LA MAIRIE DE PARIS ? LA CAUSE N'EST PEUT ETRE PAS ENTENDUE........

Publié le par Patrick Gouverneur

undefinedLes élections municipales auront lieu dans 60 jours.
Rendez-vous compte ! Déjà.

Nul doute que l’élection pour la Mairie de Paris va capter l’attention plus que les autres.

Et ce pour plusieurs raisons parfaitement évidentes.
 
  1. Le Maire de la capitale de la France est par hypothèse un personnage important. Le poste est hautement symbolique tant au niveau de la politique intérieure qu’au plan international.

Coupe du Monde, Jeux Olympiques, Jumelages avec les grandes métropoles de la planète, accueil en grandes pompes des Chefs d’Etat étrangers, les occasions sont multiples pour donner à la fonction un retentissement particulier.

 
  1. D’un point de vue strictement politique, Paris fut longtemps le bastion  privilégie de la droite (même bien avant Chirac), mais est passe en 2001 aux mains de la gauche grâce a l’incommensurable connerie de la droite de l’époque.

Depuis les mouvements démographiques et sociologiques, ainsi que la gestion  populaire de Bertrand Delanoë aidant, la ville semble un fort bastion de la gauche.

Je dis populaire car elle est appréciée du plus grand nombre même si quasiment tous mes amis parisiens ont du mal à l’accepter et à le comprendre…., mais c’est un fait...…

 
  1. Et pour clôturer le tout, le Maire sortant Bertrand Delanoë est fortement soupçonné d’avoir des ambitions nationales en se posant en compétiteur de Ségolène Royal pour la direction du Parti Socialiste, et par voie de conséquence pour l’élection présidentielle de 2012…..

      Et il est plus que probable qu’on a raison de le soupçonner

 
Convenez que c’est pas mal et justifie pleinement  que l’élection attire tous les regards.
 

 Dont celui du Président de la République qui est au moins aussi averti de la chose politique que Bon Appétit Messieurs …et à qui tout cela n’a pas échappé.

En particulier qu’un échec éventuel de Delanoë aurait comme conséquence immédiate pour 2012……..« un de chute ».

Du coup il a pris le dossier en mains.

D’abord en réglant un joyeux petit bordel dont la droite parisienne a le secret.

Le Président s’est donc assure que les velléités de dissidence de quelques uns (Bernard Debré par exemple) étaient calmées.

Du coup, tout le monde est derrière Françoise de Panafieu.

Ensuite en renforçant la liste de quelques « poids lourds » qui faisaient un peu défaut au niveau du clinquant de la liste UMP.

Jean-Marie Cavada, transfuge perso de Sarko, Christine Albanel, Christine Lagarde et Rachida Dati lui donnent donc un air un peu « plus haut de gamme ».

Est ce que cela suffira ?
C’est loin d’être sur évidemment.
 
Car aujourd’hui la situation électorale de Paris semble simple.

Tous les sondages montrent que Bertrand Delanoë et sa liste recueillerait environ 53% des voix, et sur 20 arrondissements de la capitale , il en détient 12.

La cause paraît donc entendue.
 
Et bien figurez vous que ca n’est pas aussi simple
 

Car on ne dit pas assez c’est que l’élection du Maire de Paris est très particulière dans la mesure où elle introduit la notion d’arrondissement.

Elle est de ce fait curieusement très similaire à l’élection américaine.

Chaque électeur vote dans son arrondissement pour élire des délégués (conseillers) qui eux mêmes votent pour le Maire.

Bien sur le nombre de délégués est proportionnel à la population (a peu prés) de chaque arrondissement (ils sont de 3 à 17 selon les arrondissements).

Mais la ou le système se complique, contrairement a l’élection américaine, c’est que  celui qui arrive en tète dans un arrondissement ne rafle pas tous les délégués ( Win all aux US ..), chaque liste obtient des délégués en proportion des résultats.

 

Subtilité que l’on avait finie par oublier du temps de la splendeur de la droite, qui raflait de toute façon tous les arrondissements.

Mais dans un scrutin plus serre et plus « normal » en quelque sorte, la subtilité a son importance.

 
Car elle veut dire quoi ?
 

Que par exemple gagner la majorité des arrondissements ne donne pas automatiquement la majorité des délégués et donc l’élection du Maire.

Car encore faut-il savoir quel arrondissements on gagne et dans quelle proportion ?

 

Pire la majorité des voix et des suffrages sur l’ensemble de la capitale ne donne pas forcement non plus une élection du Maire assurée. encore faut-il savoir comment ils se repartissent.

