PETITES PHRASES, COTE OPPOSITION
Il est vrai que la gauche a perdu de sa superbe depuis quelques jours. J'ai quand même repéré quelques petites phrases très intéressantes.
Préambule. Patrick Gouverneur enrage de ne pas avoir la proportionnelle; il sait pourtant que si modifications institutionnelles il y a un jour, elles ne pourront être effectives que pour 2012.
C'est évidemment sympathique mais mon camarade voit la politique et les Politiques plus vertueux qu'ils ne peuvent l'être.Il voudrait que tout arrive tout de suite à 100%, ce qui est impossible. A court terme (24 à 36 mois) la France ne peut s'offrir le luxe de penser à autre chose qu'à son rétablissement économique et social et les institutions actuelles le permettent.
Certaines sont possibles et arriveront assez vite (le Président venant défendre les grands dossiers devant l'Assemblée, la présidence de la Commission Finances proposée à l'opposition...etc). Ce n'est déjà pas si mal et marque clairement une volonté de changement.
Enfin bref, revenons au sujet. De mon point de vue, le PS et l'UDF-Modem n'ont manifestement pas bien compris les évolutions de notre paysage politique et surtout d'une majorité du mode de pensées des Français.
De la Royal
" …comment le SMIC à 1.500 € a-t-il pu être moins crédible que travailler plus pour gagner plus ? ".
Si elle se pose encore la question, cela est très inquiétant pour son avenir.
" …je vous propose la vague blanche puisque je suis en blanc…"
C'est du pur Royal dans le texte, comme ne manque pas de le souligner Libération - itself !- cette semaine.
Et je garde la meilleure pour la fin :
"… ce que les Français attendent (au maximum 47% NDLR) de nous, ce ne sont plus les petites phrases".
Pour elle qui en est le chantre (avec Montebourg, son ex porte-parole de campagne), c'est quand même extraordinaire !
La guerre civile interne pour conquérir le PS fera des ravages et je ne fais pas partie de ceux qui pensent que Royal gagnera aisément le combat. Les élections seront derrières et certaines ambitions et talents peuvent et auront le temps d'émerger.
Et de Jean-Marc Ayrault :
"…nous allons construire la gauche populaire, la gauche solidaire, la gauche du XXIème siècle…".
Formidable ! Pourquoi n'appelle-t-il pas le PS espagnol ou le Labour britannique…ils l'ont inventée depuis longtemps.
Et de François Hollande :
"…il faudra moderniser, rénover, refonder le PS…mais il sera toujours le PS avec ses valeurs, ses idéaux…".
Il serait temps ! Avec de telles déclarations, il ne faut pas écarter l'hypothèse d'une nouvelle et belle victoire de Sarkozy en 2012.
En tenant la majorité de ses grandes promesses, c'est même déjà plié ! Oui, je sais, je vois un peu loin, mais gérer n'est-ce pas prévoir ?
Et de François Bayrou : là, c'est plus intéressant !
A propos de l'action gouvernementale : "…il est des orientations que j'approuve…"
A propos de Royal : "….je n'approuvais pas son programme économique…je ne croyais pas à sa vision du social assisté par l'Etat…".
Mis à part sa critique sur l'interventionnisme tous azimuts du Président Sarkozy, deux conclusions peuvent être tirées de ces deux phrases.
1. Bayrou tient des propos sensiblement plus nuancés à l'égard de l'UMP et de Sarkozy.
2. Dans ces conditions, on se demande comment il a pu accepter un face à face avec Royal entre les deux tours, sachant pertinemment qu'il n'y avait aucun rapprochement -majeur - possible (nous connaissons la réponse).
Bayrou est allé trop loin, mais il sait compter.
Bayrou commence à comprendre, ou plutôt à admettre, que son échappée présidentielle était un effet de circonstances. Elle ne correspondait pas à la réalité de l'électorat. Ses 18% ont été atteints par une consolidation des voix centristes naturelles, des voix de gauche et dans une moindre mesure de voix de droite.
Si nous estimons les apports respectifs de gauche et de droite à 50%, l'UDF-Modem fera aux alentours de 8-9% au 1er tour, avec très peu de candidats ayant une chance de l'emporter au second.
Nous devons sans doute le regretter pour la représentativité, mais cela sera quand même et déjà bien payé, au sens premier du terme…les sous !
Si le taux de participation est de 70%, l'UDF-MODEM avec 8% récoltera sur cinq ans quelques 20 millions d'euros. C'est tout ce que Bayrou vise pour l'instant.
Personnellement, je ne pourrai jamais lui pardonner cette phrase (à propos de l'hypothétique influence de Sarkozy sur les médias entre les deux tours) : "...je n'ai pas de preuves, mais j'ai l'intime conviction".
Quand on dit cela, on revèle au mieux son errance politique, au pire sa profonde malhonnêteté intellectuelle.