LE XXIème SIECLE VIENT DE COMMENCER
Depuis deux siècles, le calendrier ne colle pas exactement à l'actualité. L'Humanité manifeste un malin plaisir à prendre son temps, avant de commencer un nouveau chapitre.

Avec l'élection de Barack Obama, le fait se vérifie. Pour la troisième fois consécutive la clepsydre de l'Histoire n'est pas coordonnée à celle de nos montres à quartz.
Waterloo en 1815.
Cette défaite de Napoléon marque la véritable fin du XVIIIème siècle. Une coalition européenne se débarrasse du tyran qui rêvait de dominer le monde. A l'époque la France est plutôt arrogante.
Elle était la plus grande puissance économique et militaire du monde occidental.
Toute proportion gardée et avec des motivations différentes, elle ressemblait un peu aux USA d'aujourd'hui. La fin de Napoléon représente aussi l'ultime avatar de la Révolution de 1789, imaginée par les grands philosophes du siècle des Lumières que furent les Diderot, Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Kant...
C'est enfin la véritable naissance de notre République qui ne pense plus uniquement à faire la guerre à ses voisins. La Prusse en 1870 y pensera à sa place.
Traité de Versailles en 1919
Revanche de l'humiliation imposée par la Prusse à la France, suite à la désastreuse guerre de 1870, le Traité de Versailles porte en lui les gènes des drames du XXème siècle.

La guerre de 14-18 n'a de mondiale que le nom. Elle oppose toujours entre eux des pays rancuniers d'une Europe déchirée. Certes les Anglais, les Canadiens et les Américains sont venus se battre aux côtés des troupes Françaises - notamment des Africains et des Nord-africains - mais cette guerre est loin de toucher toute la planète. Ce sera la dernière guerre moyenâgeuse.
1919 marque le début d'une prodigieuse accélération des comportements au plan social, au plan économique, au plan technologique, avec les désastres qui accompagnent toujours les phases de mutations profondes.
La guerre de 39-45 ne se fera pas à cheval, sabre au clair, mais avec des moyens qui sont finalement proches de ceux d'aujourd'hui. Issue d'un irénisme coupable, cette guerre est la première manifestation dramatique d'une mondialisation qui a germé dans l'esprit d'un malade mental, Hitler.
Tous les événements de la deuxième moitié du XXème siècle sont les conséquences directes ou indirectes du partage du monde dessiné à Yalta.
4 novembre 2008, la refondation américaine
Après la chute des soviets et du mur de Berlin, il fallait un autre traumatisme. La crise du libéralisme économique et l'arrivée de Barack Obama sont les deux paramètres qui manquaient à l'œuvre du XXème siècle.
Depuis 1945, les Etats-Unis avaient définitivement affirmé leur domination au reste du monde. Cette mondialisation, ils ont su l'accélérer. Les worldwide companies américaines dominaient, protégées par une puissance militaire sans rival.
Sûrs de ses forces, un pays impose ses valeurs et ses systèmes, jusqu'à trop irriter, jusqu'à générer des tensions incontrôlables, jusqu'à l'aveuglement.
L'ère W.Bush en fut le paroxysme; Patrick Gouverneur nous expliquera sans doute avant longtemps les quelques aspects positifs de ses huit années de présidence. En attendant difficile de nier que, portée par une insondable méconnaissance de l'évolution du monde, sa gestion du terrorisme et le terrorisme lui-même ont fini de mettre le feu aux poudres.
Le XXème siècle, avec ses miracles, ses violences et son outrance inhumaine vient seulement de s'achever. Il n'a été qu'un vaste chantier d'exposition des nouveaux problèmes générés par l'électricité, par l'atome, par la communication, par l'informatique, par la vitesse de toute chose...bref par le Génie humain, dont les locomotives du Nord ont globalement oublié les wagons du Sud. C'est un fait !
Au-delà des systèmes et des croyances, ceux qui géreront le siècle qui commence ont une grande mission : protéger l'Humanité contre elle-même.