LA CAMPAGNE EN QUESTION - 4
Dans le 3eme volet de La Campagne en Question, mon petit camarade Philippe Dermagne évoque différents points qui me donnent l’occasion de certaines clarifications finalement bienvenues.
Il indique notamment qu’un certain nombre de réponses aux questions ou d’interrogations dont nous faisons l’écho plusieurs semaines figurent en bonne place dans le programme de l’UMP.
1 – Contrairement a ce qu’il suggère perfidement, j’ai lu avec attention le programme de l’UMP de même que celui de l’UDF ainsi que celui du Parti Socialiste.
2 – Le programme de l’UMP a dire vrai, comme celui du P.S d'ailleurs ne m’intéresse pas plus que cela. Pour une raison fort simple, nous sommes dans une élection présidentielle, pas dans une élection législative. En tout cas, pas encore.
Une élection présidentielle est la relation d’un homme face à un peuple. Pas celle d’un parti. Le projet qui doit nous intéresser, c’est celui du candidat pas de son parti d’origine.
3 – Philippe avec lequel nos partageons depuis de longues années des engagements et des convictions politiques communes me désarçonne un peu par sa « naïveté », dans le cas présent.
Ses cheveux blancs… qu'il n'a pas d'ailleurs ....et sa longue connaissance de la politique devraient pourtant l’avoir echaude au long des années, lui donnant ainsi un certain recul.
Nous souffrons depuis 25 ans, entre autres, du fait que les hommes politiques ont été incapables de tenir un minimum de leurs promesses.
Nous l’avons largement évoque ici comme ailleurs, et plus personne me semble-t-il ne le conteste vraiment.
Les trois grands candidats de cette élection on tous les trois dit qu’ils souhaitaient mettre fin a ces pratiques et redorer le blason de la politique et la crédibilité de ses leaders.
Mais, à Bon Appétit Messieurs, nous nous comportons comme des chiens de garde.
Car si nous sommes séduits par le discours, nous restons lucides et vigilants.
Mais de la à considérer les candidats comme comptable de promesses qu’ils n’ont pas faites, c’est un pas que nous ne franchissons pas. N’exagérons pas tout de même…..
Par conséquent considérer Sarkozy comme « engage » par le programme de l’UMP, c’est au mieux de l’angélisme, au pire de la mauvaise foi si cela venait d’un électeur socialiste.
Ségolène est-elle engagee par la proposition de Hollande d’augmenter les impôts sur le revenu au delà des 4000 euros par mois ?
Par conséquent tant que Nicolas Sarkozy n’a pas pris personnellement position sur un sujet, je considère que je ne connais pas sa position et qu’il n’est en aucun cas « engage ».
Concluons sur le sujet en disant qu’il a assez d’espace médiatique pour préciser ses positions quand il le souhaite.
Nous n’avons pas a aller sur son web site (façon John Kerry…..) pour savoir ce qu’il pense.
C’est à lui de nous les indiquer….en faisant campagne justement.
D’ailleurs quand on y va, on y parle bien du programme de Nicolas Sarkozy et non du programme de L’UMP.
4 – J’estime pour ma part qu’il est extrêmement agaçant qu’après 4 mois de campagne justement, il reste un certain nombre de sujets sur lesquels sa position ou ses projets sont flous, voire ambigus.
Depuis désormais deux mois nous réclamons de la clarté sur la Défense Nationale, l’Education et plus précisément l’Ecole et les Institutions politiques.
Je ne suis personnellement pas très emballe (merci a ma chère copine Alliot- Marie…), mais c’est fait.
Pour les deux autres sujets, il ne faut pas être un grand expert politique pour deviner précisément que si il n’a pas cru bon de clarifier ses positions, c’est qu’il est très embarrasse.
L’ Ecole est un sujet électoralement explosif, et il l’évite soigneusement.
Mais ils se trouvent figurez vous que ça me gene moins de la part de ses compétiteurs, tout simplement parce qu’ils m’intéressent moins…….
Quant aux Institutions Politiques la raison pour laquelle il n’en parle pas c’est très exactement parce que la position de son Parti est archaïque et a contre courant, et qu’il sait qu’il doit s’en démarquer, et prendre ses distances..
Voilà la raison pour laquelle il évite le sujet et voilà précisément la raison pour laquelle, nous, nous voudrions l’entendre.
Il est clair que si Bon Appétit Messieurs faisait partie des journalistes sélectionnes pour l’interrogatoire, il aurait répondu depuis longtemps.
Il a de la chance d’avoir pu parler jusqu'à présent comme les autres de ce dont il a envie. Tant mieux pour lui.
A cet egard la facon dont il a ete interviewe par Elkabach sur Europe1 hier etait proprement irreelle!
