LES CHOSES SONT SIMPLES
Avec une répartition droite gauche de 55-45, la France vient de confirmer la stabilité de son corps électoral. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Les deux blocs dénoncés par Bayrou, puis par Royal, ne sont pas près de disparaître.
J'adore les calculs et les conjectures arithmétiques de mon compère Patrick pour essayer de trouver un sens au résultat de dimanche dernier. Je reconnais bien là le financier et hommes de chiffres qu'il est. Mais les choses sont beaucoup plus simples.
. Royal est normalement populaire. Elle portait simplement les espoirs de la gauche et du PS finalement aussi. Dans une élection présidentielle à deux tours où seuls les deux meilleurs restent en lice, a fortiori ces deux là, le résultat était inexorable. Il était impossible qu'elle n'obtînt que 43 ou 44%.
. Sarkozy a normalement gagné. Son succès n'est ni plus ni moins le reflet logique du paysage droite gauche 55-45. Cela étant, son talent est grand, quand on se remémore les sondages favorables à Royal de septembre-octobre 2006. Il a su contrer un mouvement en redonnant lustre aux vraies valeurs libérales.
Toujours deux blocs
Le résultat est donc en parfaite cohérence avec ce qu'est l'électorat français. A la lumière de cette élection, il y a cependant deux choses fondamentales à souligner :
1. L'écrasement complet des extrêmes, à gauche comme à droite. Une bonne partie du peuple semble enfin avoir acquis une certaine sagesse politique, en comprenant que cela ne menait à rien de manifester ces humeurs de cette façon.
2. La naissance de l'idée démocrate sociale (ou sociale démocrate) très maladroitement tentée par Royal, mais habilement portée par l'opportuniste Bayrou.
Un centre n'émergera jamais.
Ce n'est pas ce que les Français souhaitent et cela tombe bien ! Ce n'est pas ce dont la France a besoin.
Certes, une recomposition politique est en cours. Elle sera toujours constituée de deux grands blocs, mais avec une énorme différence : le PS d'Epinay 71 et l'union des gauches sont définitivement morts.
Qui sera le grand vainqueur de cette recomposition, il est trop tôt pour le dire. Bayrou ? Strauss-Kahn ? Royal ?
La France pourra enfin envisager l'alternance dans la sérénité, sans que les nouvelles majorités viennent annuler ou détruire ce que leurs prédécesseurs ont fait. Nous ressemblerons en cela aux démocraties anglo-saxonnes. En Europe, cela n'est pas pour autant un gage de performance. On voit ce que si passe en Italie ou en Allemagne. Les unions électorales de circonstances aboutissent à des gouvernements sans cesse entraver dans leurs prises de décisions. Je rappelle par exemple que le grand projet d'Angela Merkel sur la réforme de la sécurité sociale a échoué à cause de cela.
Une vraie recomposition n'est pas pour juin 2007
Une chose me paraît être acquise. Ce nouveau parti devrait être difficilement opérationnel pour le premier tour des législatives du 10 juin prochain. Les choses ne pourront se faire qu'après, même si Bayrou tente le coup. Et si le PS se déchirait dès maintenant, nous aurions droit à une belle chambre bleu horizon.
C'est bien pour gouverner. C'est inquiétant pour la paix sociale nécessaire à une application harmonieuse des réformes.