LE PLAN D'AUSTERITE GOUVERNEMENTAL ENVOIE NOUS SEMBLE T-IL DEUX MESSAGES

Publié le par Patrick Gouverneur

D’un point de vue strictement économique, le plan de rigueur récemment mis en place par le gouvernement est une farce absolue. Il ne s’attaque en effet en aucune manière aux vrais problèmes du pays.

1800 milliards de dettes, on ne sait plus exactement combien puisque cela change tous les jours, et 80 milliards de déficit par an soit environ 30% du montant des recettes annuelles, nous sommes loin de compte avec les quelques milliards de recettes supplémentaires que représentent ce plan.

En outre il ne touche en aucun cas les problèmes de fonds de notre pays c'est-à-dire le fait que la France dépense trop, beaucoup trop, et surtout beaucoup plus que ce qu’elle gagne.

Le grand manque de ce plan c’est que précisément il ne s’attaque pas aux dépenses qui sont la gangrène de notre économie.

Il est d’un classicisme effondrant, augmentation des impôts, sans s’attaquer aux dépenses, en gros la politique de ces 30 dernières années.

La question que l’on peut raisonnablement se poser c’est de savoir si ce classicisme navrant durera t-il longtemps ?

En effet de telles mesures d’économies réelles sur les dépenses sont inéluctables.

Vous et moi le savons.

Nicolas Sarkozy aussi, et François Hollande très probablement également.

Le problème est de savoir qui osera le dire en premier et qui osera mettre des chiffres et des propositions sur la table ?

Nous sommes en effet me semble t-il, pour les deux mois qui viennent dans une période ou la campagne électorale va diminuer d’intensité.

Sarkozy officiellement pas déclaré va rester dans une stature « présidentielle », et François Hollande va rester de son coté un peu en retrait aussi pour a la fois ne pas dévoiler tous ses projets , et en même temps ne pas regretter demain des propos qu’il pourrait tenir un peu vite aujourd’hui...

 

Mais ce plan a le mérite d’exister et me semble révéler deux messages.

Le premier est clairement adressé aux marchés, et a pour but de sauver le AAA de la France.

Cette note n’a en soit pas grande importance( les USA en font la démonstration actuellement) mais en pleine période électorale la perte de ce label pourrait avoir des conséquences explosives, Hollande et les autres candidats ne manqueraient pas de tomber a bras raccourcis sur Sarkozy si une telle sanction tombait.

Et son impopularité est telle que ce serait une forme de coup de grâce pour lui.

Avec ce plan, Nicolas Sarkozy envoie donc aux marchés et aux agences de notation le message suivant : on a pris conscience de nos problèmes, et on prend des décisions qui vont dans le bon sens.

Espérons pour lui que ce message sera reçu ainsi, et que les dites agences patienteront encore quelques mois avant de prendre une décision négative concernant ce label.

 

Le deuxième message est plus voilé, et est envoyé sans doute involontairement.

Mais en tout cas il est reçu comme tel par les observateurs du jeu politique.

En tout cas par nous.

Nicolas Sarkozy candidat a sa propre succession fera campagne sur le terme de la rigueur, du sérieux et de la compétence internationale par opposition a son adversaire numéro 1 qui lui a commence a parler du « changement »,  et du coup ne pourra pas éviter de faire quelques promesses dont chacun sait bien qu’elles ne pourront pas être tenues.

Ou si elles l’étaient, cela sous entendrait une augmentation autrement plus sensible de l’impôt, en particulier sur le revenu, que ce plan ne le prévoit déjà.

Des lors l’électorat de droite « perdu » par Sarkozy d’après les sondages, n’aurait d’autre choix que de voter pour le Président sortant , même si ce devait être sans enthousiasme.

Voila sans doute le raisonnement retenu par Sarkozy et ses conseillers.

En ce sens il rejoint ce que nous disions nous-mêmes ici il y a peu.

Le Président ne peut guère imaginer de faire campagne sur des promesses qu’il n’a pas tenu dans les 5 années passées, il ne peut que se positionner en termes d’image, de sérieux et de compétences ce qui  jusqu'à preuve du contraire est le point faible de son adversaire qui n’a  jamais comme chacun sait, occupe de poste ministériel,  ce que ne manquera pas bien sur de relever Sarkozy et son équipe.

Est-ce que cela sera suffisant ?

Ca c’est une autre histoire.

Mais une chose est sure, en tout cas a nos yeux, il n’a pas le choix.

Toute autre stratégie est vouée à l’échec.

Au moins celle la a-t-elle une chance de marcher.

Une petite chance mais une chance tout de même.

 

Encore faut-il que Hollande s’en tienne à son discours de l’élection primaire socialiste. Ce qui n’est pas certain.

L’élection est dans 7 mois et en 7 mois il peut se passer beaucoup de choses.

A commencer par la confirmation que l’économie française est en stagflation, avec une croissance 0, ce qui ne manquerait pas de ne pas arranger les affaires de Sarkozy.

En tout état de cause a l’heure ou nous parlons, il nous semble que si Sarkozy n’a pas beaucoup le choix en termes de stratégie, Hollande n’a pas beaucoup le choix non plus.

Un programme basé sur des promesses irréalistes ne résisterait sans doute pas à la réalité des événements.

A contrario un programme trop réaliste décevrait fortement son électorat traditionnel et le ferait apparaitre comme trop « conventionnel », en clair comme faisant partie du système.

Reproche qui lui a déjà été fait pendant la primaire.

 

 Il me semble qu’il devrait plus faire porter ses propos sur sa capacité a mettre en place une relance économique, indispensable condition a la résolution de nos problèmes de fonds, et a mettre en place la « République irréprochable » , dossier sur lequel Sarkozy a tant échoué. Il a commencé  avec sa promesse de diminuer la rémunération des Ministres de 30%, il devra aller plus loin sur le cumul des mandats ou encore les nominations, et les économies à réaliser quant au mille feuille administratif français.

Les socialistes en cas de victoire Présidentielle contrôleront sans doute politiquement tous les échelons politiques du pays.

Leur responsabilité sur le plan de la gestion des couts n’en sera que plus engagée.

Et il me semble que Hollande devrait prendre des engagements la dessus puisqu’il aura bien du mal a « promettre » une réduction des dépenses « sociales »…

 

En tout cas pour insignifiant qu'il soit sur le plan economique, le plan gouvernemental, comme vous pouvez le voir ne l'est pas au niveau politique.

D'ailleurs la "mollesse" relative des reactions socialistes semblent confirmer leur embarras.

Mieux vaut en effet avoir face a soi un Sarkozy plein de promesse, qu'un Sarkozy promettant du sang et des larmes....

Registre dans lequel il est sans nul doute plus convaincant....

Publié dans Politique

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