LA CAMPAGNE EN QUESTION - 4

Publié le par Patrick Gouverneur

Dans le 3eme volet de La Campagne en Question, mon petit camarade Philippe Dermagne évoque différents points qui me donnent l’occasion de certaines clarifications finalement bienvenues.

Il indique notamment qu’un certain nombre de réponses aux questions ou d’interrogations dont nous faisons l’écho plusieurs semaines figurent en bonne place dans le programme de l’UMP.

Je ne peux cacher que l’argument m’a fait bondir.

1 – Contrairement a ce qu’il suggère perfidement, j’ai lu avec attention le programme de l’UMP de même que celui de l’UDF ainsi que celui du Parti Socialiste.

Je ne suis pas sur que l’on soit si nombreux à l’avoir fait.…

2 – Le programme de l’UMP a dire vrai, comme celui du P.S d'ailleurs ne m’intéresse pas plus que cela. Pour une raison fort simple, nous sommes dans une élection présidentielle, pas dans une élection législative. En tout cas, pas encore.

Une élection présidentielle est la relation d’un homme face à un peuple. Pas celle d’un parti. Le projet qui doit nous intéresser, c’est celui du candidat pas de son parti d’origine.

3 – Philippe avec lequel nos partageons depuis de longues années des engagements et des convictions politiques communes me désarçonne un peu par sa « naïveté », dans le cas présent.

Ses cheveux blancs… qu'il n'a pas d'ailleurs ....et sa longue connaissance de la politique devraient pourtant l’avoir echaude au long des années, lui donnant ainsi un certain recul.

Enfin tout de même !

Nous souffrons depuis 25 ans, entre autres, du fait que les hommes politiques ont été incapables de tenir un minimum de leurs promesses.

Nous l’avons largement évoque ici comme ailleurs, et plus personne me semble-t-il ne le conteste vraiment.

Les trois grands candidats de cette élection on tous les trois dit qu’ils souhaitaient mettre fin a ces pratiques et redorer le blason de la politique et la crédibilité de ses leaders.

Nous en avons accepté l’augure avec enthousiasme.

Mais, à Bon Appétit Messieurs, nous nous comportons comme des chiens de garde.

Les promesses ont été notées et nous vérifierons si elles sont tenues.

Car si nous sommes séduits par le discours, nous restons lucides et vigilants.

Mais de la à considérer les candidats comme comptable de promesses qu’ils n’ont pas faites, c’est un pas que nous ne franchissons pas. N’exagérons pas tout de même…..

Cela n’est pas notre genre !
Contentons nous de les tenir comptables de celles qu’ils font.
C’est déjà pas mal.

Par conséquent considérer Sarkozy comme « engage » par le programme de l’UMP, c’est au mieux de l’angélisme, au pire de la mauvaise foi si cela venait d’un électeur socialiste.

Ségolène est-elle engagee par la proposition de Hollande d’augmenter les impôts sur le revenu au delà des 4000 euros par mois ?

Non, elle a même clairement pris ses distances.
Merci François au passage ! Car quand même ce jour la, il  a très probablement fait gagner Sarkozy….
Elle a tous cas pris ses distances clairement sur le sujet comme sur d’autres.
Bayrou en fait de même et c’est normal.
Car c’est l’esprit même d’une élection présidentielle.
Confronter des projets individuels pour le pays.

Par conséquent tant que Nicolas Sarkozy n’a pas pris personnellement position sur un sujet, je considère que je ne connais pas sa position et qu’il n’est en aucun cas « engage ».

Concluons sur le sujet en disant qu’il a assez d’espace médiatique pour préciser ses positions quand il le souhaite.

Nous n’avons pas a aller sur son web site (façon John Kerry…..) pour savoir ce qu’il pense.

C’est à lui de nous les indiquer….en faisant campagne justement.

D’ailleurs quand on y va, on y parle bien du programme de Nicolas Sarkozy et non du programme de L’UMP.

 

4 – J’estime pour ma part qu’il est  extrêmement agaçant qu’après  4 mois de campagne justement, il reste un certain nombre de sujets sur lesquels sa position ou ses projets sont flous, voire ambigus.

Depuis désormais deux mois nous réclamons de la clarté sur la Défense Nationale, l’Education et plus précisément l’Ecole et les Institutions politiques.

Pour la Défense Nationale, c’est fait.

Je ne suis personnellement pas très emballe (merci a ma chère copine Alliot- Marie…), mais c’est fait.

Des lors que les choses sont claires, chacun se forge une opinion.

Pour les deux autres sujets, il ne faut pas être un grand expert politique pour deviner précisément que si il n’a pas cru bon de clarifier ses positions, c’est qu’il est très embarrasse.

Et pour cause !

L’ Ecole est un sujet électoralement explosif, et il l’évite soigneusement.

Comme ses concurrents d’ailleurs, et pour les mêmes raisons.

