LE PS FAIT UN PAS EN AVANT, UN PAS EN ARRIERE...ET TOURNE EN ROND
Comme toutes les fins d’été, le Parti Socialiste est de retour dans l’actualité.
Remarquez il n’est pas le seul puisque la tradition politique française veut que chaque fin de mois d’Aout les Partis préparent leur rentrée de classes… par une Université d’été.
Sorte de pré rentrée sur un weekend au cours duquel on prend de bonnes résolutions pour l’année scolaire qui commence.
Chaque Parti choisit son week end plusieurs mois a l’avance, en s’arrangeant quand même avec les collègues pour se préserver l’accès aux medias en ne choisissant pas le meme…, et début Septembre tout le monde a les cartables bien rangés, de nouveaux cahiers, des crayons de couleur et c’est parti !
Mais le P.S évidemment était particulièrement attendu.
Il faut dire que depuis des mois les observateurs et commentateurs, nous compris, ne se privent pas de faire le procès en médiocrité du Parti de Martine Aubry.
Absence de programme, créativité en panne, stratégies archaïques et d’un autre âge, querelles des chefs permanentes, les attendus sont connus de tous.
Et depuis des mois meme les socialistes eux-mêmes (en tout cas les plus lucides) en conviennent.
Apres l’épouvantable Congres de Reims et « l élection » (putsch ou coup de force serait plus juste comme on va l’apprendre très bientôt aves les révélations des magouilles anti Ségolène) de Martine Aubry, chacun était d’accord pour dire que le Parti a touché le fond et qu’il était grand temps de tourner la page du passé.
Promis, juré, craché l’Université d’été cru 2009 serait l’occasion du nouveau départ. Malheureusement l’espoir n’a fait pas vivre longtemps.
Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, et Arnaud Montebourg les « quadra » du Parti ne font manifestement pas confiance, et franchement on peut les comprendre, à Martine Aubry pour la rénovation du Parti.
Du coup, Vincent Peillon dans une espèce d’opération dissidence a organisé une Université bis une semaine « avant » la vraie.
Les promos deux pour le prix d’une c’est bien…. mais en politique désolé ce n’est pas top.
D’autant que Martine Aubry avait annoncé depuis un moment qu’elle fixerait la stratégie et les méthodes de travail du Parti pour les trois années à venir lors de l’Université du Parti , la vraie, l’officielle.
Dans la série peau de banane c’est pas mal de la part de Peillon , il a cassé son effet à Martine Aubry.
En réalité ce n’était pas son but.
Il cherchait autre chose.
Il a convié à sa petite sauterie Marielle de Sarnez du MODEM et Daniel Cohn-Bendit des Verts pour « discuter » des alliances électorales dans le futur.
Autant dire que dans son esprit la question n’est pas de savoir si un tel attelage a trois est souhaitable mais de savoir s’il est possible.
Autant dire également, que l’on a bien compris qu’elle était la réponse du joyeux trio… c’est oui.
Pour une raison très simple d’ailleurs c’est que comme dans leur esprit c’est souhaitable….c’est qu’elle est possible.
Comme chacun sait en politique il suffit de vouloir….
Le problème, c’est que cette question pour pertinente qu’elle soit, personne n’avait demandé a Vincent Paillon de la poser.
Il n’en avait ni la qualité, ni la délégation.
Cela ne l’a évidemment pas pour autant déranger de le faire puisque c’est la règle au P.S...
Les initiatives personnelles, par principe peu collectives donc inopportunes, et bien que régulièrement condamnées par la Direction sont monnaie courante.
Il n’y a même que cela…
Mais l’autre problème c’est que hélas pour Aubry la problématique posée par Peillon est des plus intéressantes.
Et de surcroit, il n’est pas le seul à la poser c’est le moins qu’on puisse dire.
Et pour cause c’est une bonne question n’en déplaise a Martine Aubry et ses amis.
Essayons si vous le voulez bien d’être à la fois honnête et logique.
Le P.S cherche à gagner l’élection Présidentielle.
Bon excusez moi mais quand on fait de la politique je ne vois pas ce qu’il y a de surprenant à chercher à gagner une élection majeure.
Singulièrement quand on les a systématiquement perdues depuis 1988…
Du coup se demander COMMENT GAGNER ne parait tout de meme pas indécent.
Et suggérer éventuellement que la stratégie d’alliance mise en place depuis 20 ans ne serait éventuellement plus la bonne, ne le parait pas non plus.
Car effectivement figurez vous, il y a au sein du P.S des dirigeants de plus en plus nombreux qui pensent que la strategie d’union de la Gauche, qui n’est rien d’autre en fait que la stratégie d’Union des Gauches… a fait son temps.
