JEAN FRANCOIS LAMOUR... OU LE FOUTAGE DE GUEULE CONTINUE

Publié le par Patrick Gouverneur

« A la fin de l’envoi je touche »
Comme Cyrano de Bergerac, Champion d’escrime Jean François Lamour il s’y connait pourtant en matière de « touche ».
En tout cas, fut un temps ou il était expert.
Apres quelques années et quelques kilos en plus apparemment il a perdu…la main, notre médaillé d’or.
Mercredi soir a l’Assemblée il a voté un amendement déposé par le Président socialiste de la Commission des Finances Didier Migaud en vue de taxer les banques de 10 % de plus sur leurs resultats.
Contre l’avis du gouvernement.
« Je me suis trompé de touche » a déclaré l’escrimeur, ce qui convenez en, ne manque pas de sel, pour un Champion Olympique de l’épée….
Que voulez vous quand les députés gagnent 23000 euros par mois on ne va pas se gêner pour faire un bon mot….
Pour 23 000 euros par mois ils pourraient faire tout de même attention à la touche sur laquelle ils appuient…
D’autant qu’il n’y en a que 3.
Et que normalement ce n’est pas la première fois que notre épéiste a recours aux petits boutons pour voter.
A moins que pour 23 000 euros par mois, ce soit une grande première pour lui et que d’habitude il ne vienne pas….
Comme près de 500 de ses petits copains remarquez bien, qui ne sont pas venus Mercredi soir, trop « occupés » sans doute…
En effet la mesure a été adoptée par 44 voix contre 40.
Vu la présence massive de nos chers (c’est le cas de le dire) représentants de la République, la boulette de Jean François Lamour coute cher.
Oui car en plus il avait 2 voix l’ancien Ministre.
Une de ses copines « très occupée » lui avait donné sa procuration de vote.
Alors tu parles 44 à 40 au lieu de 42 contre 42 bonjour la boulette.
Au passage permettez nous d’insister sur le fait que près de 500 députés n’ont même pas considère que le fait de sur taxer les banques ou non soit important…..
Evidemment les socialistes se gondolent, pensez donc ils n’ont même pas eu besoin de se planquer derrière un rideau cette fois ci…
Christine Lagarde, parait-il folle de rage a immédiatement obtenu de Jean François Copé que « l’erreur soit réparée » sic !!! et que l’on procède ce Lundi à un autre vote.
Invraisemblable tout de même.

20 députés en séance, a peine 84 qui votent, 500 qui s’en contre foutent, l’opposition qui s’amuse à se planquer derrière les rideaux, ou a déposer 2378 amendements pour bloquer le système, combien de temps cette farce scandaleuse du débat parlementaire va-t-elle durer ? Combien de temps les medias « traditionnels » vont-ils mettre à dénoncer ce scandale qui fait honte à la République ? Ca suffit tout de même.

Je ne crois pas un quart de seconde à « l’erreur » de Jean François Lamour. Pas une seconde.
Il avait passé tous les débats parlementaires à s’élever contre le sans gêne des banques qui « se distribuent des bonus insupportables ».
Sans compter que dans le contexte actuel surtaxer les banques n’est pas forcement une question totalement idiote. J’avoue qu’en ce qui me concerne ca mérite débat…
Mais finalement après avoir annoncé qu’il voterait pour, il déclare « qu’il s’est trompé ».
Tu parles. C’est le résultat arithmétique final qui a pose le problème de son vote, car les autres ne sont pas venus…comme d’hab.
Alors qu’a obtenu Jean François Lamour pour changer son vote ? Et oui appelons un chat un chat.
L’ancien Ministre des Sports régulièrement retoqué récemment pour toute une série de nominations, ou d’investitures était un peu en panne. Nous allons donc surveiller avec attention dans les semaines qui viennent l’évolution de sa carrière….

Cela étant cet incident lamentable dont on ne sait pas très bien si on doit en rire ou en pleurer m’amène à réagir sur un autre point.
Les socialiste feraient bien de ne pas ricaner bêtement, car en réalité aujourd’hui la véritable opposition a Sarkozy a l’Assemblée…c’est l’UMP.
Les socialistes, je pèse mes mots, ne servent a rien.
Enfermés dans leur mauvaise foi caractérisée, leur opposition systématique, ou l’obstruction chronique, ils n’apportent rien. Ils ne proposent rien, ils ne débattent pas, ils « s’opposent » systématiquement.
Comme programme c’est un peu court.
Et comme contribution au débat d’idées et a la reforme du pays encore plus. Ils parlent dans les medias certes, mais quand il s’agit de décider et de voter, il n’y a plus personne.

Du coté de l’UMP ca râle, ca gronde, ca renâcle, ca traine les pieds, pour reprendre les expressions chères aux journalistes, mais en tout cas ca discute.
Certes l’opposition de certains est fortement ancrée de conservatisme, voir de populisme ou d’électoralisme, mais au moins ca discute.
l’image d’un Jean François Copé qui n’est pas un béni oui oui a Sarkozy, loin s’en faut, et qui est un type intelligent qui gagnerait a ne pas faire 36 jobs en même temps, la majorité donne du fil a retordre au gouvernement, en discutant, en négociant ou en amendant les textes.
A la manière de la politique américaine, ou les majorités se construisent souvent au delà de la ligne de partage des partis.
Et en gagnant sur l’opposition les voix qui font défaut dans son propre camp.

Appartenir a un Parti ne veut pas dire approuver aveuglement ce que font ou disent ses leaders, aux Etats-Unis.
Certes la question de savoir si on bombarde son fils de 23 ans en deuxième année de Collège a la tête d’une entreprise publique n’est même pas concevable…., mais quand même. Des désaccords de forme ou de détails peuvent exister entre un gouvernement rempli comme partout dans le monde, d’énarques courtisans et carriéristes, et des députés dont certains sont réellement en phase avec leurs électeurs et l’opinion publique.
Et alors ?
Désapprouver quelques points de détails d’application d’une Loi ou d’une mesure peut ne pas empêcher d’en être d’accord avec les principes et les objectifs.
Le Parlement est justement supposé « en débattre ».
Pas appuyer sur des boutons pour les petits copains, ou se planquer derrière les rideaux pour pouvoir rigoler a la télé…
En debattre cela veut dire écouter les autres, et donc de préférence….être présent, exprimer son opinion y compris au moment du vote, est tout de même un minimum.
partir de la, supporter Sarkozy cela peut vouloir dire être d’accord avec lui 80 % ou 90 % du temps. Ce qui laisse de la place pour quelques désaccords.
S’y opposer cela peut vouloir dire aussi être en désaccord avec sa politique dans 80 % des cas…
Ce qui n’interdit pas quelques votes de soutien ponctuels ici ou la.

C’est trop demander ?
C’est du rêve ?
Non c’est de la démocratie. Désolé.

Publié dans Politique

Commenter cet article