Une défaite honorable avec un score de 49.5 % dans un arrondissement peuplé peut être plus utile qu’une victoire écrasante dans le 16eme arrondissement par exemple a population faible.

Autrement dit la simple majorité des voix pour l’ensemble de la capitale ne suffit absolument pas, et peut même être contredite par le scrutin d’arrondissement

 

C’est en partant de cet état des règles du jeu que nous disons que la cause n’est pas forcement entendue à Paris.

 

Il y a 163 sièges de conseillers à Paris, et en 2001 Bertrand Delanoë avait été élu avec 92 voix…..seulement

 Soit 56%

Autrement dit l’écart à combler pour Françoise de Panafieu n’est pas abyssal, seulement une dizaine de sièges, si on considère que la majorité est a 82.

 

Et pourtant en 2001 Delanoë avait remporte 12arrondissements sur 20 (2eme, 3eme, 4eme, 9eme, 10eme, 11eme, 12eme, 13eme , 14eme, 18eme, 19 eme et 20 eme).

Contre seulement 8 par la droite ( 1er, 5eme, 6eme, 7eme, 8eme, 15eme, 16eme et 17eme)  soit 60% des arrondissements.

Première distorsion.
 

Aujourd’hui  pour que Françoise de Panafieu ait une chance il faut qu’elle gagne une quinzaine de délégués.

 
Premier objectif gagner au moins un arrondissement.undefined
 
 

Cible clairement déterminée : le 12eme arrondissement qui représente 10 sièges.

Ce sera le boulot assigne par Sarkozy a Jean-Marie Cavada et Christine Lagarde.

Le 12eme arrondissement il faut le savoir est un vieil arrondissement gaulliste.

Je le sais d’autant plus que c’est celui de ma famille, et que j’ai des souvenirs émus des « Parisiennes de Kiraz » dont je me délectais dans Jours de France généreusement adressé gratuitement à tous les habitants, par le General de Benouville collaborateur de Marcel Dassaut et député du 12e …pendant 25 ans !

La sociologie du 12eme n’a certes plus grand chose à voir avec celle de mon enfance, et la « tradition gaulliste » s’est largement estompée.

Il n’empêche.

Le 12eme n’est pas un bastion dur de la gauche et peut parfaitement rebasculer a droite, car il a été a l ‘origine perdu a cause des divisions de celle ci.

Reste que même en cas de victoire Cavada ne ramassera pas 10 sièges mais 6 ou 7 au mieux.

Il en faut donc un autre.
 

Cible déterminée : le 4e Arrondissement.

Sa population est très bourgeoise (il y a la Place des Vosges..) mais aussi …très bobo.

Alors on a désigné Christine Albanel Ministre de la Culture
Pas bête….
Mais ce n’est pas gagne !
Loin de la.

Et encore moins dans  le 14e ou encore le 9e, autres cibles possibles……

 

De sorte que la vraie solution et du coup la vraie stratégie de l’Elysée se situe sans doute ailleurs.

Justement en fonction des subtilités expliquées plus haut.

Il faut gagner quelques sièges ici et la en réalisant soit des bons scores dans des arrondissements perdus d’avance mais très peuplés soit cartonner dans des arrondissements que l’on a gagne.

Or en 2001 cet imbécile de Tiberi, que Chirac avec toutes ses casseroles au cul, ne contrôlait plus…….. s’était parfois maintenu au deuxième tour, provoquant ainsi des triangulaires et donnant ainsi quelques sièges inespérés à la gauche.

C’est très exactement ceux la que Panafieu et Sarkozy veulent récupérer.
 

Dans le 6eme, 7eme et 16 eme arrondissement par exemple la gauche avait gagne 1 siège et dans le 17eme elle en avait gagne deux, ils peuvent être récupères.

 

A contrario dans le 10eme et le 11 eme arrondissement acquis a la gauche, a cause des triangulaires de 2001 il est possible de gagner la encore 1 ou 2 sièges.

J’espère que vous suivez au fond de la classe ………..car ca n’est pas très simple et des lors pas très simple a expliquer……..mais si vous prenez une calculette (a dire vrai vous devriez pouvoir vous en passer) avec une victoire dans le 12eme et quelques bonnes performances ici et la……tout est possible.

 

Quant bien même Delanoë gagnerait-il 11 arrondissements sur 20… et quand bien même  aurait-il le plus grand nombre de voix sur l’ensemble de la capitale.

Vous imaginez ?
Cela ferait du ramdam dans le microcosme…
Mais c’est comme ca.
 

Alors c’est sur qu’aujourd’hui au niveau des intentions de votes, Delanoë est bien place.  

Mais on l’a vu cela dépend comment ils se repartissent.