Ils sont de plus en plus nombreux a avoir réalisé que la sensibilité de Gauche en France représentait 48% des voix…. et que 48% cela n’a jamais fait 51%.
Ils l’ont compris finalement après tout le monde, et en tous cas apres Nicolas Sarkozy. Honnêtement, il n’y a pas besoin d’être titulaire d’une agrégation de Sciences Politiques pour savoir cela … une addition niveau CE1 suffira.
Sans l’aveuglement de Chirac, la Gauche aurait du le comprendre depuis longtemps. Pour certains, désormais c’est fait.
Mais le P.S déconsidéré dans l’opinion, aux idées floues et au programme incertain, en dehors de l’anti sarkozyste primaire, est aujourd’hui coincé électoralement dans un cercle vicieux.
Plus il se rapproche de la famille centriste indispensable a la victoire finale, plus il s’éloigne de l’extrême gauche arithmétiquement incontournable.
Et l’arithmétique est terrible.
La gauche extrême toujours forte, et de surcroit plutôt en progrès, représente 12 a 13%. de l’électorat.
Mais elle est politiquement divisée et son cote révolutionnaire fera toujours peur au 5% des électeurs qui « font » les élections.
En outre, on ne peut que se demander si un seul d’entre eux veut réellement gouverner et assumer le pouvoir……
Mais la gauche modérée regroupant les déçus, ou les allergiques a Sarkozy, mais aussi au P.S, et un courant écologique non marxiste très a la mode en ce moment représenté par le MODEM et les Verts bobos, représente aux alentours de 15% à en croire les études.
Les deux blocs sont donc quasi identiques.
L’idée de base de Peillon assez simple, a laquelle il n’est pas fortuit de voir souscrire Manuel Valls, Pierre Moscovici Arnaud Montebourg et bien sur Ségolène Royal ce n’est pas de choisir entre les deux, c’est de les additionner.
Il n’est pas fortuit de retrouver en effet ce quatuor, qui était l’état major de Royal en Mai 2007, et qui est momentanément réconcilié sur l’autel de la stratégie électorale.
Allons chercher au MODEM les 3% qui ont manqué à Ségolène il y a trois ans puisque Bayrou n’a pas voulu les négocier, en laissant Ségolène en bas de chez lui dans la voiture…..
N’attendons pas l’entre deux tours négocions maintenant.
Une idée sur laquelle Bayrou et Cohn Bendit qui eux gouteraient volontiers du pouvoir n’ont rien contre apparemment.
Mais Aubry et les fameux éléphants du P.S eux ne sont pas plus passionnés que cela, on le sait.
C’est même très exactement la raison pour laquelle ils détestaient et ils détestent toujours Ségolène Royal.
Et du coup c’est aussi très exactement la raison pour laquelle Peillon a voulu forcer la main à Martine Aubry, et cela a marché. .
Car ce n’est rien d’autre que cela.
Il a voulu la mettre devant le fait accompli que c’est fondamentalement l’opinion de la majorité du Parti.
Et même Martine Aubry ne peut résister au bon sens…. a fortiori quand il rejoint l’opinion du plus grand nombre à l’intérieur du Parti.
Elle a donc trouvée que c’était « une bonne idée », imitée en cela une semaine plus tard par François Bayrou qui lui a lancé « un appel au dialogue a l’opposition ».
Du coup si tout le monde est d’accord, les grandes manœuvres sont lancées et tout ce petit monde va donc pouvoir rêver à son fantasme « comment avoir la peau de Sarkozy » ?
Et bien je suis au regret de calmer l’euphorie de ceux qui penseraient que le problème est réglé en posant après la question du comment , celle de AVEC QUI GAGNER ?
Et la chers amis,les choses, désolé, se compliquent.
Il y a d’abord ceux que l’on a supposés faire partie de la fête à la fête mais sans leur demander leur avis.
La gauche extrême par exemple.
Et Mélenchon, Besancenot et Marie Georges Buffet ont illico annoncé que si c’était pour gouverner avec Bayrou…il ne fallait pas compter sur eux.
Ca commence mal.
L’arithmétique électorale a déjà du plomb dans l’aile.
On comprend bien l’envie de Peillon, Ségolène et des autres.
A l’instar de Sarkozy qui est en train de réussir à faire un Parti Républicain a la française en réunissant toutes les droites, ce que nous avons toujours pensé comme lui possible. Ils veulent faire le Parti Démocrate .
Mais c’est mission impossible.
Car comme nous le disons depuis des années, tout sépare ces différentes gauches.
Et une alliance basée sur les seuls intérêts électoraux en contradiction avec les convictions idéologiques cela n’a pas de sens.