Mais ils se trouvent figurez vous que ça me gene moins de la part de ses compétiteurs, tout simplement parce qu’ils m’intéressent moins…….

C’est tout aussi choquant, mais c’est lui qui m’intéresse !

Quant aux Institutions Politiques la raison pour laquelle il n’en parle pas c’est très exactement parce que la position de son Parti est archaïque et a contre courant, et qu’il sait qu’il doit s’en démarquer, et prendre ses distances..

Voilà la raison pour laquelle il évite le sujet et voilà précisément la raison pour laquelle, nous, nous voudrions l’entendre.

Car nous voudrions entendre que ce n’est pas sa position personnelle.

Il est clair que si Bon Appétit Messieurs faisait partie des journalistes sélectionnes pour l’interrogatoire, il aurait répondu depuis longtemps.

Pour une raison simple, nous lui aurions demande.
Et même deux fois si il avait élude la réponse.

Il a de la chance d’avoir pu parler jusqu'à présent comme les autres de ce dont il a envie. Tant mieux pour lui.

A cet egard la facon dont il a ete interviewe par Elkabach sur Europe1 hier etait proprement irreelle!

Mais cela ne durera pas. En particulier au deuxième tour.

D’ailleurs je prends ici un pari. Allez un de plus.

Il le fera et il prendra position pour l’instauration d’une dose de proportionnelle à défaut de l’interdiction formelle du cumul des mandats.

Tôt ou tard, il le fera, car il y sera contraint
 
Alors ces précisions et mises au point étant faites, il reste l’essentiel.
 
5 – Le problème de fond.
L’importance de l’Ecole n’est même pas à expliquer….

Or le sujet est inversement proportionnel dans la campagne a son importance.

Chômage des jeunes records, échec scolaire structurel, illettrisme, violence, abandon des valeurs, sans parler de l’identité nationale, excusez du peu.

On pourrait ajouter qu’il s’agit, et de loin du premier budget de la Nation. Et tout le monde fuit.

Courageusement.
Bayrou, on sait pourquoi.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il vaut mieux qu’il reste discret sur le sujet…

Royal ? Elle est coincée.

Elle a dit une fois qu’elle voulait faire travailler les profs 35 h par semaine…..depuis ils votent Bayrou !

Sarko justement est le seul qui puisse dire tout haut ce que beaucoup pense tout bas.

Il l’a fait sur l’immigration, c’est tout de même malheureux qu’il ne le fasse pas sur l’Ecole, par tactique électorale.

Mais j’ai l’impression cela dit, que lui comme les autres vont être rattrapes par le débat.

Je serais vraiment étonne (et effondre quelque part..) si les medias ne sortaient pas le sujet dans les 27 jours qui viennent….

 
Les Institutions politiques
C’est autre chose.
Il est clair que ça n’est pas la préoccupation du plus grand nombre.

Mais a Philippe et a ceux qui pensent qu’il s’agit la d’un dada personnel auquel j’attache trop d’importance, je répondrais ceci.

C’est un dossier plus essentiel qu’il n’y paraît.
 
D’abord c’est un symbole
Et sur 4 points essentiels.

Le symbole d’une France dont la démocratie ne s’honore pas.

Cree dans des circonstances particulières par un homme particulier, notre système est aujourd’hui indigne d’une démocratie moderne.

Il est aussi le symbole d’une certaine façon de faire de la politique.

D’une politique élitiste, méprisante, et combinarde qui privilégie les intérêts des partis, en particulier financiers au détriment de l’intérêt général du pays.

Le symbole de cette classe politique qui aujourd’hui massivement rejetée.

Alors quand on veut rompre avec une certaine idée de la politique, on le fait !

Quand on veut mettre en adéquation les mots avec les faits, on le fait !

Quand on prétend  « rassembler », ou « être le Président de tout les français », on ne commence pas par exclure par principe 25 ou 30 % de la population sous des prétextes de terrorisme intellectuel, en même temps qu’on tolère, voire encourage l’existence de 22 députés et 100 sénateurs pour le PC qui fait…3% des voix.

C’est enfin le symbole de la rupture justement.
C’est vrai que tous les partis sont coupables d’avoir fait perdurer le système.

Et leurs leaders avec. Quand bien même ils étaient parmi les rares à s’y être oppose au départ. François Mitterrand pour ne pas le nommer !

Mais aujourd’hui les co-coupables et complices, en l’espèce l’UDF et le PS reconnaissent que ça ne plus durer, et sont conscients qu’il faut en finir.

Et ils ont le courage de le dire
 
Ensuite c’est le cœur du système

Comment peut-on prétendre «  faire de la politique autrement » ou «  réconcilier les français avec la politique » sans en changer les règles qui sont la cause de ce résultat ?

De ce point de vue l’interdiction du cumul des mandats est incontournable.