D’ailleurs je prends ici un pari. Allez un de plus.
Il le fera et il prendra position pour l’instauration d’une dose de proportionnelle à défaut de l’interdiction formelle du cumul des mandats.
Or le sujet est inversement proportionnel dans la campagne a son importance.
Chômage des jeunes records, échec scolaire structurel, illettrisme, violence, abandon des valeurs, sans parler de l’identité nationale, excusez du peu.
On pourrait ajouter qu’il s’agit, et de loin du premier budget de la Nation. Et tout le monde fuit.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il vaut mieux qu’il reste discret sur le sujet…
Elle a dit une fois qu’elle voulait faire travailler les profs 35 h par semaine…..depuis ils votent Bayrou !
Sarko justement est le seul qui puisse dire tout haut ce que beaucoup pense tout bas.
Il l’a fait sur l’immigration, c’est tout de même malheureux qu’il ne le fasse pas sur l’Ecole, par tactique électorale.
Mais j’ai l’impression cela dit, que lui comme les autres vont être rattrapes par le débat.
Je serais vraiment étonne (et effondre quelque part..) si les medias ne sortaient pas le sujet dans les 27 jours qui viennent….
Mais a Philippe et a ceux qui pensent qu’il s’agit la d’un dada personnel auquel j’attache trop d’importance, je répondrais ceci.
Le symbole d’une France dont la démocratie ne s’honore pas.
Cree dans des circonstances particulières par un homme particulier, notre système est aujourd’hui indigne d’une démocratie moderne.
Il est aussi le symbole d’une certaine façon de faire de la politique.
D’une politique élitiste, méprisante, et combinarde qui privilégie les intérêts des partis, en particulier financiers au détriment de l’intérêt général du pays.
Alors quand on veut rompre avec une certaine idée de la politique, on le fait !
Quand on veut mettre en adéquation les mots avec les faits, on le fait !
Quand on prétend « rassembler », ou « être le Président de tout les français », on ne commence pas par exclure par principe 25 ou 30 % de la population sous des prétextes de terrorisme intellectuel, en même temps qu’on tolère, voire encourage l’existence de 22 députés et 100 sénateurs pour le PC qui fait…3% des voix.
Et leurs leaders avec. Quand bien même ils étaient parmi les rares à s’y être oppose au départ. François Mitterrand pour ne pas le nommer !
Mais aujourd’hui les co-coupables et complices, en l’espèce l’UDF et le PS reconnaissent que ça ne plus durer, et sont conscients qu’il faut en finir.
Comment peut-on prétendre « faire de la politique autrement » ou « réconcilier les français avec la politique » sans en changer les règles qui sont la cause de ce résultat ?
C’est la seule façon d’avoir des parlementaires impliques, compétents, et assurant de ce fait un réel contre pouvoir.
Quant a une dose proportionnelle, c’est la seule façon a termes de diminuer une des gangrène française qu’est la dictature de la rue.
Alors oui ça ne sera pas de fait applique avant 2012 ( encore que…), mais c’est pas pour cela que le futur probable Président ne doive pas prendre des engagements forts et symboliques de tourner la page.
Le père spirituel de la rupture serait le seul, envers et contre le 11 autres à s’opposer à la proportionnelle et au cumul des mandats ?
J’ai dit depuis longtemps que ce point et quelques autres fera l’objet de sa « nego » avec Bayrou entre les deux tours. Je souhaiterais qu’il le fasse avec enthousiasme et conviction et non que cela lui soit « arrache » par Bayrou le moment venu.
Philippe nous dit que l’UMP est contre ces deux reformes clef sans lesquels de mon point de vue tous les « projets » ne sont que démagogie et tromperie.
Cela fait 20 ans qu’ils ont contribue (avec les autres) à cette pantalonnade de vie démocratique qui exaspère au mieux, et dégoûte au pire les français de la politique.
Nous avons démontre dans tous les articles sur les Institutions que sans interdiction totale et formelle du cumul des mandats c’est une fumisterie.
Les parlementaires ne feront jamais un boulot correct si ils ont autre chose à faire.
Sarkozy, le moment venu, ne pourra pas, face aux français quand il sera enfin interroge sur le sujet, défendre le fait que 25 ou 30 % des français sont exclus de la vie démocratique et que c’est normal.
Que dès que les cameras de télévision sont parties, l’hemycicle est peuple de 5 pèlerins qui lisent l’Equipe, et que c’est normal..
C’est cela la rupture ; rompre avec les archaïsmes et mettre fin au scandale.
Toute hypothèse contraire serait un coup de canif terrible dans sa crédibilité, je ne vois pas comment il pourrait gérer cette contradiction.