Cette belle idée ne résistera pas longtemps à cette réalité qui est celle du P.S depuis 15 ans qui ne fait tout simplement que repousser son éclatement inéluctable.
Désolé mais l’extrême gauche déclare avant meme de commencer que ce n’est meme pas la peine de poser la question essentielle quand on aspire au pouvoir.
POUR FAIRE QUOI ?
Et puis vous savez, quand on revient à la question AVEC QUI, on comprend très vite que la réponse de quasiment tous les protagonistes est la meme.
C’est AVEC MOI !
Valls, Peillon sont dans leur esprit des candidats parfaitement légitimes.
Mais pour Bayrou et Ségolène la question ne se pose même pas.
Quand a Hollande et Strauss Kahn ils « n’excluent rien ».
Alors on est reparti pour un tour.
Une qui l’a compris c’est Martine Aubry.
Alors ans doute impressionné par le phénomène Obama, elle a eu une idée de génie la Martine.
Non seulement elle est désormais d’accord pour dire que les primaires sont une bonne idée ( tout arrive..) mais les imagine désormais « ouvertes ».
Qu’elle est belle cette idée….
Pour être sure que la gauche soit unie elle imagine des primaires ouverts a des personnes extérieures au P.S.
Bah voyons.
Bayrou va se présenter en primaire contre Ségolène, Cohn Bendit et puis Marie Georges Buffet pendant qu’on y est….
N’importe quoi…
D’abord, ils n’accepteront jamais, et deuxièmement cela rendrait caduque et sans intérêt le premier tour de l’élection présidentielle ce qui est absurde.
Martine Aubry le sait bien.
Elle a donc proposé une idée qu’elle sait elle-même stupide et vouée a l’échec, juste pour montrer a quel point elle est ouverte, moderne et…unitaire.
Mais personne n’est évidemment dupe.
En réalité, tout cela ne ressoudera rien du tout.
Le P.S ne fera pas l’économie de faire son ménage en interne aussi bien idéologique qu’organisationnel.
Les haines, les rancœurs et divergences idéologiques profondes sont toujours la, Université d’été ou pas… et il faudra bien les assumer.
Autant vous dire que si Sarkozy arrive à contrôler ses bas instincts, et que la situation économique commence une lente amélioration en 2010/2011, franchement nous suggérons aux plus jeunes du P.S de se préoccuper de …2017.
Une remarque en guise de conclusion si vous le permettez.
Justement sur ce sujet des divisions et des ambitions personnelles du P.S.
Pour ma part je comprends parfaitement que les ambitions personnelles soient plus marquées dans l’opposition que dans la majorité.
Puisque par hypothèse le leader du mouvement vient d’être battu, il est légitime qu’il ne soit pas un leader naturel, et que d’autres s’estiment tout autant legitime que lui.
Mais pour une large part ces affrontements de personne viennent d’un problème qui n’est en rien celui du P.S.
C’est un mal français qui fut en son temps celui de l’U.M.P (R.P.R. U.D.R ou que sais je…) et c’est un mal spécifiquement français.
Dans tous les autres pays, les leaders battus démissionnent , et souvent quittent même la politique.
Pas en France.
Pire chez nous on peut impunément accumuler les défaites…
C’est assez incroyable mais c’est ainsi.
De Gaulle fut le dernier, a tirer les leçons d’une défaite, avec classe et fracas d’ailleurs.
Depuis ?
C’est fini.
La tradition a disparu et la classe d’ailleurs aussi.
Et c’est le problème du P.S.
Ils ont empilé au plus haut niveau des instances dirigeantes tous les « ex ».
Premier Ministre, Chef du Parti, Premier Secrétaire, tète de liste aux Européennes ; ils sont tous la.
Une joyeuse bande de losers.
De Fabius a Ségolène en passant par Strauss Kahn, Hollande et même Jospin qui bien que « retraité » se complait dans ce rôle de faiseur de roi qui est exaspérant, ils jouent tous ou en tout cas essayent de jouer un rôle en s’inventant un futur.
C’est absurde et lamentable.
Imaginez l’incroyable complexité et l’incroyable pouvoir de nuisance qui disparaitrait si tous ces gens étaient hors des instances du Parti…
Convenez qu’il n’y a qu’en France qu’un perdant peut se permettre de donner des conseils ou des leçons…..pour gagner.
Toutes les alliances, les stratégies du monde ne remplaceront pas le fait que l’élection Présidentielle c’est celle d’un homme et que le bon candidat c’est celui qui rassemble sur son nom et sur sa personne un mouvement de popularité et qui fédère de l’unité le reste c’est du baratin et de la magouille d’état major