LE JOURNAL DES PRESIDENTIELLES - On y est presque - Le deuxieme tour deja lance.
Enfin nous y voilà !Sans grand intérêt sur le plan du contenu, nous avons l’impression que les candidats ont tout dit.
Un peu tristounettes compte tenue des règles officielles de temps de parole qui par hypothèse interdisait aux candidats de pouvoir se livrer. Un temps limite ne peut qu’entraîner des propos généralistes et schématiques.
Nous sommes finalement content, en tout cas Bon Appétit Messieurs, d’aller aux urnes pour en finir.
Moins que jamais d’ailleurs car cette semaine nous a déjà projeté curieusement dans le deuxième tour.
Le rapprochement éventuel Bayrou – Royal, et la conversion tardive mais subite de Sarkozy a la proportionnelle (a petite dose rappelons le).
Ces deux événements politico-mediatiques de la semaine révèlent en fait les mêmes enjeux : les voix captées au premier tour par Bayrou.
Nous vous l’avions annoncé depuis longtemps, les voix du Président de l’UDF vont valoir cher. Très cher.
Pour des commodités de lecture, nous allons séparer notre propos en deux articles
Dans l'immediat nous allons revenir sur
L’opération prévisible et prévue Rocard – Kouchner ne fait que révéler au grand jour un problème de fonds.
Ségolène Royal ne dépasse pas 48 % dans les sondages depuis deux mois.
Forte des 40 % de « toute la gauche » au premier tour elle n’arrive pas a récupérer manifestement plus de 8 % chez Bayrou.
Les 8 % d’électeurs « de gauche » qui de l’avis général sont venus renforcer le poids électoral du Président de l’UDF.
Nous vous l’annoncions depuis longtemps à tel point que nous avions fini par penser qu’elle n’arriverait plus.
Le PS et son chef Hollande ont beau jeu de verrouiller et c'est ce qu'ils ont fait relativement facilement
Rocard et Kouchner au delà des arrières pensées politiciennes, ne font que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
Pour l’éviter il lui faut récupérer massivement les voix de Bayrou bien au delà de ces 8%...
Evidemment parler de Bayrou comme un enjeu, c’est déjà considérer qu’il ne sera pas au second tour.
Notre pronostic est qu’il n’y sera pas. Et de loin.
Sur ce point restons lucides par rapport a l'intoxication, assez phenomenale d'ailleurs de la presse.
Enfin 15 ou 16 ou 17% c'est un ordre de grandeur......
L'attitude de certains journaux est inouie!
Il font des titres pour un point de variation dans les sondages, colportent des rumeurs, parlent " d'enorme surprise", ressorte le spectre Le Pen, c'est absolument phenomenal...
Nous ne croyons evidemment pas une seconde a ce cirque honteux.
Bayrou ne sera pas au deuxieme tour, nous prenons le risque de le repeter.
J’entends déjà certains me dire comme je l’ai déjà entendu, qu’il fasse 15 ou 20 % cela ne change rien des lors qu’il n’est pas au deuxième tour.
Pour lui personnellement ca change un peu , mais dans tous les cas de figure c’est un formidable succès. Partir de 6 % et finir au double ou triple reste une performance qui n’était même pas imaginable il y a 4 mois.
D’un point de vue politique, c’est très différent.
Plus le score de Bayrou sera important, plus Ségolène Royal aura dans ses électeurs des réserves de voix.
Bayrou, quels que furent ses scores dans les sondages (entre 14 et 21 %) n’à quasiment jamais affecte Sarkozy qui est toujours reste étonnamment stable (autour de 28 %).
Il n’est donc pas douteux que les électeurs « en renfort » de Bayrou sont des électeurs de gauche.
Peuvent-ils revenir chez Ségolène au premier et surtout au deuxième tour, telle est la question ?
Pour autant l’électorat de base de Bayrou, celui d’origine pourrait-on dire, est sans doute pour une large part acquis à Sarkozy au deuxième tour.
Partant de ses 28 % Sarkozy navigue depuis deux mois entre 52 et 54 % au deuxième tour.
Ce « gain » de près de 25 % par rapport à son score du premier tour se fait clairement sur Le Pen et Bayrou.