C’est la seule façon d’avoir des parlementaires impliques, compétents, et assurant de ce fait un réel contre pouvoir.

Quant a une dose proportionnelle, c’est la seule façon a termes de diminuer une des gangrène française qu’est la dictature de la rue.

Alors oui ça ne sera pas de fait applique avant 2012 ( encore que…), mais c’est pas pour cela que le futur probable Président ne doive pas prendre des engagements forts et symboliques de tourner la page.

 
Enfin, c’est une clef politique
 

Le père spirituel de la rupture serait le seul, envers et contre le 11 autres à s’opposer à la proportionnelle et au cumul des mandats ?

Le seul ?
C’est une position intenable.

J’ai dit depuis longtemps que ce point et quelques autres fera l’objet de sa « nego » avec Bayrou entre les deux tours. Je souhaiterais qu’il le fasse avec enthousiasme et conviction et non que cela lui soit « arrache » par Bayrou le moment venu.

Philippe nous dit que l’UMP est contre ces deux reformes clef sans lesquels de mon point de vue tous les « projets » ne sont que démagogie et tromperie.

Le moins que l’on puisse dire c’est que cela n’est pas un scoop.
Cela fait 20 ans qu’ils sont contre.

Cela fait 20 ans qu’ils ont contribue (avec les autres) à cette pantalonnade de vie démocratique qui exaspère au mieux, et dégoûte au pire les français de la politique.

 Nous avons démontre dans tous les articles sur les Institutions que sans interdiction totale et formelle du cumul des mandats c’est une fumisterie.

Les parlementaires ne feront jamais un boulot correct si ils ont autre chose à faire.

C’est aussi simple que cela.

Sarkozy, le moment venu, ne pourra pas, face aux français quand il sera enfin interroge sur le sujet, défendre le fait que 25 ou 30 % des français sont exclus de la vie démocratique et que c’est normal.

Que dès que les cameras de télévision sont parties, l’hemycicle est peuple de 5 pèlerins qui lisent l’Equipe, et que c’est normal..

Et il ne pourra pas le défendre seul contre tous.

C’est cela la rupture ; rompre avec les archaïsmes et mettre fin au scandale.

C’est ce que l’on attend de celui qui en fait son cheval de bataille.

Toute hypothèse contraire serait un coup de canif terrible dans sa crédibilité, je ne vois pas comment il pourrait gérer cette contradiction.

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Publié dans Politique

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L
il est bouche votre copain ou c'est le beau-frere de Sarko?
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P
en reponse a Philippe Perie<br /> L'intervention "maladroite" , c'est un euphememisme de Hollande n'etait pas le moins du monde detachee du programme du PS. Au contraire.<br /> C'etait meme un rappel a la lettre du programme.Car cette mesure y figure en bonne place.Seul le seuil n'avait pas ete fixe precisement.<br /> La difference c'est qu'a ce jour, personne a lUMP n'a juge bon de faire des rappels a l'ordre a Sarkozy sur la lettre du programme. Ce qui prouve qu'il controle autrement mieux le parti que Royal.Ca on le savait<br /> Mais en meme temps il n'y a pas de raison, puisqu'il ne s'en est pas pas ecarte, en tout cas sur le sujet qui nous preoccuppe.<br /> C'est meme exactement ce que je lui demande.. sortir " des grandes lignes" pour aller vers la clarte et la precision<br /> merci de votre intervention
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B
Et bien mon cher Patrick, quand tu es en colère tu es brillant! On te retrouve.<br />  <br /> <br /> Bien tourne et bien pense.<br />  <br /> <br /> Il est vrai que sur l’éducation, c ‘est effrayant. Tu as complètement raison la dessus.<br />  <br /> <br /> Sur les reformes de la vie politique, les français ne s’y intéressent jamais curieusement au moment des présidentielles.<br />  <br /> <br /> Ils découvrent toujours après que c’est un système absurde. C’est comme ça depuis toujours ou presque.<br />  <br /> <br /> Et à chaque fois les politiques expliquent qu’ils le changeront …la prochaine fois.<br />  <br /> <br /> Sarko apparemment n’échappe pas à la règle.<br />  <br /> <br /> Mais c’est vrai aussi que les journalistes devraient un peu le mettre dans les cordes la dessus.<br />  <br /> <br /> Mais que veux-tu ? Ils s’intéressent qu’a ce qui intéresse les gens.<br />  <br />
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P
Pardonnez-moi Patrick, mais je ne vois pas le rapport entre le Programme législatif de l'UMP (cadre général du programme du candidat que vous le vouliez ou non) et la déclaration politicienne maladroite de Hollande totalement détachée du programme du PS. J'ai du mal à comprendre votre cheminement.<br /> Pourriez-vous le clarifier ? Et prétendez-vous qu'un programme législatif est totalement détaché des grandes lignes défendues par le candidat ?
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