RECHERCHE CROISSANCE DESESPEREMENT

Publié le par Patrick Gouverneur

 
images-3--copie-1.jpg Les français n’aiment paraît-il pas l’économie.

Sans doute une idée reçue supplémentaire  véhiculée par les medias, et les politiques que cela arrange de le croire.

Peut être aussi n’aiment-ils pas l’économie dans la mesure où notre système éducatif s’obstinant à ne pas leur enseigner, beaucoup pensent sans doute que « c ‘est compliqué ».

Mais les politiques et Sarkozy en tête feraient bien de penser que les français à défaut de l’aimer, s’intéressent desormais à l’économie .

Car pour la grande majorité d’entre eux ils ont compris que leur portefeuille en était directement dépendant.

Quelques rêveurs irréductibles continuent sans doute d’imaginer que « l’Etat » doit et va palier a toutes les insuffisances, mais la grande majorité des français, merci a la campagne de Sarkozy pour cela, ouvrent désormais les yeux.

Ils ont compris que les miracles, ca n’existait pas (en tout cas en économie…) et que les promesses de rasage gratis……ca ne valait plus un coup de cidre !

 

Pour autant le problème, c’est que Sarkozy  après leur avoir ouvert les yeux sur certainesréalités, leur a aussi  promis de faire en sorte que « la France aille mieux ».

Et que même ceux qui il y a 6 mois n’avaient pas jugé bon de voter pour lui, aujourd’hui lui font confiance pour cela. Tous les sondages le montrent.

Mieux même ils l’attendent avec impatience
Depuis 6 mois il s’y attelle. Personne ne le conteste.
Avec force et détermination. Personne ne le conteste non plus.

Nous sommes de ceux qui pensent que la France va mieux dans beaucoup de domaines, en tout cas qu’elle a repris la bonne direction.

Pour autant d’un point de vue strictement économique le moins que l’on puisse dire est que la « rupture » se fait attendre.

La croissance est molle, elle va se tasser en 2007 par rapport a 2008 (1.6 % selon l’OCDE) et pire la tendance ne s’inverse pas pour 2008.

Or 1,6 % ca n’est vraiment pas lourd.

Aux Etats-Unis certains évoquent la récession alors même que la croissance est de 2.8 – 3 %.

Chiffre que la France n’a plus connu depuis plus de 20 ans.images-4--copie-2.jpg

C’est vous dire si les « références » ne sont pas les mêmes des deux cotes de l’Atlantique…

D’ailleurs Sarkozy qui lui non plus ne l’a sans doute pas apprise a l’école, a pourtant compris l’économie, car il a dit et répété « qu’il n’y avait pas de fatalité » et qu’il irait « chercher ce point de croissance qui nous manque ».

Bravo pour l’intention mais comment ?
Quelles décisions ont été prises depuis 6 mois dans ce sens ?
Force est de constater qu’on les cherche toujours.
Certes un peu d’incitation fiscale ne peut et ne fera pas de mal.

Mais n’escomptons pas des miracles de ce que l’on a appelle «  le package fiscal ».
Le nombre de personnes beneficiaires est trop faible.

Au mieux quelques décimales de croissance.
Au mieux.
Ne nous y trompons pas le vrai problème de la France est ailleurs.
La consommation est molle, parce que les francais ne dépensent pas assez.
Et pourquoi ne le font-ils pas plus ?
Tout simplement parce qu’ils ne le peuvent pas.
C’est aussi simple que cela.
 

Pour en identifier les raisons et pour essayer de simplifier les choses, commençons si vous le voulez bien par le commencement.

La croissance de l’économie, nous le savons se fera par la consommation des ménages et par rien d’autre.

Tres bien.

Or la consommation ne se décrète pas . Elle augmentera des lors que les français y seront incités.

Pour cela, il faut deux conditions très précises :

-         un crédit aise et si possible pas trop cher

-         et une augmentation du pouvoir d’achat.

C’est aussi simple que cela, et tout le reste c’est du baratin et de la masturbation intellectuelle.

 
Le crédit et l’âge de pierre
 

Les banques françaises dont on a loue (sans doute à juste titre) la prudence comparée aux banques américaines dans leur gestion des crédits immobiliers, sont en revanche dans les crédits à la consommation au commencement de la période post glaciaire…juste après les dinosaures……

Je suis toujours frappe d’entendre mes amis français me parler de leur carte de « crédit » qui n’en est pas une, tout au plus le « privilège » vendu bien cher de pouvoir payer leurs dépenses…le 10 du mois suivant.

Une plaisanterie.

