LA CAMPAGNE EN QUESTION - 2
J’aime bien le titre choisi par mon petit camarade Philippe pour son dernier papier politique.
A tel point que je crois opportun de le conserver, et d’en faire une rubrique a part entière en complément du Journal des présidentielles.
A cote du Journal qui résume les événements de tous ordres de la semaine précédente, La campagne en question traitera plus précisément des problèmes de contenu.
Je voudrais donc ici prolonger les propos de mon camarade sur cet aspect de la campagne, qui va sans aucun doute nous occuper dans les dernières semaines qui nous restent avant le scrutin.
Il est clair que l’agacement et l’impatience que nous manifestons depuis désormais des semaines fait débat.
Ils montrent que les français sont souvent « déçus » de la campagne.
La déception est peut être d’autant plus grande que l’attente et l’intérêt sont forts.
Philippe Dermagne, sans aucun doute plus militant que je ne le suis, est largement plus indulgent que moi dans son diagnostic.
Pour ma part je n’échappe pas à l’analyse énoncée plus haut. Ma severite et ma déception personnelle sont largement la conséquence d’une attente très forte.
Je voyais en réalité cette campagne très bien partie à la fin 2006. Avec un Sarkozy offensif, chantre de la rupture, et une Ségolène s’émancipant des éléphants et des archaïsmes du P.S.
Entre temps, le troisième larron Bayrou est venu se joindre à la bataille.
Au point que pour tempérer quelque peu mes propos de ces dernières semaines, je dirais que la qualité des candidats est sans aucun doute supérieure a 95 et a 2002.
Lors des deux dernières élections tous les candidats en présence étaient des produits des années 8o.
Mais la qualité des hommes est une chose, le contenu de leur propos en est une autre.
Le cote général des propos du style « remettre la France au travail » ou bien
« gouverner autrement » et autres professions de foi ne sont guère contestables, mais nous laissent sur notre faim.
Sans parler « d’une France plus juste et à l’écoute des citoyens » qui ferait probablement 97% d’opinions favorables dans un sondage……..
Les 3 % restant étant ceux qui n’ont pas compris la question !
Ségolène par exemple botte en touche en déclarent « je donne les grandes orientations, les mesures techniques suivront ».
Car les grandes phrases, figurez vous que l’on en a soupé !
De la « France tranquille » a la « Fracture sociale », figurez vous qu’on a donne très chère. .
Pour autant j’entends bien les justifications avancées par Philippe et bien d’autres.
La technique en général, et les problèmes complexes qui te préoccupent, ces problèmes la, n’intéressent pas les français.
Que la Reforme des Institutions Politiques n’intéresse guere que Bon Appétit Messieurs et ses lecteurs, je le concède.
C’est d’ailleurs bien pour cela que Sarkozy n’en parle pas. Il le sait.
Tous les électeurs sont parents ou grands parents (ou même encore éleve pour certains...) de mômes qui sont a l’école.
Ils ne sont sans doute pas du même avis quant aux solutions, mais ils ont tous une idée sur la question.
Le débat sur le sujet, si il avait lieu ne peut que favoriser la réflexion des citoyens.
Tous les 5 ans (ce n’est quand même pas abuser) il est bon de poser les vrais enjeux et de susciter un débat national.
Or sur l’Education avec une majuscule, et plus précisément l’Ecole le silence est assourdissant.
Comme si les solutions, pourtant connues, et appliquées ailleurs, étaient électoralement explosives.
Oui elles le sont sans doute. Mais moins pour Sarko que pour d’autres…… alors profitons en que diable !
C’est complique, cela tourne rapidement a la querelle de chiffres et au bout d’un moment 90 % des auditeurs ou des téléspectateurs décrochent.
Parce que justement les chiffres sont ce qu’ils sont. Ils ne sont pas discutables et pas discutes.
D’ailleurs, en France on s’aperçoit que lorsqu’il y a débat entre économistes (des vrais) même de philosophie politique différente, personne ne discute les chiffres.
Des lors peut on en vouloir aux candidats de ne pas aborder ces sujets ?
Ils essaient de s’adresser au plus grand nombre. En outre ils n’ont pas de raison d’évoquer spontanément les sujets qui fâchent.
C’est normal m’objectera-t-on la presse n’écrit pas des articles, ou ne fait pas des émissions pour 10 % de gens.
Je sais bien que c’est le problème. Et je sais aussi que les contraintes économiques font que l’on ne peut pas leur demander de le faire.
Tout du moins les medias pourraient-ils faire un effort pour expliquer que ce n’est pas une querelle de « spécialistes ». C’est d’abord et avant tout par exemple la clef du chômage.
Tout du moins pourrait-on expliquer par exemple que sans une croissance de 2.5 %, le chômage ne diminuera jamais en France.
Que de surcroît il nous faudrait près de 3 % de croissance pour rattraper nos grands concurrents au plan international.
Ce qui pourrait a tout le moins mettre la pression sur nos candidats pour aborder de front les questions en cessant de dire par exemple « je vais créer emplois ».
Stupidité absolue dont on nous gave depuis près de 30 ans !
Une pression médiatique soutenue pourrait en revanche les amener à préciser que « l’économie française va créer des emplois » et cette grâce « a mes décisions ».
En clair, les medias pourraient et devraient faire comprendre aux français que l’économie, c’est le chômage.
Et le chômage, tous les sondages le prouvent, c’est la première préoccupation des français.
Peut-être que dans ces conditions, nos compatriotes retrouveraient-ils subitement un insert pour cette chose si compliquée qu’est l’économie.
En fait comme vous savez que nous aimons bien les métaphores, permettez moi d’utiliser celle ci.
La France est en cessation de paiement. De fait, si ce n’est réelle, car ses banquiers menacent de la lâcher a tout instant.
Le Président de la Compagnie France va au Tribunal de Commerce pour déposer le bilan (ce qu’une entreprise privée aurait fait depuis longtemps….) et se pressentent 3 candidats repreneurs.
Dans l’état actuel des informations en sa possession pensez vous qu’un Tribunal pourrait trancher ?
Même si un des candidats a indiscutablement sa préférence, suivez mon regard…..un homme dynamique, volontaire, brillant et expérimente, il y a fort a parier que le Tribunal convoquera en audience les différents candidats pour obtenir des précisions complémentaires.
Vous annoncez un investissement de 50 milliards d’euros qui vous permettra de rembourser 1200 milliards de dettes…
Quelles sont les décisions de gestion qui vous permettent d’envisager le retour à la rentabilité ?
Comment envisagez vous de faire travailler l’Assemblée de vos consultants qui ne font pas grand chose parce qu’ils font 4 jobs en même temps ?
Comment envisager vous de faire en sorte que toutes les tendances et toutes les sensibilités de vos actionnaires soient représentes ?
Nous pensons tout simplement qu’avec une véritable information, les salaries de la Compagnie France ils aimeraient bien avoir les réponses a ces questions parce que c’est leur job qui est en jeu. Et à partir du moment où ils l’ont compris, tout d’un coup ça devient important.