LES VRAIES RAISONS DE LA RACLEE D'OBAMA

Publié le par Patrick Gouverneur

J’imagine pour la plupart de nos lecteurs résidants en France, les explications de la fameuse «  raclée », selon les mots mêmes du Président américain, reçue par Barack Obama et les Démocrates Mardi dernier restent confuses.

Je l’imagine, car j’ai lu a peu près sans doute les mêmes choses que vous sur le sujet, et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas avec ce genre d’article que vous risquez de comprendre quelque chose a la politique américaine…

Remarquez, vous me direz que ce n’est pas nouveau.

Certes, mais c’est toujours agaçant.

Les correspondants des différents medias français aux Etats-Unis sont tellement incompétents et ignares du sujet qu’ils se contentent la plupart du temps de vous traduire quasiment a l’identique les papiers du New York Times.

Le New York Times est c’est entendu un media historique, mais sa partialité et son gauchisme sont tels qu’il est au bord de la faillite, et qu’il ne représente plus grand monde sur l’échiquier politique américain.

Il est même peut être plus lu en dehors des Etats-Unis qu’a l’intérieur…

Il n’empêche il continue en France à être la bible…

 

Alors effectivement si l’on suit régulièrement le journal New Yorkais, on ne peut qu’être surpris des résultats de ces élections du mi-mandat.

Alors qu’en réalité leur issue était parfaitement prévisible et d’ailleurs parfaitement prévue depuis plusieurs mois. Seule la presse aveuglement de gauche faisait semblant de l’ignorer.

Par conséquent pour être clair il y a un moment ou les âneries et les contre vérités de la presse française sont énervantes, et j’ai envie modestement de rétablir certaines choses, même si j’écris d’une façon générale assez peu sur la politique américaine.

 

Ce résultat s’explique essentiellement par deux facteurs politiques majeurs, même si il y a bien evidemment d’autres raisons accessoires.

 

Par exemple, personne ne peut nier que les élections intermédiaires, aux Etats-Unis comme en France, sont rarement favorables au pouvoir en place.

L’exercice du pouvoir on le sait est ingrat, singulièrement dans ces temps de crise, et Obama n’y a pas échappé.

C’est évidemment une explication.

Mais l’ampleur de la raclée en montre les limites.

La défaite démocrate est historique de par son importance arithmétique et représente bien plus qu’un mouvement d’humeur de l’électorat, c’est une vraie rupture.

 

Il ya aussi de la part du Président quelques fautes de gout…. disons quelques erreurs de comportement….

Des vacances fréquentes, et de surcroit couteuses, cadrant mal avec l’image populaire qu’il voulait se donner, qui ont fait un peu tache.

Des propos un peu demago et repentants a l’étranger qui ont heurté l’opinion publique et son image.

Je vous entends déjà me dire que cela vous rappelle quelque chose…et que bling bling c’est un mot anglais….

Gardez vous bien des conclusions hâtives.

Il y a bien sur quelques similitudes avec la situation de Nicolas Sarkozy, toutes les démocraties occidentales ont des phénomènes mediatico-sociologico-politiques comparables, mais elles sont limitées.

 

Sarkozy souffre aujourd’hui du fait (notamment chez ceux qui l’ont élu) de n’avoir pas tenu ses promesses. La rupture on l’attend toujours.

Obama c’est le contraire.

Le type jeune, sympa ouvert et consensuel s’est transformé en idéologue, en tout cas en a donné l’impression, et de surcroit s’est montré peu a l’écoute de son opinion.

Obama a pris des décisions, et mis en place des mesures qui n’étaient pas dans son programme.

Rappelons d’ailleurs, on l’avait assez écrit à l’époque, qu’Obama n’avait pas de programme. Il avait un look, un sourire et il a généré un espoir.

« Yes we can » c’est un slogan génial, mais pas un programme. Surtout quand on ne dit pas quoi….

Je vais même plus loin, si Obama avait précisément dit dans sa campagne (ce qu’avait fait Sarkozy justement) ce qu’il allait faire je pense qu’il n’aurait pas été élu.

Le cote rassurant car consensuel qui a séduit les électeurs « centristes », et les a convaincu de voter pour un homme jeune et de surcroit noir, en plus intelligent et sympa, plutôt que pour un homme certes estimable mais tout de même septuagénaire, n’aurait pas fonctionné.

 

Toujours est il que ces décisions et ses mesures qui pour mois sont les deux raisons majeures de cet échec sont

- La reforme de l’assurance maladie

- La loi sur l’immigration en Arizona

 

La reforme de l’assurance maladie.

 

Ce dossier est l’illustration à lui tout seul de la désinformation permanente en France sur les Etats-Unis.

