DORMEZ BIEN .... L'ECOLE FRANCAISE EST AU TOP

Publié le par Patrick Gouverneur

Il y a parfois des choses qui lorsque vous les lisez vous procurent des sentiments contradictoires.

Singulièrement quand il s’agit quasiment de mot pour mot de choses que vous dites, ou que vous écrivez depuis des années.

Vous avez à la fois un sentiment de fierté, du fait que l’on reconnait enfin la justesse de vos propos.

Et puis, très vite, vient aussi l’agacement pour ne pas dire plus …..…

Mais que diable ne l’ont « ils » pas dit avant ?

Pourquoi et comment de telles « évidences » ont-elles pu être occultées ?

 

En matière d’enseignement et d’éducation, ceux qui me connaissent savent que je n’ai jamais oublié mon premier métier…, et que ma passion sur le sujet est toujours intacte.

Pour ce qui concerne précisément l’école, depuis combien de temps dénonçais-je l’incroyable dégradation du système éducatif français ?

Depuis combien dénonçais je l’hypocrisie générale consistant à nier les évidences et la réalité au non de la lâcheté politique ?

Je ne m’en rappelle meme plus…

 

Alors ces jours derniers ce fut d’abord de la fierté de voir publier la dernier Rapport de l’Institut Montaigne sur le système éducatif, et de voir celui-ci reprendre quasiment a l’identique mes propres analyses.

Car figurez vous que l’Institut Montaigne ce n’est pas rien.

C’est meme ce que l’on fait de mieux en matière de « think tank » a la française.

Présidé par Claude Bébéar, il réunit ce qui se fait quasiment de mieux en matière d’intellectuels et de cerveaux économiques ou sociologiques.

Avec des personnalités de droite comme de gauche.

Ce qui fait que au long des années, cet organisme s’est imposé a tous et son honnêteté et sa compétence ne sont guère contestées par personne, pas meme par les syndicalistes de gauchistes de l’éducation….

 

Dans tous les domaines l’Institut Montaigne réfléchit…et propose des solutions. Cette semaine il publie un Rapport au vitriol.

Tout simplement parce que sans concession, toutes les tares et les travers du système français sont en effet passées en revue.

Tout ce que nous dénoncions depuis des années dans l’indifférence absolue.

Le Parisien, il faut lui rendre hommage, en a fait une synthèse très claire et très bien faite.

Il faut lui rendre hommage car hélas je ne l’ai pas vue ailleurs….

Voila le résumé du Rapport que fait le Parisien, et les 11 points que le quotidien met en avant, nous n’avons pas changé un mot.

 

 

1 - UN ÉLÈVE SUR SIX LIT MAL15 % des élèves arrivent en 6 e sans savoir bien lire. En 2009, rappelle l’Institut Montaigne dans son rapport, une étude publiée par le ministère de l’Education nationale a montré que les résultats des écoliers en fin de CM 2 avaient nettement fléchi entre 1997 et 2007, en particulier chez ceux qui ont le plus de lacunes.

L’Institut rappelle qu’en 2007, une enquête internationale s’intéressant aux compétences en lecture des enfants de 10 ans mettait la France en 27 e position sur 43 Etats.

 

2 - ZÉRO POINTÉ EN CALCUL MENTAL. A une époque, les maths étaient le point fort  des petits Français. Dans cette matière, l’Hexagone se classe désormais 17 e sur un échantillon de 30 pays développés du monde. En calcul, en particulier mental, une baisse notable a été enregistrée entre 1987 et 1999. Depuis, le niveau stagne. En 2006, un rapport a pointé des défaillances dans la vision de l’espace et des recours très insuffisants aux nombres décimaux  .

