MELENCHON LE MEILLEUR ALLIE DE SARKO ???

Publié le par Patrick Gouverneur

13 voir même 14 % à en croire certains Instituts.

Jean Luc Mélenchon ne cesse de grimper dans les sondages.

Il a purement et simplement doublé son score de « départ » il y a quelques mois en arrière, quand il se situait au début de sa campagne à 6 ou 7%.

Les raisons de cette lente mais régulière progression sont connues.

Une bonne campagne menée par un très bon candidat, charismatique, intelligent, cultivé qui séduit les foules et en particulier le peuple de gauche.

Celle la est connue et est régulièrement mise en avant par tous les commentateurs.

 

Une autre est plus rarement citée, et pourtant elle nous semble la conséquence directe de la première. Jean Luc Mélenchon regroupe sur son nom l’ensemble de la famille d’extrême gauche en France.

 Nous nous en sommes régulièrement fait l’écho ici, la France réalise une performance unique au monde en comptant un tel courant qui représente entre 12 et 14% de l’opinion.

Cette caracreristique est bien plus choquante que le score du FN qui n’est en aucun cas une exclusivité mondiale, un tel chiffre lui en est une.

Mais cela étant Mélenchon ne fait que capter a lui tout seul la totalité de ce type de suffrage qui étaient dans les élections précédentes représentés par 4 ou 5 candidats différents.

La réside tout son mérite.

Car regrouper sous le même nom et la même bannière les électorats Trotskistes et Communistes n’est pas historiquement une mince performance.

A partir de ce constat, la question qu’il nous semble nécessaire de poser, même si elle parait de prime abord un peu incongrue, c’est de savoir si l’ascension de Jean Luc Mélenchon n’est pas pour Nicolas Sarkozy une bonne nouvelle ?

Et pour nous la réponse est OUI.

 

Expliquons-nous.

Tous les sondages le montrent, la montée de Mélenchon s’effectue au détriment de François Hollande. Résultat mécanique, celui-ci se tasse en perdant grosso modo 4 points depuis 1 mois pour atteindre 27%.

Dans le même temps Sarkozy continue sa lente remontée en grattant 1 point ou 2 a François Bayrou.

Du coup l’hypothèse de voir Sarkozy en tête au premier tour devient sérieuse. Vous me direz cela n’a guère d’importance, c’est le deuxième qui compte et de ce point de vue le résultat final est toujours le même.

Certes.

Mais il n’en demeure pas moins que d’un point de vue psychologique c’est important. Les supporters de Sarkozy, cela me frappe beaucoup, sont dans le déni de sondages…. En d’autres termes ils refusent de croire aux sondages.

Les professionnels de la politique, a commencer par les dirigeants de l’UMP et certains ministres, ne sont eux pas dupes et sont très pessimistes depuis ces dernières semaines.

Une « victoire » de Sarkozy au premier tour va rebooster tout le monde et redonner confiance.

 

Deuxièmement, et surtout, un bon score de Mélenchon met Hollande dans l’embarras entre les deux tours.

La encore tous les sondages montrent (c’est même la raison numéro un de sa victoire pronostiquée…) que 90% des électeurs de Mélenchon votent Hollande au deuxième tour.

Or un bon score de Mélenchon va conduire celui-ci à « négocier » durement ses suffrages.

Hollande n’aura pas d’autre choix que de donner des gages à Mélenchon sur son programme.

Le transfert de voix de Hollande vers Mélenchon est clairement du au positionnement au centre du candidat PS. Pour beaucoup de socialiste il n’est donc pas assez à gauche.

Un durcissement de son discours entre les deux tours ne peut que favoriser Sarkozy.

Celui-ci mise clairement sur un affrontement droite –gauche.

Or le positionnement prudent de Hollande rend plus compliqué ce discours. Une « gauchisation » exigée par Mélenchon ne peut donc que servir les intérêts du président-Candidat.

 

De surcroit les 66% d’électeurs de Bayrou qui aujourd’hui votent pour Hollande au deuxième tour pourraient hésiter face a un positionnement plus a gauche du socialiste.

 

Enfin les électeurs du FN qui ont du mal (c’est le moins que l’on puisse dire…) a voter Sarko au deuxième tour pourraient se sentir plus « motivés » par une alliance socialo-communiste qui rappellerait les pires heures de 81.

Un vote par défaut en quelque sorte. Mais c’est le système démocratique qui veut cela.

De la même façon que Hollande cristallise sur sa candidature et sur son nom une grande partie de l’anti-Sarkozisme, le Président pourrait jouer sur la corde inverse et mobiliser sur la peur du retour de la vraie gauche socialiste.

En tout cas de ce point de vue, nul doute que la présence encombrante d’un Mélenchon au sein d’une coalition gouvernementale ne peut qu’arranger Sarkozy.

Lui au moins se réjouit de la montée de Mélenchon

Publié dans Politique

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