SARKOZY ET LE POUVOIR D'ACHAT : CE QUE L'ON A PAS ENTENDU
Apres avoir souligne les éléments qui nous apparaissaient positifs dans les propositions présidentielles pour améliorer le pouvoir d’achat (même si nous craignions qu’elles soient un peu tardives…) nous souhaitons ici mentionner ce qui nous apparaît être des insuffisances ou même carrément des oublis dans la réflexion de Nicolas Sarkozy.
Soulignée également par Philippe Dermagne dans son papier sur l’intervention télévisée du Président, cette lacune est évidente.
J’avais cru bon pour ma part, de rappeler récemment que l’augmention du pouvoir d’achat passait bien évidemment par la hausse des revenus mais aussi et si possible par la baisse des prix et donc la combinaison entre les deux.
Le Président a certes mentionne qu’il allait « étudier avec la Grande Distribution » les moyens de faire baisser les prix ……
La suppression de l’imbécile Loi Galland sur la rétrocession des marges arrière, la suppression de l’interdiction de vente a perte, et la suppression de la « il est difficile de faire plus nulle » spécificité française sur les soldes.
Or tout le monde sait désormais que ces mesures seront, entre autres, proposées par la Commission Attali , la CLCF prochainement.
Les « silences » de Nicolas Sarkozy sur ce sujet laissent donc à penser qu’il attend lui-même le fameux rapport final de la CLCF pour enfourcher le cheval.
Nous aurions aime que Jacques Attali se bouge un peu pour publier ses conclusions au plus vite ce qui aurait permis au Président d’être un peu plus « pushing » la dessus.
En fait on a un peu l’impression que Nicolas Sarkozy à un peu bouscule un calendrier déjà établi depuis un moment.
Les conclusions de la CLCF sont supposées être remises début Décembre, et nul doute que nombre d’entre elles vont nourrir la Conférence sociale.
C’est la pression de l’opinion publique qui a sans doute conduit le Président à intervenir alors même que la CLCF n’a pas encore rendu son rapport.
Des lors le Président courrait le risque de lui couper l’herbe sous le pied, ou pire encore de donner l’impression que les décisions étaient déjà prises, avant même que les « experts » les aient eux même proposées.
Un télescopage de calendrier dommageable car il a révélé un grand vide dans le projet présidentiel.
Sur le même sujet et compte tenu du caractère « a moyen terme » de la quasi totalité des autres propositions de Nicolas Sarkozy, souligne par ailleurs sur le blog, nous aurions aime voir le Président annonce une baisse de la TVA de 1 % voire 2 %.
Même un énarque peut comprendre que 1 % de la baisse de TVA c’est 1 % de baisse des prix et donc 1 % de pouvoir d’achat en plus.
Je sais bien que « les caisses sont vides » et que le Président n’est pas et n’a surtout pas voulu apparaître comme « le Père Noel »
Mais un Président ne peut pas (hélas..) se permettre de ne faire que de l’économie. Il se doit de faire aussi de la politique.
Et puis au point ou nous en sommes 5 milliards, si ca marche ca n’est pas beaucoup, c’est
D’abord cette baisse de TVA aurait eu pour mérite de nous rapprocher des autres pays européens qui sont plutôt à 15 % qu’a 20 %.
Et enfin et surtout une telle mesure aurait permis au Président de répondre avec plus de force et plus de précision et peut-être plus de pouvoir de conviction a ce que les socialistes (mais pas seulement, Bayrou fait de même…) aiment a qualifier de « package fiscal ».
Dont on ne sait plus très bien d’ailleurs si il a coute 10, 12 ou 15 Milliards.
Leur grand thème est de parler de « cadeaux aux riches », ce qui est une énormité qui a le don de m’agacer prodigieusement, d’autant qu’elle est complaisamment reprise par la presse.
Nicolas Sarkozy l’a dit mais de notre point de vue trop vite et pas assez fort. L’exonération de droits de succession ne concerne pas les riches.
Elle concerne tout le monde et principalement les patrimoines moyens. Les très grosses successions continuent à être imposées.
La déduction fiscale des frais financiers sur les emprunts immobiliers quand elle est limitée a 750 euros par personne ne concerne pas les riches, qui même avec deux enfants vont économiser ……3000 euros par an.
Alors oui, il y a bouclier fiscal a 50 % pour faire revenir Johnny, Delon, Prost ou Forget claquer leur argent et payer leurs impôts en France mais cela ne fait pas 15 Milliards loin de la.
D’après certains économistes cela serait 1.5 Milliards à 2 milliards ce qui n’est pas tout à fait pareil.
Cette intoxication est horripilante et le Président aurait pu la dessus en faire plus.
Car mélanger le bouclier fiscal de Johnny et l’exonération des droits de succession, et appeler cela un cadeau fait aux riches relève de la désinformation absolue.
Même si c’est bien évidemment surtout la majorité et les parlementaires qui devraient ne jamais rater une occasion de rétablir la vérité sur cette intoxication socialiste.
Car a force de ne jamais démentir tout le monde va finir par le croire.
Qui en outre coupait l’herbe sous le pied ses socialistes ou en tout cas de certains, qui l’avait suggérée…
Enfin et non des moindres sujets qui n’ont pas été évoqués par le Président, le Small Business Act.
Dans la série trop peu, trop tard ce dossier est a nos yeux indiscutablement en tète de liste.
Parler de fonds de participation quand les PME n’en ont pas, parler de négociations avec les partenaires sociaux quand 90 % des entreprises n’ont pas de syndicat car trop petites, cela dénote une vision bien « enarquienne » de l’économie.
Le Président et le Gouvernement nous semblent vraiment sous estimer voire mésestimer la spécificité de la PME et plus encore de la petite entreprise.
Quand les politiques ouvriront-ils les yeux sur la réalité de la vie quotidienne des petites entreprises ?
Quand comprendront-ils que les emplois sont la, le pouvoir d’achat aussi et que les mêmes règles ne peuvent pas s’appliquer de la même façon qu’a Renault ou chez Airbus ?
Alors on peut toujours rêver que la fameuse Conférence de Décembre permettra de poser certains problèmes…
En tout cas il faudra que ca vienne du Président car ne comptons pas que cela le soit de la part de syndicats qui n’existent pas dans ce pan entier de l’économie.
Et quand on dit syndicats on pense aussi aux syndicats patronaux au sein desquels le petites et moyennes entreprises ne font que de la figuration.