LETTRE A M. BOUTEFLIKA

Publié le par Patrick Gouverneur

Le professeur André Savelli a écrit une lettre ouverte au Président algérien Bouteflika.

La qualifiant lui même d’ouverte, et l’ayant diffusée sur internet nous nous autorisons à la diffuser in extenso sur Bon Appétit Messieurs.

Cette lettre est tout a fait remarquable quant a son contenu historique, et je suis convaincu qu’elle en apprendra énormément à beaucoup d’entre vous.

Quant au refus de la langue de bois et de la pensée unique qui nous est si cher, nous vous laissons en juger par vous mêmes.

André Savelli est ne a Rabat en 1927, a fait ses études de médecine a Alger et a été médecin militaire pendant la guerre d’Algérie.

Il fut ensuite nomme en 1961 a l’Hôpital Maillot et enfin Professeur agrégé a l’hôpital du Val de Grace a Paris.

 

  A Mr BOUTEFLIKA, président de la République algérienne.

 
                  Monsieur le Président,
 

En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles ! C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc.

Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone/ Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.

Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force, « béçif » (par l’épée), toutes ces populations.

« Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7).

Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) . Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadrami, Histoire des Berbères,T I, p.36-37,40,45-46. 1382) .  

Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie.

 

 Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves ?. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.

Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. ? Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes,

Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.

Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées ?

 Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains ? Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.

 

Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme ? Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans. La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !

 

Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962 ?

 

Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et d es autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de «kabyle » - j’accepte) ?

 

Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… ?

Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie .

 

Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.

 

Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide ? Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.

 

Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés ? Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?

Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A.S., il y a eu plus de200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique , beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie ? C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !

 

 Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones.

 

Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées - ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -.

La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pou r la France ?

 

En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ?

 

Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.

Un citoyen français, André Savelli, Professeur agrégé du Val de Grâce.

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Publié dans International

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Chevalier de la légion d'... A une question sur sa position au sujet du drame algérien, Albert Camus a déclaré : « Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère. » A savoir la France. Vous êtes en droit de choisir votre mère, qui vous a fait Chevalier de la Légion d’Honneur, et on le comprend Monsieur André Savelli mais comme vous le dites si bien faut il oublier ?  Faut il oublier que la France affamée par l’Angleterre, a été sauvée de la famine par le Dey d’Alger, en récompense la France a envahi l’Algérie et affamé la population autochtone ?  Faut il oublier que les écoles ‘’indigènes’’ ont été supprimées (contrairement à vos affirmations) et remplacées par des écoles françaises en nombre très insuffisant  Faut il oublier qu’avant la colonisation de l’Algérie 70% de la population savait lire et écrire, et qu’en 1927 seulement 6% des enfants autochtones étaient scolarisés ?  Faut il oublier que de 3 millions qu'étaient les "indigènes" au moment de la conquête (1830) ils ne sont plus que 2 millions en 1872, soit l'extermination du tiers de la population (Selon l’historien Français Olivier Le Cour Grandmaison) ?  Faut il oublier la lâcheté et la férocité des enfumades de 1844 dans les monts de Miliana des troupes du colonel Pélissier et celles de 1845 des monts du Dahra du colonel Cavaignac ? En un an, sur trois points différents, trois colonels français, Cavaignac, Pélissier, Saint-Arnaud, firent périr trois tribus réfugiées dans des grottes en les brûlant et les asphyxiant vives. Trois tribus complètes : hommes, femmes, enfants.  Faut il oublier le noble geste d’Abdelkader renvoyant les prisonniers français « Abdel Kader, écrit Saint-Arnaud, le 14 mai 1842, nous a renvoyé sans condition, sans échange, tous nos prisonniers. Il leur a dit : "Je n'ai plus de quoi vous nourrir, je ne veux pas vous tuer, je vous renvoie". Le trait est beau pour un barbare » (Lettres du Maréchal Saint-Arnaud, tome I, p. 385.) Qui est barbare,qui est le civilisé ?  Faut il oublier les déclarations des généraux et officiers français comme celle du Lieutenant-colonel de Montagnac : « Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied. Qui veut la fin veut les moyens, quoi qu’en disent nos philanthropes. Tous les bons militaires que j’ai l’honneur de commander sont prévenus par moi-même que s’il leur arrive de m’amener un Arabe vivant, ils recevront une volée de coups de plat de sabre. (...) Voilà, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger des bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs ; en un mot, anéantir tout ce qui ne rampe pas devant nous comme des chiens. » Est- ce là le rôle civilisateur de la colonisation ?  Faut oublier le traitement réserver aux femmes capturées par l’armée Française, voici une Lettre de Montagnac datée de Mascara, 31 mars 1842 « Vous me demandez, dans un paragraphe de votre lettre, ce que nous faisons des femmes que nous prenons. On en garde quelques-unes comme otages, les autres sont échangées contre des chevaux, et le reste est vendu à l'enchère comme bêtes de somme. »  Faut il oublier les expropriations et les déportations  Faut il oublier les massacres du 8 mai 1945 ? 45 000 morts  Faut il oublier … etc. Non Monsieur le professeur, on ne peut pas oublier, mais on peut pardonner Vous affirmez qu’en 1830 les populations étaient sous développées et misérables, ce n’est pas l’avis des officiers supérieurs de l’armée conquérante. Nous vous invitons à lire entre autres les Lettres du Maréchal Saint-Arnaud, tome I, pages 141, 313, 325, 379,381, 390, 392, 1472, 474, 549, 556, tome II, pages 83, 331, 340.) dont voici quelques extraits : « Mascara, ainsi que je l’ai déjà dit, a dû être une ville belle et importante. Brûlée en partie et saccagée par le maréchal Clauzel en 1855. » « Le pays des Beni-Menasser est superbe et l’un des plus riches que j’ai vu en Afrique. Les villages et les habitants sont très rapprochés. Nous avons tout brûlé, tout détruit. Oh la guerre, la guerre ! Que de femmes et d’enfants, réfugiés dans les neiges de l’Atlas, y sont morts de froid et de misère !… Il n’y a pas dans l’armée cinq tués et quarante blessés. » (Région de Cherchell, avril 1842) « Les beaux orangers que mon vandalisme va abattre !... je brûle aujourd'hui les propriétés et les villages de Ben-Salem et de Bel-Cassem-ou-Kassi. » (Région de Bougie, 2 octobre 1844.) « J'ai brûlé plus de dix villages magnifiques. » (Kabylie, 28 octobre 1844.) « J'ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés. » (Petite Kabylie, mai 1851. Chevalier de la légion d’Honneur dites vous ? Quel honneur ? Celui de refuser de payer ses dettes? Ou bien celui de renier la parole donnée et de violer les traités conclus (laTafna par exemple) ? Ou encore celui de massacrer, brûler, violer, spolier, exproprier, exploiter, piller, mutiler, torturer, et exterminer ? Oui Monsieur le chevalier de la légion ‘’ d’horreur ’’ le colonialisme est un “crime contre l’humanité ‘’ et la France a belle et bien commis un véritable génocide en Algérie, et ce n’est pas une injure, mais une réalité que vous refusez de voir en face. N’est ce pas un symptôme révélateur Monsieur le professeur en psychopathologie, un conseil ! Consultez un confrère.
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M
je l'avais deja lue.Mais honnetement ON NE S'EN LASSE PAS!!
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