La discussion est toujours un gisement de vérités

Publié le par Philippe Dermagne

Que les lecteurs de BAM ne s'inquiètent pas. Entre Patrick Gouverneur et votre serviteur, cela fait plus de 20 ans que nous discutons à refaire le monde. Si nous étions toujours d'accord, cela ne serait pas drôle.

Le plus amusant est que nous sommes d'accord, puisque notre préférence électorale n'est un secret pour personne. Finalement, nos opinions divergent non sur les décisions à prendre pour parvenir à redresser la France, mais sur la stratégie des campagnes menées par les candidats.

Tout vient à point qui sait attendre

J'ai par exemple regardé "Mots Croisés", l'émission animée par Yves Calvi sur France 2. Excellent et de bon niveau avec un journaliste pugnace, n'hésitant pas à répéter ses questions lorsqu'elles étaient éludées, impertinent lorsque cela s'imposait. La qualité de l'information délivrée s'en ressent immédiatement et le niveau s'élève de façon quasi arithmétique.

Au fur et à mesure de l'avancement de la campagne, nous aurons un nombre croissant d'émissions de ce type.

Mais revenons sur 2 points précis...

1. Que dit le programme du PS sur les hauts revenus et la fiscalité ?

"…Nous reviendrons sur les réductions d’impôt accordées depuis 2002 aux hauts revenus…"

Tel est le texte précis du programme du PS (PARTIE 1, § B. Le pouvoir d’achat stimulé).

Désolé Patrick, mais le programme du PS ne précise nullement ce qu'est un haut revenu. Tu affirmes que c'est en "toute lettre" dans le texte, ce n'est pas exact.

2. La représentativité à l'Assemblée Nationale

De mon point de vue, avec le PC, l'extrême gauche est représenté au Parlement, car les différences entre ce parti et par exemple la LCR sont plus qu'infimes. Cela étant, il existe effectivement un différentiel entre les 10 à 12% de l'électorat et le nombre d'élus à l'Assemblée Nationale (3,6%) ou au Sénat (6,3%).

Mais il ne faut pas oublier que la proportionnelle chère à Patrick est déjà beaucoup plus conforme dans les territoires et les municipalités. Le jacobinisme est nettement plus faible sur le plan local.

Je rappelle par exemple que 20 régions sur 22 sont entre les mains de la gauche et de l'extrême gauche, soit 90% !

Finalement, il m'apparaît que seuls les quelques 10 à 12% de l'extrême droite sont réellement exclus du paysage des élus nationaux. Mais entre nous 70 à 80% d'entre eux ne sont-ils pas vraisemblablement satisfaits de voter Sarkozy au second tour ?

Enfin, la communication sur les programmes.

Il est vrai que le détail des actions et des décisions des candidats n'envahit pas les grands médias, pour ne pas la nommer surtout à la télévision. Quand on écoute attentivement les radios, les choses changent déjà et les candidats se dévoilent sensiblement plus.

Mais d'une part, comme je le dis ci-dessus, les choses vont nécessairement évoluer dans le bon sens et, d'autre part, il suffit de lire la presse ( toute la presse, en abandonnant internet) pour avoir des idées définitivement plus précises.

Quelques exemples sur des sujets importants :

. Sur l'Université, il est clair que Sarkozy leur donnera plus d'indépendance et plus de latitude pour signer des accords de partenariat avec le monde des entreprises.

. Sur la BCE, il est clair que Royal souhaite une évolution de son statut et de sa mission.

. Sur la relance de l'économie, il est clair que Bayrou l'a fonde en grande partie sur la création de 2 emplois exonérés de charges durant 5 ans.

L'information est disponible et accessible, mais on ne fait pas le bonheur d'un peuple et on ne fixe pas son niveau de culture politique malgré lui.

Nous pouvons par exemple regretter que les institutions ne soient pas plus au cœur des débats (notamment le mandat unique des Députés), mais on ne peut tout de même pas forcer les Français à trouver cela passionnant et leur demander de devenir tous des Prix Nobel d'économie.

Enfin, il ne faut pas faire un procès d'intentions aux candidats sous prétexte que leurs prédécesseurs n'ont pas tenu leurs promesses.

Je crois authentiquement que les temps ont changé. La France les attendra au tournant.

Voilà de mon point de vue la révolution qui est en cours, mais on ne le sait pas encore.

 

 

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Publié dans Politique

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P
Nous sommes d'accord Bernard
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B
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