De leur « découvert » qui n’en sont pas non plus, car ils sont tenus de les couvrir à une certaine date…. (Ce qui du temps de ma jeunesse s’appelait « une facilite de caisse »), et certains arborent parfois avec fierté un « vrai découvert » qui représente …un tiers de leur salaire mensuel.

Et encore ils en sont fiers car apparemment c’est rare…..

Quand on sait qu’il est quasi banal aux Etats-Unis d’avoir un vrai crédit sur sa carte de 9 ou 12 mois de salaire, sans compter les crédits auto et autres, ca laisse rêveur.

Je ne dis pas que le « modèle » américain doit être purement et simplement transpose, mais je dis qu’entre les deux extrêmes, les banques françaises ( grâce a l’incitation du gouvernement par exemple..) devraient faire preuve d’un tout petit peu plus de dynamisme et de modernité.

Sans compter que leur detestable habitude de « cartonner » sur les frais divers, les plus faibles, les plus pauvres et les moins avertis, a un cote horripilant.

 
 
 
Du pouvoir d’achat …sinon rien
 

Le crédit a la consommation c’est bien, mais comme disait ce formidable clip sur la recherche d’un appartement parisien qui a circule sur internet,…….c’est pas suffisant.

Sans vouloir faire injure a qui que ce soit, rappelons que pour injecter du pouvoir d’achat il n’y a que 3 solutions, pas 50 !

·        Augmenter les revenus

·        Diminuer les prix

·        Ou un mélange des deux

C’est une lapalissade mais parfois il est bon de d’en ressortir une petite, ca ne fait pas de mal….

 
L’augmentation des revenus n’est pas une chose aisée.
C’est une évidence.

La diminution des impots est rendue impossible par l’ampleur des deficits , les regles europeennes et la dette.

Reste l’augmentation des salaires.

Nous sommes de ceux qui pensons que notre Président « qui suit tous les dossiers » devrait très sérieusement considérer cette option.

La France souffre en effet d’un déficit de pouvoir d’achat avec l’effet conjugue de l’escroquerie des 35 heures qui a gelé les salaires, et le passage a l’euro qui a fait la joie de petits malins

Au risque d’en surprendre plus d’un, nous pensons donc que Sarkozy et le gouvernement devrait exercer une pression maximum sur le MEDEF pour lâcher du lest en matière de salaires.

C’est pourquoi d’ailleurs nous pensons egalement que l’occasion de supprimer les 35 heures a été gâchée et que l’on a rate l’opportunité de revenir a 39 heures, payées 39 heures.

Ce qui revenait illico a 10 % de salaire en plus.
Mécaniquement sans perte de productivité pour l’entreprise.

La Loi sur les heures supplémentaires même si elle poursuit le même objectif n’aura pas de résultats spectaculaires et fortement significatifs.

En plus l’initiative des heures supplémentaires restent à l’appréciation de l’entreprise alors que l’allongement de la durée du travail était une application immédiate du « travailler plus pour gagner plus ».

Cette rupture lā n’ayant pas été faite dans l’euphorie des « 100 jours » on ne voit pas désormais comment rattraper l’occasion perdue.

Du coup la hausse du pouvoir d’achat par l’augmentation des revenus, si elle se fait, se fera au mieux par un « léger coup de pouce sur les salaires » généreusement accorde par le patronat.

Et ca n’est pas gagne.

Pourtant quand on regarde les profits des grandes compagnies du CAC 40 on se dit parfois que le discours gauchiste sur les actionnaires privilégiés au détriment des salaries n’est pas dénue de fondement.

On n’a rien contre les stock-options et bonus divers, mais il nous semblerait pertinent de réfléchir à la redistribution du profit sur les petits revenus en déficit de consommation.

 
L’autre piste et la dernière c’est la baisse des prix

C’est un vaste sujet, que nous traiterons dans l’article suivant car j’en vois 3 ou 4 qui commencent a s’assoupir au fonds de la salle………

 
 
 
 
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Publié dans Economie

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A
VOUS ETES PARFOIS SURPRENANT POUR QUELQU'UN DE DROITE.....MAIS VOTRE COMMENTAIRE SUR LES SALARIES PAR RAPPORT AUX ACTIONNAIRES EST ABSOLUMENT EXACT
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M
sur les cartes de credit vous avez tout a fait raison et je ne m'explique pas la difference par rapport aux USA 
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B
Tout cela est sans doute vrai dans le court terme. Le problème de la France me paraît pricipalement résider dans le fait que ses frais de fonctionnement, tant publics que privés, ceux-ci dépendant de ceux-là, sont tellement élevés depuis 3 décennies qu'elle n'a pas eu et qu'elle n'a pas les moyens d'investir. On ne sauvegardera pas un PNB de pays développé si on continue. P. Baetz
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