par Le Pen au premier tour ne manque de culot.

Quand Mélenchon et Lienemann affirment que c’est avec une ligne « plus a gauche qu’on aurait pu gagner » cela démontre a quel point les bases mêmes de l’analyse politique leur sont complètement étrangeres.

C’en est meme a ce point stupefiant.
 

Nous n’avons eu de cesse de dénoncer pendant la campagne les évidentes insuffisantes et les limites de Ségolène Royal.

C’est clair.

En même temps nous avons été presque les seuls à droite, a dire tout haut et fort  que 26 % et 47 % était un score inespéré pour Ségolène Royal.

Compte tenu justement de ses  dites insuffisances personnelles.

 

Doit-on rappeler à ces Messieurs Dames qu’un certain François Bayrou a fait 18 % des voix en en prenant sans aucun doute une bonne dizaine à Ségolène ?

Mélenchon veut nous faire croire que Fabius aurait été meilleur candidat ?

Qu’il aurait fait plus que 26% au premier tour et 47 au second ?
De qui se moque – t-on ?
Ces gens la nous prennent pour des imbeciles ?
Il n’aurait même pas été au deuxième tour.
Bayrou l’aurait été sans aucun doute
 

De notre point devue Ségolène, au contraire a évité le carnage.

Quand Monsieur Jospin s’est présenté, Bayrou ne faisait que 6 % ce qui ne l’a pas empêché de faire 16 %...

Un peu de decence et d’honnetete quand meme……………jospin.jpg
 

Nous avons dit et répété que 47 % au deuxième tour et 17 millions d’électeurs était un miracle pour Ségolène.

Nous le maintenons.

Tous les derniers sondages secrets donnaient Sarkozy à 55 % 48 heures avant l’election .

Elle a évité la débâcle grâce a la mobilisation forte des jeunes au dernier moment.

Alors tout ce petit monde pensent que d’autres auraient fait mieux ?
Nous préférons en rire.
 

Car, et cela sera notre conclusion ,  ces consternantes analyses politiques occultent en fait  des elements  politiques majeurs.

 

1 – La droite était majoritaire dans le pays depuis la fin du Mitterrandisme .

Seule l’habileté de la gauche a l’époque, l’aveuglement complice des medias, et la bêtise congénitale de Chirac à pu faire penser le contraire.

La droite dite parlementaire + le Front National a depuis cette époque toujours représente 55 % des voix.

Toujours !!!

Un système électoral inique et la complicité de Chirac l’a cache longtemps, mais la réalité politique, c’est celle lā.

Et Nicolas Sarkozy pour la première fois depuis les années 80 a eu le talent et la lucidité de le comprendre.

Il a siphonné le Front National et fait 31 % au premier tour.

Les reste des troupes d’extrême droite l’a rejoint au deuxième tour , et  4 a 5 % de Bayrou ont fait le reste.

Alors que Lienemann et Mélenchon ne prennent pas leurs rêves pour des réalités.

Cela n’est certainement pas une ligne plus marxiste qui aurait permis de faire mieux.

Bien au contraire
 

2 – Ségolène avait face a elle le meilleur candidat que la droite politique à génère depuis 40 ans.

Petit détail non ?

Imaginez que pour une raison purement hypothétique Villepin ou Chirac ou pire Alliot-Marie se soient présentés pour la droite…….

Ségolène serait-elle toujours aussi nulle ?
Tu parles ; elle serait Président !
Je suis sérieux.

Jamais un autre candidat de droite, quel qu’il soit n’aurait été capable de siphonner le Front National.

Pire il est meme probable que Bayrou dans cette hypothèse cauchemardesque aurait été au deuxième tour face à Ségolène Royal avec un Le Pen à 17 %.

Franchement les analyses politiques de ce niveau, c’est consternant.

Tellement consternant qu’il est difficile d’ imaginer que quelqu’un de sérieux a gauche puisse acheter ces bouquins.

 
Décidément on aura tout vu !

Bon Appétit Messieurs vole au secours de la Sego !

Que voulez-vous il faut toujours lutter contre la malhonnêteté et la bêtise.

D’ou qu’elle vienne.
Et qui que ce soit qu’elle vise.
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Publié dans Politique

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P
en reponse a ToinouMerci de votre contribution.Je ne "denigre" pas la vraie gauche , je dis simplement que pretendre que SEGOLENE a perdu PARCE QUE elle n'etait pas assez a gauche est un contre sens absolu en matiere d'analyse politique, et un reproche ridicule.Reste que vous avez raison l'electorat de gauche , le vrai , il est bien la et aujourd'hui perdu . Il est probablement de l'ordre de 10% et n'a guere que Besancenot comme perspective excitante.
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T
En ce qui concerne le choix d une ligne plus à gauche notez bien que la dérive progressive du PS vers le centre ou du moins son éloignement des thématiques et du vocabulaire socialiste et les résultats aux élections ne plaident pas en faveur de votre analyse. Jospin comme Royal ont opté pour un abandon (ils appellent ça modernisation) progressif du "discours de gauche" pensant attirer à eux les déçus de la droite.Mais leur analyse sur l état des forces de gauche est des plus erronés. Ils justifient l abandon de l union de la gauche par les scores réalisés par les partis de gauche. Mais personne ne parle de l électorat. L électorat du PC par exemple existe toujours bel et bien mais il s est réfugié...à droite car Sarkozy comme Chirac ont embrassé une espèce de discours social de mise en période d élection pour mieux plomber la campagne socialiste. Rappelons nous simplement  que les préoccupations premières des français pour ces élections étaient le pouvoir d achat, l emploi et le logement soit des thématiques qui étaient historiquement celles du PS et de la gauche. Or Sarkozy se sachant en situation de faiblesse sur ces ponts a déplacé le débat vers la sécurité et l identité nationale et Royal l a suivi lui laissant de fait le champ libre pour réinvestir le discours social en faisant appel à Jaurès et Blum qui rappelons le sont les chantres du socialisme ou de la vraie gauche que vous semblez dénigrer ici...cherchez l erreur!
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