 

3 - TROP DE FAUTES D'ORTHOGRAPHE. Entre 1987 et 2007, le nombre d’erreurs faites par des élèves de CM 2 à la même dictée est passé de 10,7 à 14,7. C’est ce qu’a montré, en 2009, une étude publiée par l’Education nationale. Au cours de la scolarité, le niveau en orthographe ne va pas s’améliorer. En 2008, l’association Sauver les lettres a réalisé une dictée de vingt lignes auprès d’un échantillon de 1 348 élèves en seconde. Résultat : deux tiers d’entre eux ont décroché une bulle !

 

4 - LES INÉGALITÉS AGGGRAVÉES. Institution « républicaine » de référence, l’école creuse l’inégalité des chances. La proportion d’élèves en retard en 6 e se situe bien au-delà de la moyenne pour les enfants d’employés, d’ouvriers et d’inactifs. L’écart moyen des performances entre fils de cadres et fils d’ouvriers s’accroît du CE 2 à la 6 e . La France est l’un des pays où les inégalités sociales face à l’éducation sont supérieures au niveau global d’inégalités en termes de revenus.

Plus grave encore, l’Institut Montaigne se permet de torpiller une vieille illusion nationale. Loin de corriger les inégalités sociales de départ, l’école primaire les creuse !

« L’écart moyen entre fils et filles de cadres et d’ouvriers augmente entre le CE 2 et la 6 e », résume le rapport. Les scores en compréhension de l’écrit, par exemple, diminuent fortement pour le quart des élèves ayant les plus mauvaises notes. En clair : si les petits Français ne brillent pas sur la scène internationale, c’est la « faute aux » 25 % d’élèves qui, avant d’avoir fêté leurs 10 ans, ont déjà décroché… et ne reviendront plus. François Dubet confirme : « Un Français sur quatre en France est vraiment excellent. Un sur quatre, extrêmement faible. Notre école est sélective, très inégalitaire, finalement peu attentive aux plus faibles. Le risque le plus grave pour notre société, c’est qu’une partie des Français ne croient plus à l’école. » * Auteur de « les Places et les chances », Ed. du Seuil, février 2010.


5 – UN SEUL CHIFFRE : quatre écoliers sur dix, soit 300 000 enfants, quittent le CM 2 chaque année avec de sérieuses lacunes dans les compétences de base, que, pour la plupart, ils ne rattraperont jamais. « Jusqu’à présent, on s’est surtout focalisé sur le collège, mais il faut bien l’admettre : notre école va mal.  Beaucoup trop d’élèves en sortent très mal armés pour la suite. Ils n’y sont même pas spécialement heureux. Plus qu’ailleurs, ils ont mal au ventre en y allant, à force d’avoir la pression de leurs parents et de leur enseignant. Pourquoi leur demande-t-on de savoir lire en un an au lieu de deux, partout ailleurs ? » s’interroge  François Dubet.

 
 

 

 

 

6 -  DE TROP LONGUES JOURNEES  - Nos chers petits ont 140 jours de classe par an, soit 36 semaines. Au Japon, c’est 210, en Italie 200, 190 en Grande-Bretagne. Avec une semaine écourtée à quatre jours depuis 2008 (alors que, dans la plupart des pays comparables à la France, c’est quatre jours et demi ou cinq jours), on pourrait les croire bénis des dieux scolaires… Sauf que leur année compte 913 heures de cours, bien plus que les 769 en moyenne dans les pays développés.

 
7 -  PAS DE PILOTE DANS L’AVION - Qui sait au juste ce qui se passe dans les salles de classe ? Certainement pas les 1 300 inspecteurs de l’Education pour… 300 000 enseignants ! Le directeur d’école ? « Ni franchement un pair, ni vraiment un supérieur », résume le rapport.  « Je n’ai clairement pas d’autorité sur eux », confirme une directrice parisienne. Contrairement à d’autres pays où le travail collectif est plus prisé, nos profs sont bien seuls sur l’estrade, pour le meilleur (la liberté pédagogique) et parfois le pire (quand ils sont incompétents).

