LA FRANCE PAYS DE CONTRADICTIONS ?

Publié le par Patrick Gouverneur

Quel curieux pays que la France !

A se demander  parfois comment peut-on rester aussi désespérément attaché à cet hexagone qui reste pourtant tellement enfermé dans ses archaïsmes et ses contradictions.

Les télévisions du monde entier, a commencer par celle de l’Equateur, si si…., ne parlent que de « pénurie d’essence », d’un pays « paralysé par les grèves et les manifestations » au point que certains différent des voyages d’affaires pour ne pas « s’y trouver bloqué ».

Exagération médiatique certes, mais tout de même…

 

Il reste les faits. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils révèlent des contradictions parfois navrantes.

 

60% des français (en moyenne selon les Instituts de sondage) sont d’accord pour reconnaitre « qu’une reforme des retraites est inévitable ».

Sage bon sens s’il en est.

L’espérance de vie est quelque chose qui n’a pas échappé au plus grand nombre ; c’est rassurant.

Dans le même temps, 70% (la encore en moyenne) sont contre celle la.

Diable.

Qu’a-t-elle donc d’extraordinaire ?

L’allongement de deux ans des cotisations et de la durée du travail…, quelle histoire quand l’espérance de vie dépasse désormais les 80 ans.

La question qui des lors a mes yeux s’impose est celle-ci :

Comment une majorité large de français considèrent « la reforme comme indispensable »  et en même temps la même majorité des français (ou presque) est contre celle proposé par Sarkozy ?

La faute de Sarkozy justement ?

 

Il est probable effectivement que le rejet actuel du Président dans l’opinion soit un élément d’explication.

Mais convenez tout de même que si toutes les idées du Président sont considérées comme mauvaises simplement parce qu’elles viennent de lui on touche quand même le degré zéro de la démocratie.

 

Un autre élément d’explication est peut-être fourni par d’autres sondages, qui indiquent que « 54% des français trouvent la reforme injuste ».

Injuste, le mot est lâché !

C’est le mot qui tue en politique, et singulièrement en démocratie.

Aucune décision ne peut être acceptée si elle n’est pas considérée comme légitime.

Et apparemment, c’est le cas.

Sarkozy et son gouvernement ont donc une fois encore perdu la bataille des mots et de la communication.

 

Mais pour le coup, la question suivante est : « en quoi est-elle injuste » ?

Comme le mot a été largement utilisé, pour ne pas dire largement imposé médiatiquement, par l’opposition, nous devons nous pencher sur leurs propositions.

Et la franchement cela se complique.

François Bayrou par exemple qui a déclaré « qu’il était favorable a la reforme mais qu’il ne voterait pas car il estime qu’il faudrait réparer quelques injustices »… ne nous dit pas lesquelles.

Ou alors, ca m’a échappé.

 

Du cote du P.S, ce n’est guère mieux.

Le mot « injuste » est balancé à toutes les sauces mais nous avons du mal à voir ce que cela cache.

En réalité, ce qui me frappe et ce qui est à mes yeux a la fois caractéristique et consternant dans le paysage politique français, c’est l’absence de dialogues entre les différents intervenants sociaux.

Dans la quasi totalité des grands pays du monde, la reforme du système de retraites a été mise en place, et parfois depuis longtemps.

Des Etats-Unis a l’Allemagne  en passant par l’Espagne, la Grande Bretagne, le Canada et on ne parlera pas des Pays Scandinaves, le débat n’est plus d’actualité.

La quasi totalité de la planète civilisée n’a pas attendu 2010 pour prendre conscience de l’espérance de vie, des changements démographiques et du coup des déséquilibres purement arithmétiques qui en résultent.

Sans pour autant, à ma connaissance, avoir des pénuries d’essence, des millions de manifestants dans la rue, des blocages routiers ou des transports bloqués.

Sans parler des quelques milliers de mômes de 16-17 ans qui font trois fautes d’orthographe par ligne, qui n’ont aucune idée qu’il y a des Régions en France ainsi que des Départements qui ont des Chefs-lieux, et qui sont d’une indigence crassissime en Economie (qu’ils n’étudient pas), mais qui s’autorisent a descendre dans la rue pour s’opposer a une reforme a laquelle, par hypothèse, ils ne comprennent strictement rien.

Mais casser du flic et bruler des voitures ca reste quand même une bonne soirée….

Avouez que c’est quand même extraordinaire de voir cela en Gaule…

 

Comment peut-on en arriver la ?

Comment sur une reforme essentielle pour l’avenir de tout le monde comme celle la, en arrive-t-on a un tel blocage ?

Il a fallu attendre quasiment quatre mois (depuis que le projet a été annoncé) pour voir un journal en l’espèce le Parisien, enfin présenter dans le détail, point par point, le projet gouvernemental et le projet socialiste.

Quatre mois pendant lesquels au lieu de débattre sur le fond du dossier, on a parle des milliards de la ma mère Béttencourt et de sa fille, tout cela pour protéger les « magouillettes » d’Eric Woerth que l’on avait pourtant précisément nommé a ce poste pour pouvoir « négocier » le dossier.

Avouez que c’est confondant !

 

Et, au moment de voter la Loi on « découvre » que le « dialogue n’a pas eu lieu ».

Pire, en regardant attentivement dans le Parisien les propositions du P.S on « découvre » que les véritables et quasi uniques point de divergence avec le projet gouvernemental c’est le fait que le P.S propose de maintenir l’âge légal a 60 ans tout en précisant que légal ne veut pas dire obligatoire, et que de toute façon ce ne sera pas a taux plein.

Le P.S reconnait en outre quasi officiellement que la quasi totalité des gens ne la prendront pas à cet âge…

Autrement dit en bon français, c’est une mesure parfaitement psychologique, pour ne pas dire de la com.

Le deuxième point c’est que le P.S propose de taxer le Capital ou le monde financier, le gouvernement lui s’y oppose.

 

Franchement vous avez l’impression que ces positions sont inconciliables ?

Vous trouvez que cela justifie des manifestations et des blocages ?

Sincèrement, je pense que dans tous les pays évoqués plus haut, ces « désaccords » ont été solutionnés par le dialogue et le bon sens.

En France pas.

Alors que quand on sait la haute estime dans laquelle les français tiennent leurs banques (comme partout ailleurs au demeurant…) je n’arrive pas a comprendre comment on peut en arriver la, sans avoir trouvé un terrain d’entente qui permettait a tout le monde de sauver la face.

 

Je crois que dans ce dossier comme dans bien d’autres, c’est la façon de faire de la politique qui est contestable en France.

Et cette responsabilité, en tout cas sur ce dossier, pour moi, elle est très largement partagée et elle n’honore ni le gouvernement, ni les syndicats, ni l’opposition qui ne donnent pas l’image d’une démocratie apaisée et intelligente.

Publié dans Politique

Commenter cet article