SARKOZY - LES VRAIS PROBLEMES ARRIVENT
Personne de raisonnable intellectuellement ne discute le fait que le mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy a démarre de façon éclatante.
Beaucoup ,dont nous serions volontiers , parlent même d’un sans faute, ou presque.
Fini le Président « au dessus de la mêlée » qui cloîtré dans son palais de l’Elysée observe le jeu politique comme un « sage » qu’il n’est pas, laisse ses ministres avec plus ou moins de bonheur aller au casse pipe, se contente d’aller faire semblant ici ou la que la France est un acteur majeur de l’échiquier mondial, et ne réfléchit qu’a deux choses : quel sera le prochain Ministre quand celui en place sera « usé » et que faire ou surtout ne pas faire pour être reélu ?
Ca n’est plus un bol d’ailleurs mais un vrai courant d’air, frais et purifie, un vrai coup de jeunesse après 22 ans d’immobilisme, de lâcheté et d’hypocrisie.
Nous voulions y croire bien sur, mais comme beaucoup sans doute nous étions tout de même tenailles par le doute.
Un Président qui travaille, qui s’implique, qui suit les dossiers voire même les précédent, qui indique la route a ses Ministres et qui contrôle l’avancement de leur travail.
Un patron comme on avait fini par imaginer qu’il n’en existait plus en politique.
Certains critiquent ou s’inquiètent de voir un Président ainsi« expose » mettant en avant les risques a terme, au cas ou les choses n’iraient pas tout a ait comme prévu.
Depuis quand un Président n’est-il pas responsable du travail et du bilan de son équipe ?
Depuis que la politique française marche sur la tête peut être….car autrement, il en est toujours et partout ainsi.
La modification du calendrier électoral a change la donne.
L’élection présidentielle est quasi simultanée avec les élections législatives.
Nous aimerions d’ailleurs pour notre part comme vous le savez, aller plus loin et qu’elles se tiennent le même jour.
Toujours est-il que pour la première fois le Président à 5 ans devant lui pour travailler, reformer et agir véritablement en profondeur.
5 ans avec une majorité confortable motivée et préparée depuis de longs mois à soutenir l’entreprise de changement.
5 ans sans risque d’une cohabitation anesthésiante qui a instaure en système les compromis et la lâcheté.
Ses équipes étaient constituées, les idées étaient claires, les projets étaient précis et définis, le calendrier arrête et les textes de loi quasi rédiges.
Imaginez quelle pagaie nous aurions eue si Ségolène Royal avait gagne !
Il aurait d’abord fallu régler les problèmes du PS avant ceux du pays !
8 jours après son élection le gouvernement était constitue et avait déjà un programme précis.
Les fameux 100 jours « d ‘état de grâce » ont été utilisées comme jamais.
En moins de 3 mois toutes les mesures emblématiques du candidat Sarkozy étaient votées.
Mesures fiscales relevant le plus souvent du bon sens (on pense aux droits de succession) mesures symboliques politiquement et economiquement (heures supplémentaires défiscalises) et mesure sur la vieille gangrene de la France le service minimum.
Autant de mesures expédies comme une lettre a la poste qui en d’autres circonstances ne serait jamais passées sans des polemiques interminables..
Il n’y a guère que la déduction des intérêts d’emprunts qui ne trouve pas grâce a nos yeux.
D’abord parce que cet imbécile de Jean-Louis Debré a cru intelligent de régler des comptes.
Ensuite parce que l’on ne dit pas assez que c’est le Parti Socialiste qui a saisi le Conseil Constitutionnel.
Il serait tout de même bon qu’on le rappelle de temps en temps et qu’on rende a Cesar ce qui lui appartient..
Il n’en demeure pas moins vrai que la réalité de la mesure est assez éloignée des promesses du candidat Sarkozy.
Comme nous l’avons déjà dit, la montagne a accouche d’une souris. Et d’une souris bien maigrichonne comparee a la souris americaine qui avait inspire la mesure.
Entre un Parti Socialiste KO debout, un Parti Communiste en dépôt de bilan et la France de gauche entassee dans les campings et sur les plages, tout cela n’a été qu’une formalité.
Notons d’ailleurs que toutes ces mesures sans exception font l’objet d’une large approbation des français.
Mais cela montre aussi qu’au delà des 53 / 47 de l’élection, les français se rejoignent sur des mesures de bon sens qui dépassent les clivages.
Massivement la encore approuvée depuis toujours par les français (qui avaient fini helas par faire un amalgame dramatique avec la cohabitation) elle fut conduite de main de maître (voir notre article sur le sujet).