8 -  LES REDOUBLEMENTS CRITIQUES - Un élève sur cinq redouble au moins une fois avant la fin du primaire.  La moitié des enfants qui ont fait deux CP vont quitter l’école sans diplôme ou avec le seul brevet, seuls 9 % d’entre eux décrocheront le bac. Certes, le taux de redoublement a bien baissé depuis trente ans mais sa pratique reste, selon l’Institut Montaigne, « encore fortement ancrée dans le système éducatif français ». Selon lui, le redoublement n’est « pas une seconde chance offerte à l’élève ». « Pour un enfant, c’est parfois stigmatisant. On pèse le pour et le contre mais souvent, on se dit que ça ne servira à rien », confie Isabelle, institutrice à Paris.

9 -  UN « MILLE-FEUILLE » DE DISPOSITIFS D’AIDE- L’Institut Montaigne pointe un « enchevêtrement complexe » de dispositifs d’aide aux élèves en difficulté « mal coordonnés entre eux et coûteux ». Depuis 2008, ceux qui « rament » en classe bénéficient de deux heures par semaine d’aide personnalisée et de stages de remise à niveau durant les vacances. Ce soutien s’ajoute à des systèmes déjà existants (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté Rased ou Programme personnalisé de réussite éducative). Une certaine « confusion » règne, « sans réelle cohérence pédagogique des différentes formes de lutte contre l’échec scolaire ».

10 -  DES INSTITS EN MAL DE RECONNAISSANCE - «Le métier d’instituteur est moins valorisé que naguère, alors qu’il était considéré comme un modèle de réussite, d’ascension sociale », lit-on dans le rapport. La profession a le sentiment de déclassement. Formation « insuffisamment pratique et concrète », faible rémunération, nominations des jeunes profs dans les zones les plus défavorisées… les motifs de mécontentement des instituteurs sont légion. « On fait plus d’heures que nos collègues au collège et au lycée mais on est payés moins », s’étonne Isabelle, qui fait classe depuis dix ans.

11 -  DES PROGRAMMES DILUES - Pas simple pour un professeur de se focaliser sur les bases apprendre à compter, à lire, à écrire quand il doit, en plus, initier ses élèves à de nouveaux champs de connaissances. Il enseigne aussi une langue étrangère, l’informatique, la sécurité routière… « Si on respecte ce que les textes nous demandent, il ne nous reste plus beaucoup de temps pour l’essentiel », insiste Isabelle.  « Avant, les enfants se concentraient sur l’orthographe et l’arithmétique, puis on leur a demandé d’apprendre autre chose. Il est parfaitement logique que le niveau baisse dans ces fondamentaux », analyse encore François Dubet.

 

 

 

Pour ne rien vous cacher quand nous avons terminé de le relire tout cela, la fierté s’est envolée…il ne reste plus que la colère, et les questions qui vont avec.

 

Il a fallu attendre 15 ans pour lire cela…il faudra encore attendre 15 ans pour que l’on en tienne compte ?

A part Le Parisien qui en parle ?

Pourquoi les medias ne s’intéressent-ils pas à cela au lieu de se focaliser sur leurs petites phrases et leurs polémiques à deux balles ?

Le Rapport finira t-il comme tant d’autres dans les tiroirs du Ministère de l’Education Nationale ?

Quand on pense qu’il parait qu’un bon Ministre de l’éducation Nationale c’est un Ministre qui ne fait rien, et surtout pas de vagues et qui ne crée pas de conflits…on croit rêver.

A lire ce type de Rapport on se dit que ce gars la ne devrait quasiment jamais dormir tellement sa tache est immense.

Pourquoi ne confronte t-on jamais les profs a ce type de constat pour savoir et entendre ce qu’ils ont à dire ?

Ne devraient-ils pas quand ils ont  des lycéens soi disant « en colère », leur lire cela en classe au lieu de les manipuler et de les encourager à aller aux manifs ?

 

Voyez, ca y est il ne reste plus que l’agacement et la colère….

Car comme vous le savez en matière de politique française, ce ne sont pas les Rapports qui sont importants, mais la suite qu’on leur donne.

Publié dans Politique

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