DSK CANDIDAT ? J'AI BIEN PEUR QUE NOUS NOUS SOYONS BIEN PLANTE...

Publié le par Patrick Gouverneur

Dominique Strauss-Kahn continue son jeu du chat et de la souris avec les électeurs français. Il n’est, a l’heure ou nous parlons, qu’un candidat virtuel, une hypothèse parmi d’autres dans les sondages.

 

Mais ce week end a été diffusé un documentaire sur Canal + dans lequel il livre ce qui nous semble être une info de taille.

Il déclare à un moment du reportage « qu’il a pris sa décision » quant à sa candidature à l’élection présidentielle française. Il s’est empressé tout de suite derrière de préciser « qu’il ne pouvait pas la faire connaitre » compte tenu de ses strictes obligations de réserve dans le cadre de ses fonctions au FMI.

Cette information lâchée au journaliste et l’excuse de réserve évoquée dans la foulée nous donne en fait une sérieuse indication sur sa candidature : de notre point de vue c’est clair il ira.

 

Je le dis d’autant plus facilement que chacun sait ici que jusqu'à présent je pensais le contraire. Pour des raisons largement plus personnelles ou psychologiques que politiques d’ailleurs.

En deux mots pour faire court je pensais qu’il avait tout a perdre et pas grand-chose à gagner à quitter le FMI pour une élection qui quels que soient les sondages d’aujourd’hui conserve toujours un caractère aléatoire.

Si on considère comme acquis qu’un deuxième mandat a la tête du FMI était pour lui une formalité, il est clair qu’a la fois sur le plan financier et matériel, et a la fois sur le plan de la qualité de vie, DSK aurait toutes les raisons de rester bien tranquillement a Washington, même si son job n’est pas non plus de tout repos.

Au moins lui laisse t-il la possibilité d’avoir un semblant de vie privée et d’intimité.

 

Et bien il faut croire que comme me disaient ceux qui depuis le début sont convaincus de sa candidature, l’ego et la soif de pouvoir des politiques passe avant toute chose dans la vie. Et que comme m’avait pronostiqué un des supporters de cette thèse «  on ne résiste pas a des sondages a 60% ».

Effectivement ces quelques mots laissent à penser que je me suis planté et que le patron du FMI souhaite bien en effet être Président de la République Française.

Pourquoi ?

 

Il dit « qu’il a pris sa décision » mais qu’il ne peut pas la faire connaitre. C’est faux dans un scenario.

S’il a décidé de ne pas se présenter, au contraire il a toutes les raisons de le dire. Pour couper court aux rumeurs, pour rassurer son employeur, pour lui indiquer qu’il se consacre 100% a sa tache et qu’il entend bien le faire encore 4 ans.

A contrario, toujours dans cette hypothèse bien sur, ne pas le dire ne me parait presenter strictement aucun avantage.

Il ne coupe pas court aux rumeurs, il laisse planer le doute chez le FMI, et j’ajouterais que surtout il rend un bien mauvais service a son Parti, dont on peut imaginer qu’il reste cher a son cœur.

En laissant planer le doute alors même qu’il sait qu’il n’ira pas, il tétanise ni plus ni moins le PS.

On le voit bien.

Martine Aubry ne sait plus quoi faire pour « attendre », elle a de plus en plus de pression pour se déclarer et très vite cette position va devenir invivable pour elle.

François Hollande fait du sur place tel un coureur de vitesse sur piste pour ne pas annoncer une candidature qu’il pourrait bien retirer dans 6 mois…

Même Ségolène pourtant plus déterminée que les autres commence aussi à s’impatienter, et désormais a l’intérieur du Parti des voix s’élèvent petit a petit pour cet immobilisme hallucinant qu’entraine cette « attente du sauveur »  virtuel et hypothétique.

Si c’est pour expliquer en Juin que finalement il n’y va pas, convenez que c’est un bien mauvais service qu’il rend a son Parti dans la perspective de 2012.

Même si l’on sait bien qu’il n’y a pas que des amis, c’est tout de même une sacrée peau de banane qu’il leur glisse sous les pieds, et on imagine donc pas que ce puisse être une stratégie établie de concert.

 

Par conséquent s’il se tait c’est qu’il y va.

Dans ce scenario il y a effectivement de bonnes raisons pour expliquer son silence.

S’il se déclare, il est obligé de démissionner immédiatement du FMI, et on peut imaginer que cela ne le réjouisse pas.

Se déclarer maintenant c’est aussi lancer officiellement la campagne, puisque sa victoire aux primaires socialistes ne fait pas l’ombre d’un doute.

Et comme il y a de fortes chances que pas grand monde n’ira jusqu’au bout contre lui, il se retrouve en première ligne non seulement face a Sarkozy, mais surtout face a la gauche de son Parti qui va immanquablement commencer a lui chercher des poux dans la tête.

Lancer la campagne maintenant, dans un sens ce ne serait pas plus mal vu l’insondable médiocrité du débat politique en France, mais 14 mois c’est long, très long pour un candidat.

Sarkozy gouverne. Au delà du jeu politique qu’il affectionne il gère les affaires du pays, en particulier (et Dieu sait qu’il y a de quoi faire) les Affaires extérieures et Internationales. DSK lui n’aurait finalement « rien d’autre à faire », si l’on peut dire, que de gérer le PS, ses sordides salades internes, les egos des uns et des autres, et pour arranger le tout il faudrait arriver à le faire accoucher d’un programme qu’il a été incapable d’établir depuis 3 ans…

On comprend qu’il imagine que ce soit plus que très long, une véritable éternité….

 

Même si les sondages 1 an à l’ avance doivent être pris avec beaucoup de réserves, dans le cas de DSK il faudrait un double cataclysme dans l’opinion pour qu’il ne remporte pas l’élection.

Il faudrait a la fois un formidable redressement de Sarkozy dans l’opinion, ce qui convenons en au jour d’aujourd’hui est difficile a imaginer, et en même temps un effondrement spectaculaire de sa part du fait par exemple d’une campagne tellement mauvaise qu’elle amène les français à changer d’avis.

Et de surcroit les français de droite déçus de Sarkozy dont on a vu que ce sont eux qui font le gros des troupes de DSK.

Ca fait beaucoup de conditions en même temps.

Des sondages qui donnent des écarts de 1% entre 3 ou 4 candidats, a 1 an d’un scrutin cela n’est que purement indicatif, mais pour ce qui concerne DSK les ecarts sont tels qu’ils sont au delà de l’indicatif, ils sont explicites.

Par conséquent pourquoi risquer de compromettre aujourd’hui une situation confortable en occupant le terrain, en particulier médiatique, alors que cette situation lui va si bien aujourd’hui ?

 

Reste que ce silence on l’a déjà dit aussi présente un risque, celui d’agacer ou de lasser les électeurs prêts a le suivre. C’est un risque réel car son silence peut signifier dans l’esprit de beaucoup une hésitation et donc par la même un manque d’envie et de motivation qui à terme pourrait le desservir.

Par conséquent ce qui pourrait conduire Dominique Strauss-Kahn à anticiper l’annonce de sa candidature avant l’échéance fatidique du mois de Juin ce sont des mauvais sondages qui traduiraient le phénomène.

Pour l’instant franchement ce n’est pas le cas.

 

En tout cas depuis Dimanche pour notre part la question desormais qu’il faut se poser c’est QUAND va-t il l’annoncer 

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