UNE ANALYSE QUI MERITE QUELQUES NUANCES
Le contenu du dernier article sur les Présidentielles consacré aux événements de la semaine dernière par mon acolyte rédactionnel mérite d'être quelques peu pondéré. Sur bien des points je ne suis pas de son avis…
D'abord à propos des scores de François Bayrou.
Si effectivement les sondages ne sont pas les urnes, il n'en demeure pas moins que la tendance depuis plusieurs semaines est claire et nette.
Peu importe que ce candidat soit à19,8 ou 23,4% des intentions de vote. Il faut simplement se rappeler qu'il était en dessous de 9% début janvier.
Quelle que soit la part - sûrement importante – de responsabilité des médias, la percée de Bayrou est spectaculaire et signifiante.
Il ne fera ni 13%, ni 35%, mais aux alentours de 20%, selon le niveau d'effondrement de Royal. Il ne faut pas oublier que celle-ci peut compter sur un socle dur socialiste que chacun situe à environ 25%. Pour cette raison et de mon point de vue, elle fera un score de cet ordre au 1er tour.
D'autre part, Bayrou prend pour l'instant plus de points à Sarkozy que ne l'imagine Patrick . Il existe une frange de gaullistes très agacés par le leader de l'UMP. Si cette population représente ne serait-ce que 10 ou 15% de l'électorat UMP, ceci n'est plus une conquête à la marge. Et cette marge peut faire une énorme différence dans les urnes.
Ensuite sur l'équilibre politique français
D'après la moyenne des derniers sondages, la France serait globalement à 65% au centre et à droite et à 35% à gauche.
D'après mon camarade, il serait impossible que le profil de la France ait à ce point évolué. Pas si sûr et je ne vois pas ce qui lui permet de l'affirmer avec autant de certitude. Outre que cela serait la seule bonne nouvelle, qu'une majorité de Français refuse le socialisme des années 80 est parfaitement plausible et une bascule tout à fait possible pour un temps…celui de la naissance d'une véritable nouvelle gauche à l'européenne, moins dogmatique, plus réaliste et plus consciente des évolutions du monde. Tous les socialistes allemands, anglais ou espagnols respireraient.
Dans son raisonnement sur les éléphants, Patrick oublie de citer des Jospin, Fabius ou autre Emmanuelli qui tous sont des poids lourds qui peuvent œuvrer en sous-sol.
Puis à propos du thème sur l'immigration.
En proposant un Ministère de l'Immigration et de l'identité nationale, Nicolas Sarkozy savait bien entendu qu'il allait faire quelques vagues. On peut contester le projet - ce qui n'est pas mon cas - mais sur le plan politique une chose est sûre : il a repris le leadership sur un sujet qui soulève la polémique.
Le Pen aura ses 500 signatures et Sarkozy le sait déjà. Je ne vois donc pas pourquoi il prendrait le soin d'imaginer l'hypothèse de l'absence de Le Pen au T1.
Enfin, sur les adieux du Président
Son annonce de dimanche devait s'adresser à tous les Français et non à son seul camp de l'UMP. Quitter cette fonction après 12 années d'exercice est un acte d'envergure nationale républicain.
Il donnera sa préférence à Nicolas Sarkozy dans un deuxième temps, peut-être même seulement entre les deux tours.
A cela deux raisons majeures :
- Il a créé l'UMP, c'est son camp politique
- Il ne brigue plus aucun mandat et il sait qu'un retour de la gauche avec ses 35 heures et des arcanes dogmatiques serait économiquement fatal à la France.
Alors que Patrick et moi sommes toujours d'accord sur le fond, c'est fou comme nos différences d'analyses sont parfois profondes. Intéressant et preuve que les colonnes de BAM sont ouvertes à la discussion.