UNE GUERRE POUR 100 MILLIONS D'EUROS

Publié le par Philippe Dermagne

Profitons toujours de cette période inter présidentielle pour flâner chez les socialistes.

Décidément le PS continuera longtemps de payer les pots cassés par Royal. Les militants à 20€ ont fait des dégâts au point de saper définitivement les fondations de la maison. Le PS semble être dans la nasse d'une incohérence forcée.

Cela concerne au premier chef l'UMP
Que pourraient se dire les cadres de l'UMP ? …"Après tout tant mieux, qu'ils se débrouillent, leurs querelles intestines ne nous regardent pas".
Ils feraient sans doute une erreur de penser ainsi. Et mon petit doigt me dit d'ailleurs qu'ils ne sont pas dans cette posture.
J'ai toujours considéré que pour être bon, en politique comme en sport, il faut craindre son adversaire en le considérant talentueux, en l'occurrence au moins durant une campagne électorale.
Nicolas Sarkozy et son équipe furent d'autant plus excellents qu'ils savaient avoir face à eux une concurrente prête à tout qui, malgré sa flagrante légèreté niaiseuse, était capable d'obtenir une adhésion populaire, si ce n'est populiste.

L'une des grandes qualités de l'équipe Sarkozy est probablement de n'avoir jamais lâché son effort et sa vigilance.

Utile pour la paix sociale.
De plus, une paix sociale stable suppose aussi d'avoir une opposition organisée et opérationnelle, capable d'être un levier pondérateur auprès des syndicats qui parlent déjà de "démocratie sociale".
C'est insupportable je vous l'accorde, car que pèsent 4 à 5% de travailleurs syndiqués et hautement politisés ( de surcroît dans des secteurs clés : transports et énergie), face à la démocratie de 40 millions d'électeurs.
Mais on ne va pas mettre systématiquement un escadron de CRS face à la moindre manifestation de Bernard Thibault et de "sa" CGT. Contrairement à ce qui se dit à gauche, ce n'est assurément pas le style que souhaite adopter Nicolas Sarkozy.
La représentativité des syndicats est l'un des grands chantiers auxquels notre nouveau Président va souhaitons-le s'attaquer (c'est dans son programme, mais il faudra du temps).
Avoir une opposition si possible intelligente, dignement représentée au Parlement, ne peut que lui rendre la tâche moins délicate. On peut toujours rêver non !

Au PS, ils retiennent les chevaux.
S'ils le pouvaient, les Strauss-Kahn ou autres Hollande et Fabius vireraient Royal avec perte et fracas, tant elle les agace et le terme est faible.
Volonté secrète devenue illusoire depuis le 6 mai, car malheureusement pour eux la bête pèse aujourd'hui 47% et 16,7 millions de voix.
Tous auraient sans doute fait aussi bien qu'elle. DSK doit même penser qu'il aurait fait mieux.
Seulement voilà ! ce n'est pas eux qui étaient en finale. Ils se retrouvent malgré eux dans la nasse d'une incohérence, dont les racines sont ancrées dans l'immense tartuferie des primaires remportées par Royal fin 2006. Comme on dit, les dés sont jetés et depuis longtemps !

La brebis est rentrée dans la bergerie
Elle peut remercier les 100.000 nouveaux militants à 20€ et aussi les sondages de septembre/octobre 2006, qui la plaçaient comme la seule capable de l'emporter haut la main face à Sarkozy.
Toujours est-il qu'aujourd'hui il apparaît impossible de tuer la bête sans prendre le risque de faire un méchoui socialiste indigeste.

Pour un pactole de 80 à 100 millions d'euros.
Pour l'instant les éléphants sont surtout les gardiens du coffre-fort .
Ils pensent essentiellement aux finances du parti, ce qui est parfaitement légitime.

C'est le fond tactique du problème du jour : remplir les caisses du PS en obtenant le meilleur résultat possible aux législatives.
Comme le rappelait fort justement Patrick il y a quelques jours, chaque voix obtenue (aux législatives et à condition d'avoir des députés) rapporte environ 1,66 € par an (payés par l'état) aux partis concernés. Un rapide calcul pour le PS aboutit à un trésor de guerre de 20 à 25 millions d'euros par an pendant cinq ans. Belle trésorerie ! 
Royal n'est pas à ce jour le nerf de la guerre. Ce sont les sous, les sous, les sous !
Un aspect des enjeux que la presse souligne très, trop rarement.

Mais a priori Royal se moque de la caisse
Elle ne pense égoïstement et déjà qu'à 2012. Se croyant sans doute indéboulonnable avec son résultat à la présidentielle - ce qui avec le temps peut s'avérer un atout très relatif - Royal s'entête dans son cavalier seul.

C'était lors du Conseil National du PS du samedi matin 12 mai, où elle a pris bien entendu la parole, en prenant une nouvelle fois bon nombre d'éléphants par surprise.


En substance ….


- Elle demande l'union et la trêve pour les législatives, mais elle se positionne et l'annonce, comme la seule candidate possible pour 2012, ajoutant de l'huile sur un feu qu'elle prétend vouloir éteindre.

- Elle affirme ne penser qu'à l'avenir, mais elle fait un bilan de la campagne en annonçant par exemple que "…la discipline a été sans faille à droite…" (merci, nous n'avons pas besoin d'elle pour le savoir), oubliant totalement qu'elle est pour une grande part responsable de la zizanie à gauche.

- Elle veut que le PS se mette au travail dès maintenant pour sa refondation et pour l'élaboration du programme présidentiel, en reformatant le calendrier pour qu'il soit "…bien structuré et musclé…", négligeant avec un culot stupéfiant qu'elle fut à l'origine de la cacophonie de son camp durant les huit derniers mois, par une série consternante d'improvisations, sans aucune concertation.
- Elle ose déclarer : "… tous les matins, en ouvrant le journal, je me demandais quel était le socialiste qui allait porter une critique sur ce que je disais…", sans imaginer un seul instant qu'il y avait peut-être matière aux critiques dont elle était la seule
génératrice.

Comme quoi on ne change pas la nature.
Nicolas Sarkozy dans l'action est déjà fidèle à lui-même et Royal confirme les raisons profondes de son échec et de celui d'un parti dont on peut se demander s'il n'a jamais été le sien !
Vous vous doutez bien que la rédaction de Bon Appétit Messieurs souhaite une belle majorité UMP le soir du 17 juin, mais il ne faudrait pas qu'elle fût écrasante.

Et le piège comme une nasse se referme inexorablement sur un PS victime du solipsisme vaniteux d'une femelle qui guide ses éléphants anesthésiés

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Politique

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