Au delà du choix des hommes, cette stratégie a eu pour conséquence de casser définitivement l’image véhiculée par la gauche pendant la campagne d’un Sarkozy sectaire, obtus et ferme aux autres.
Rappelez vous, pour certains socialistes comme Mamere et Hollande sur la dictature fasciste qui etait en marche…
L’ouverture a magistralement tue dans l’œuf ces critiques que Hollande et les autres ont du ravaler.
Plus que de la popularité, il s’agit d’approbation, ce qui est beaucoup mieux.
En théorie seulement, car en réalité le capital d’opinion peut permettre à Sarkozy de tenir encore quelques mois.
Pas d’échéances politiques décisives nous l’avons vu avant 5 ans, et des partis de Gauche Socialiste et Communiste qui ne constituent pas une alternative crédible.
Même Hollande le reconnaît : le PS n’est plus entendu.
D’ailleurs on a l’impression que l’ex boy friend de Ségolène hésite depuis quelque jours entre deux attitudes. L’opposition imbécile et systématique qui fait plaisir à Mélenchon, Emmanuelli et aux militants purs et dures, mais que le ridiculise et conforte finalement le Président ou une opposition plus constructive et plus intelligentemais encore faudrait-il avoir des propositions alternatives.
La CGT entre autres n’a pas eu d’autres choix que d’avaler les couleuvres sarkoziennes mentionnées plus haut.
En particulier sur le Service Minimum il est vraisemblable que le syndicat marxiste va faire de l’obstruction.
Quand Xavier Darcos annonce qu’il va réduire le nombre de profs (enfin depuis le temps que le nombre d’élèves diminuent) en même temps il annonce que c’est « pour mieux payer les autres ».
Et plutôt qu’ouvertement leur demander de « travailler plus », il annonce la création des études surveillées, l’organisation du bac en dehors des établissements scolaires, des conseils de classe en Juin et non plus en Mai et les examens écrits surveilles par d’autres que les profs dont « ce n’est pas le métier ».
On voit mal les profs s’opposer a cela et faire grève. Ou alors il faudra l’expliquer aux parents…
Même si avant même d’avoir repris le travail, les syndicats de profs ont déjà annonce qu’ils envisageaient… de l’arrêter, le moins que l’on puisse dire c’est « qu’ils n’ont pas un bon dossier »
Quant a la refonte des programmes tant attendue, si Sarkozy et Darcos y associent pleinement les parents, c’est gagne d’avance.
Non de façon plus réaliste nous pensons qu’il faudra tenir face à la réalité.
Rappelons que le vrai problème de la France que le candidat Sarkozy a martèle pendant 6 mois c’est de se remettre au travail.
Pour gagner plus certes, mais pour produire plus, vendre plus, créer plus de richesse, créer plus d’emplois et donc plus de demande.
Toutes les mesures prises jusqu'à présent relevaient d’ajustements de la Société France qui avait perdu la tête, et d’autres comme celles touchant l’école, concernent le long terme.
Or le vrai problème c’est l’économie et plus précisément sa croissance.
La France a besoin, dramatiquement besoin d’un point de plus de croissance.
On sait aussi depuis longtemps (depuis que l’on a essaye de nous faire croire le contraire…) que la croissance ne se décrete pas.
Je sais que vous allez me dire que toutes les mesures fiscales ont pour but de redonner du pouvoir d’achat, donc la consommation et du coup de la croissance.
D’ailleurs l’OCDE ne s’y est pas trompe en annonçant que la France se dirige en 2007 vers une croissance de 1.8 %.
Méthode Coué qui paraît un peu curieuse sachant que Sarkozy a pris les rênes a mi-chemin et que comme nous l’indiquions plus haut, les mesures fiscales de l’été n’auront pas un impact ni aussi immédiat, ni d’une telle ampleur.
On voit donc mal et nous l’avions dit pendant la campagne comment 2007 pourrait être autrement que prévu, c’est à dire mauvais…
En plus, d’un point de vue politique cette communication nous semble discutable. Officialiser 1.8 % permettrait a notre sens, de faire porter le chapeau a l’héritage, vieille technique bien connue du nouveau Président qui arrive « charger la bete…. »
De mauvais résultats en 2007 rendraient aux yeux de l’opinion indispensables les mesures à prendre.
Le gouvernement ne semble pas avoir fait ce choix, on peut donc s’en etonner.
Reste que ces mesures dont nous parlons, celles qui peuvent impacter rellelement l’economie, elles restent a venir.
Nous allons pour notre part vous indiquer quelles sont les propositions de Bon Appetit Messieurs.
Ce sera la deuxieme partie de cet article que nous publierons dans les 48heures.