De Le Pen , c'est un fait connu, Sarkozy recupere les 3/4 des voix. C'est a dire a peu pres 12%
Nous pouvons donc considérer que les 10 % ou 12% complementaires viennent de chez Bayrou. Ces electeurs la, on peut imaginer sans trop de tromper que ce sont les electeurs d'origine de Bayrou. Ceux qui constituaient son socle de depart.
D'une certaine facon l'electorat UDF. Qui manifestement vont vers Sarko au deuxieme tour.
Cette tendance « politiquement naturelle » de report de voix peut conduire Sarkozy a être très prudent dans ses négociations.
Autrement dit pourquoi lâcher beaucoup à Bayrou pour obtenir les 10 % dont j’ai besoin, quand je suis a peu près sûr de les avoir sans rien faire ?
Réponse de Bon Appetit Messieurs..pour éviter que Bayrou donne des consignes de vote a gauche, en s'accoquinant avec Royal.
Nous avons beaucoup répète ici que les relations entre Sarkozy et Bayrou nous paraissaient mauvaises.
De sorte que nous voyons mal un rapprochement spectaculaire (c’est a dire un désistement) Sarkozy – Bayrou.
Sarkozy ne voudra pas dépasser certaines limites dans la negociation et honnêtement je crois que Bayrou ne peut plus le faire.
Un désistement entre les deux tours le ridiculiserait et qui plus est pourrait fortement agacer des électeurs se sentant ainsi trompés.
De sorte que Bayrou s’est enfermé un peu tout seul dans une position « d’arbitre sans consigne de vote ».
Il n’en demande sans doute pas plus (voir plus haut) son seul souci est d’éviter le rapprochement Bayrou – Royal.
Pour celà il peut certes compter sur notre ami Hollande qui fera tout pour l’éviter, et aussi sur la pression des 10 / 12 % d’extrême gauche dont Royal a desesperement besoin.
Et sur sa capacité et sa volonté a donner a Bayrou les gages qu’il attend, ou en tout cas quelques uns....
Proportionnelle, cumul des mandats, engagement sur la dette, exonération de charges sociales sur les futurs emplois, avantages fiscaux et économiques pour les petites entreprises (Small business Act…)
Par parenthese , il s’agit la des points faibles a nos yeux de son programme....
Ce qui veut dire qu'titre personnel nous ne serions donc pas catastrophes le moins du monde de voir Sarkozy lâcher, évoluer (peut importe les mots) et obtenir de Bayrou une « bienveillante neutralité ».
En contrepartie par exemple de quelques circonscriptions pour une trentaine de députés UDF.
Bayrou nous la joue « le têtu du Béarn » et se rapproche de Ségolène ou d’une partie du P.S.
Pas dans l’optique des législatives de Juin prochain mais dans l’optique de celles de 2012.
Avec de la proportionnelle (personne ne l’évitera) et un éclatement du P.S que Rocard, Kouchner, Allègre et Strauss-Kahn auront entérine non obstant l’énergie de tonton François, Bayrou construit l'avenir d'un parti reellement independant des deux blocs .
Scénario moins gai pour Sarkozy car cela voudrait dire qu’il perd son temps a essayer de « raccrocher les wagons » avec Bayrou car celui-ci pense qu’il n’y a pas intérêt, que cela n’est pas sa stratégie a long terme et donc que Bayrou n’y est pas décide, quel que soit ce que Sarkozy lâche.
Celui d’un Bayrou ayant deja pris sa decision de rompre totalement avec l'UMP en privilegiant le long terme.
En tout cas scénario helasplausible qui favoriserait du coup le rapprochement Bayrou – Ségolène.
Chacun comprend que l’on est dans un jeu subtil et un peu pervers qui est classique dans une élection française.
Seul Chirac avec Le Pen n’a jamais voulu le comprendre, ce qui a amène la gauche au pouvoir la plupart du temps depuis 30 ans…......
Toujours est-il que tous ces scénarios montrent que si Bayrou fait 15 ou 20 % cela n’est pas pareil.
15 % ? il a fait une belle campagne . Il existe pour 2012 mais il n’a pas empêche Ségolène de faire 26 ou 27 % et donc elle n’a pas besoin de lui.
Dans cette hypothèse la majorité des électeurs de Bayrou sont des vrais UDF et elle a plus à perdre sur sa gauche qu’à gagner sur sa droite.
L’opération Rocard – Kouchner fera long feu et Sarkozy gagne dans un fauteuil.
Ségolène de ce fait 23, 24 % et elle a un souci.