Permettez moi de vous indiquer ou vous rappeller quelques évidences peu connues chez nous.

Les fameux 40 millions d’americains « sans couverture maladie » dont les socialistes français nous rabâchent les oreilles depuis des années est une farce.

La plupart de ces gens la n’ont pas de couverture maladie  parce tout simplement ils ne le veulent pas.

Aux US c’est leur droit, ce n’est pas obligatoire.

Ils sont jeunes, en bonne sante, célibataires, éventuellement idiots peut etre…, mais c’est leur droit.

Les autres ceux qui ne peuvent pas, sont en réalité couverts par Medicaid s’ils sont pauvres et par Medicare s’ils sont vieux.

Une espèce de CMU a l’américaine

Et tout cela est naturellement financé par l’impôt naturellement.

Pour info depuis je crois 1965 Lyndon Johnson.

Reste au milieu une minorité de cas particuliers, effectivement sans couverture mais qui sont de même soignés dans les hôpitaux lorsqu’ils se présentent…

 Autrement dit cette désinformation permanente occulte complètement en France le fait qu’a l’élection de Barack Obama

80% des américains étaient satisfaits de leur système de sante,

Ils le jugent très imparfait mais globalement ca leur convient.

 

Autrement dit avec sa loi si controversée, Barack Obama a été a l’encontre de 80 % de l’opinion.

Et de surcroit ce faisant, il s’est attaqué a un principe fondamental de la société américaine : la LIBERTE INDIVIDUELLE.

Les américains sont élevés dans la culture de la responsabilité individuelle.

On prend ses responsabilités pour sa couverture sociale, pour sa retraite pour l’éducation de ses enfants, pour la gestion de son patrimoine, ce n’est pas a l’Etat de m’expliquer ce que je dois faire.

Une autre planète je vous le concède pour une société gangrenée par l’assistanat…

Bien évidemment 100% de la population ne pense pas ainsi mais la majorité oui.

Ceci vous permettra je l’espère de mieux comprendre pourquoi ici il est qualifié de « socialiste » quand ce n’est pas de communiste par certains.

Même si ca fait pisser de rire Jean Luc Mélenchon c’est en tout cas la première raison pour laquelle une partie de l’électorat lui a tourné le dos.

Et pour arranger le tout, il a entre autres raisons par manque de préparation au pouvoir, il a accouché d’une véritable usine a gaz quasi inapplicable qui va couter une fortune aux contribuables.

Nous on sait de quoi ca parle, mais certains américains aussi qui ne se privent pas de mettre en avant l’exemple français pour prédire ce qui se passera dans 20 ans avec un système étatique ouvrant la porte a tous les abus….

 

 

La deuxième c’est l’Affaire, si l’on peut dire, de Arizona Law.

La encore il me faut apporter d’entrée une précision.

Il est interdit par la Constitution aux US à la police d’arrêter quelqu’un sans une raison valable.

J’imagine que cela doit faire rêver nos amis parisiens … mais c’est pourtant comme cela.

Et cela fait 250 ans que cela dure.

Confronte à une immigration sauvage et gigantesque, car frontalier avec le Mexique, l’Etat de l’Arizona il y a quelques mois, a décidé de mettre en place précisément une Loi autorisant les flics locaux à demander sans raison les papiers d’identité à qui ils veulent.

On voit bien l’idée : lutter contre l’immigration clandestine.

On voit bien aussi les critiques, c’est le contrôle au facies, un mexicain ca se repère.

Précisément ce que la Constitution interdit.

L’Arizona a bien évidemment expliqué qu’il se considérait comme un cas très particulier, et qu’il ne s’agissait pas d’une Loi Fédérale mais locale compte tenu d’une situation très spécifique.

Ce n’est évidemment pas dans le Delaware l’Arkansas ni même la Floride que l’on voit des dizaines de mexicains traverser la frontière la nuit en courant…

Rien n’y a fait,  Obama a invoque précisément l’aspect anti-Constitutionnel de la Loi et l’a interdite.

Décision juridiquement inattaquable, moralement certainement louable, mais politiquement d’une stupidité absolue.

D’abord parce que même si l’immigration, clandestine ou pas, n’a pas les mêmes conséquences ici qu’en France, compte tenu que les « spécificités culturelles et religieuses » ne sont pas les mêmes…. Il n’en reste pas moins vrai que c’est un vrai problème.

Entre 9 et 10 millions de personnes seraient clandestins (sur 330 quand même…)

Ce qui est drôle c’est que comme sur la Sécu s’il voulait bien nous demander notre avis, on pourrait lui expliquer très facilement ce qui se passera dans 20 ans si on ne contrôle pas certains « flux »….