C’est vrai aussi que  Ségolène Royal a fait strictement jeu égal avec Nicolas Sarkozy a Paris a la présidentielle (beaucoup plus donc qu’au niveau national) mais avec les « subtilités »  réglementaires expliquées plus haut les experts de l’Elysée considèrent qu’a 51.5 % / 52 % « c’est jouable ».

Je n’ai pas vérifié les calculs mais s’ils le disent…
 

Voilà pourquoi le Président suit personnellement l’affaire, car la reconquête de Paris serait pour la droite et pour le Président, qu’on le veuille ou non un sacre coup politique.

 

Mais ce qui est sur, c’est qu’une telle éventualité ne sera possible qu’a deux conditions.

 

Une mobilisation très forte de la droite (contrairement a 2001), et ce dans tous les arrondissements sans exception, les « gagnes » d’avance comme les «  perdus »

Exemple le 16e arrondissement.

L’issue ne fait naturellement aucun doute………. Mais justement partant de ce constat l’électorat de droite risque de ne pas aller voter pensant que «  ca ne sert a rien ».

Erreur, car du coup la gauche peut ramener 1 siège inespéré, mais éventuellement bien utile pour le vote final.

Et le contraire par exemple dans le 18eme ou le 20 eme.

 

 Mais ne rêvons pas, cette mobilisation ne se fera que si dans le même temps les « carlabrunisteries » (mariage, rupture et pourquoi pas grossesse au point ou on en est……) ne viennent pas agacer encore un peu plus les français, en détériorant l’image de Nicolas Sarkozy, y compris à droite.

 

D’autant qu’aux dernières nouvelles, voilà que Cecilia s’en mêle et règle des comptes…

Nous voilà bien !
 

Mais d’autant surtout qu’il reste un troisième facteur, si ce n’est une inconnue, c’est l’attitude du Modem et de ses électeurs.

      Combien feront-ils ? 5, 6, 7% ?

      Que feront-ils au deuxième tour ?

       Et comment réagiront- ils à une surexposition de la vie privée présidentielle ?

      Autant de questions aux réponses bien incertaines..

 

Comme quoi si l’élection n’est pas perdue d’avance, elle est loin d’être gagnée…….


Un petit billet d'humeur pour finir en guise de post-scriptum

Paris et ses taxis, voilà une « spécificité » dont nous nous passerions bien volontiers une fois encore.

Votre serviteur étant lui même un  consommateur repete, lors de ses séjours parisiens, je pense pouvoir en témoigner.

Chercher un taxi a Raris donne rapidement des envies de meurtre (au mieux de coup de tète..) et les conversations avec les chauffeurs sont édifiantes de la bêtise confondante de ces individus.

Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, les solutions sont connues puisqu’elles ont été appliquées ailleurs avec succès.

Mais sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, nous, on fait différemment.
En l’espèce d’ailleurs, rien.
 

Car il faut savoir que la encore il y a un système absurde qui explique (en partie) pourquoi vous avez 15 crétins qui attendent a une station (en double file en général…) en se plaignant de ne pas gagner leur vie, et a 200 mètres de la une demi douzaine de blaireaux (vous et moi…) qui développons une irritation de l’épaule a force de lever la main pour s’entendre dire (quand toutefois il s’arrête) « qu’il a fini » ou que « c’est trop court pour une course ».

 
Les taxis parisiens ne dépendent pas en effet de la Mairie de Paris.
C’est unique au monde mais c’est comme cela.
Ils dépendent de la Préfecture de Police , donc du gouvernement.

Résultat, pour pouvoir imaginer la mise en place de couloirs ou de tarifs spéciaux, de détaxe sur le carburant ou d’interdiction de rester en station, quand le deux parties ne sont pas du même cote vous imaginez le tableau.

Une surenchère de démagogie.
Et du coup ?
Et bien rien.
Rien ne se passe et rien ne change.
 

Tiens voilà une suggestion pour la campagne de Françoise de Panafieu : remettre les taxis dans le giron de la Mairie et mettre fin a cette pantalonnade qui fait rigoler ou plutôt pleurer toute la planète.

Il paraît qu’elle a de bonnes relations au gouvernement.

Cela devrait pouvoir se négocier…

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Publié dans Politique

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M
BRAVO PATRICK POURL'ARTICLE, MAIS EST CE QUE LA DROITE PARISIENNE PEUT COMPRENDRE QU'EFFECTIVEMENT CA N'EST PAS PERDU?JE NE SAIS PAS ..ILS PREFERENT ALLER EN WEEK END...
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A
vous revez cher ami.votre construction intellectuelle est brillante mais releve de l'illusionet le pariusiens n'ail]ment guere VOICI et Gala!
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