  

Reste que c’e fut une décision politique stupide et couteuse a commencer par le fait où

70 % des américains (selon les sondages) étaient d’accord avec l’Arizona.

 

La encore Obama (et son entourage) n’a pas bien « senti » l’Amérique.

Chaque américain comme chacun sait est un immigré. De plus ou moins fraiche date mais est un immigré.

Pour les plus récents d’entre eux (a commencer par votre serviteur), mais y compris et surtout les immigrés d’origine latina, leur insertion et leur intégration dans le pays est le fruit d’un véritable effort et d’un long processus pour se « mettre en règle », et tous les sondages la encore démontrent que la majorité de cette population est opposée au laxisme en la matière, et encore plus a la régularisation massive que les Démocrates sont régulièrement suspectés de soutenir.

Autrement dit les latinos qui en ont bavé y compris financièrement pour être légal et ensuite citoyen, ne comprennent pas pourquoi il suffit de passer la frontière a 3 h du matin en courant pour avoir les mêmes droits.

 

De sorte que cet électorat latino qui avait largement contribué a son élection il y a 2 ans lui a aujourd’hui totalement tourné le dos.

Dans cette affaire on a prêté à Obama les pires intentions. Surtout celle de vouloir laisser entrer des illégaux pour pouvoir les régulariser ensuite afin de se construire un électorat « reconnaissant ».

Je ne veux pas croire que cela soit vrai, même si cette idée machiavélique a certainement traversé l’esprit pervers de la gauche des Démocrates…

Pour ce qui concerne Obama, disons pour être gentil qu’il a été extrêmement mal conseillé dans cette affaire….

 

N’empêche que le résultat est la, et qu’électoralement il est douloureux.

 

 

Et maintenant me direz vous ?

Et bien l’échéance comme chez nous c’est 2012.

Obama c’est clair doit faire face au triste défi de ne pas être le Président d’un seul mandat,…

Ce qui est considéré comme une tare dans la politique américaine. On est au niveau de Carter c’est vous dire…

Et ce n’est pas gagné.

Mais la encore les comparaisons s’arrêtent avec son homologue français. Car Obama a aujourd’hui même ou sont écrites ces lignes, une popularité de 44%.

Avec  certes des opinions défavorables de 49%

Certes 49-44 vous avez l’explication des résultats de Mardi dernier.

Mais 44% ce n’est pas 27, comme Sarkozy.

Obama n’est pas comme Sarko au pied de la montée sur l’Alpe d’Huez pointe avec son maillot jaune a 5 minutes de l’échappé qui par chance n’est pas Armstrong, c’est simplement Martine ou Ségolène… disons qu’il n’est pas encore complètement a la dérive et décroché…

Les sondages montrent en effet que ce n’est pas tellement l’homme qui est rejeté mais sa politique, alors que pour ce qui concerne Sarkozy je ne suis pas sur que ce ne soit pas le contraire justement….

 

Toujours est-il que pour Obama de mon point de vue, l’enjeu est désormais simple : comment va-t-il gérer cette nouvelle « cohabitation » ?

Comment va-t-il, désormais qu’il n’a plus le choix, devenir justement le Président consensuel qu’il avait promis d’être ?

C’est la dessus qu’il sera jugé dans 2 ans et du coup battu ou réélu.

Sarah Palin va compter les coups et bien observer ce qui va se passer soyez en surs.

 

Les commentateurs les plus compétents et les plus honnêtes, il y en a quand même beaucoup sont partagés.

Une chose est certaine la balle est dans son camp.

L’opposition désormais au pouvoir a largement ouvert la porte, mais n’en soyez pas surpris c’est la pratique américaine de la politique. A lui de la refermer ou pas.

Wall Street y croit c’est déjà cela.

Nous aussi.

D’abord il n’a pas beaucoup le choix, car un comportement fermé et une utilisation de son droit de veto a la Mitterrand me semblerait suicidaire dans l’état actuel de l’opinion. Ensuite parce qu’il a un exemple de réussite très proche de lui c’est Bill Clinton.

Confronte a la même situation en 94 il a été triomphalement réélu 2 ans plus tard.

Et Bill Clinton pour beaucoup de Démocrates ca reste le gourou…

Et Hillary qu’on le veuille ou non son inspiratrice. Donc Obama au moins sur ce dossier est bien entouré

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baetz 10/11/2010 14:23



bonne analyse. Pour 2012, dans ce genre d'élection, on ne pourra rien dire tant que les adversaires ne seront pas connus mais si les républicains suivent Sarah Palin, ils referont la bêtise
Goldwater. C'est tout ec que je vois dans lea boule de cristal