C'EST FOUTU....A QUI LA FAUTE ?

Publié le par Patrick Gouverneur

Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, ou plutôt derrière nos illusions, la France s’apprête à basculer de nouveau dans le socialisme, gonflé de ses illusions et de son angélisme.

Les sondages hélas ne se trompent pas, et ne sont pas téléguidés.

Ils reflètent la vérité.

Ne croyez pas les discours partisans et de bonne guerre qui mettent en avant les abstentionnistes ou les hésitants, ils ne représentent en aucun cas 10 points… Pour tout dire il faudrait un cataclysme électoral jamais vu, pour que la tendance qu’ils indiquent ne soit pas confirmée.

Si les medias et les experts électoraux restent officiellement prudents dans leurs propos ils sont tous convaincus que l’élection est pliée, les responsables politiques aussi.

Seuls les discours de façade, optimistes d’un coté, prudents de l’autre cherchent à entretenir le suspens.

BAM n’étant pas soumis au devoir de réserve des grands medias, nous nous mouillons et donnons notre pronostic.

Au risque de nous tromper naturellement, ce que croyez bien je souhaite de tout cœur…. sans y croire une seconde hélas.

François Hollande a toutes les chances d’être le prochain Président de la République française le 6 Mai prochain.

Nicolas Sarkozy remportera peut être une « victoire » symbolique au premier tour Dimanche, mais l’issue finale ne nous parait pas faire de doute.

La question que l’on peut des lors se poser c’est de savoir « Comment on en est arrivé la ? »

La faute aux français me direz-vous ? Certes.

Si ce pronostic  se confirme ce sera en effet la volonté populaire.

Mais plus précisément la question que l’on peut se poser c’est de savoir comment 53% des voix en 2007 sont devenues 46 ou 47 ?

Ou comment ces 53% ont –ils basculé de l’autre coté ?

La versatilité des français, leur cote ingouvernable, ou le fait que de Gaulle les avait qualifiés de « veaux » ne suffit pas a expliquer le phénomène.

Il y a des raisons purement politiques.

 

 La première si on veut bien remettre les choses dans leur contexte c’est que la droite dans ce pays ne parvient pas à mettre en harmonie la majorité politique avec la majorité sociologique et électorale.

Et ce n’est pas nouveau.

Regardez le nombre d’élections perdues depuis 20 ans.

A part les Présidentielles, la liste est sans fin.

Doit on rappeler qu’à l’heure ou sont écrites ces lignes la majorité des communes françaises, la majorité des cantons et la totalité des Régions françaises sont  de gauche. Et même le Senat depuis peu.

Autrement dit, a défaut de l’être électoralement, la gauche est majoritaire politiquement dans le pays depuis longtemps.

Les Présidentielles ont fait exception avec le « cas » inouï de 2002 et celui tout aussi étonnant de 2007.

Doit on rappeler en effet qu’en Novembre 2006 c'est-à-dire 6 mois avant l’élection, Ségolène Royal était donnée gagnante.

Ce n’est qu’à partir de Janvier 2007 que Nicolas Sarkozy fut donné gagnant dans les sondages.

Et pourquoi et comment a-t-il réussi cette performance énorme d’être élu avec 53% des voix ? Précisément en réunissant sur son nom toute la droite française.

Ou plutôt ce que les medias aiment a qualifier de « toutes les droites ».

 Les observateurs ont qualifié le phénomène de « siphonage » du Front National.

En réalité Sarkozy avait rassemblé sur sa candidature, au dessus des Partis et de leurs consignes. Les électeurs de Jean Marie Le Pen s’étaient notamment ralliés en masse au deuxième tour, et certains des le premier sur Nicolas Sarkozy.

Autrement dit en 2007 Nicolas Sarkozy a fait la démonstration qu’avec un programme clair, transparent et volontaire il était possible de rassembler une majorité de droite confortable en France .

 

Pourquoi 5 ans après ce n’est apparemment plus possible ?

Pour une raison simple, qui est a mon avis la deuxième explication, c’est que Nicolas Sarkozy n’a pas tenu ses promesses, et que les électeurs séduits en 2007 par son discours volontariste et son enthousiasme ne lui pardonnent pas.

Non pas ses promesses économiques, personne sérieusement ne lui tient rigueur de la crise que nous vivons.

Non pas non plus j’en suis convaincu ses  « écarts de conduite » qui pour moi sont d’une importance mineure.

Je suis convaincu que la fameuse soirée du Fouquet’s ou  son séjour de 3 jours….. sur le Yacht de Bolloré n’ont pas eu aux yeux des français tant d’importance que cela. En tout cas pas aux yeux de son électorat de 2007.

La presse en a fait des tonnes et met cela en avant pour expliquer le rejet du Président, cela me semble pour le moins exagéré.

Disons que si il n’y avait eu que cela….

 

Non je veux parler de ses promesses disons « idéologiques ». De celles qui reposent plus sur la volonté et le courage politique que sur les moyens financiers.

Je pense à 4 domaines très précis.

La Sécurité publique, sa marque de fabrique, la gestion de l’immigration, la mise en place de la « rupture » avec la France des vacances, du temps libre et de l’assistanat, et enfin la mise en place de la République irréprochable.

Pour ce qui concerne la Sécurité publique, c’est en effet un échec cuisant.

Les statistiques bidonnées n’abusent personne, au contraire elles décrédibilisent leurs auteurs.

Et Sarkozy et ses équipes sont tombés dans un piège grossier, celui du parisianisme et des élites.

Les premières victimes de l’insécurité ce sont les gens simples, ceux qui n’habitent pas dans les beaux quartiers et qui la vivent tous les jours.

Comme les méfaits de l’immigration, ce sont les mêmes.

Accepter 200 000 immigrés par an a fortiori dans une période de crise c’est suicidaire, et ce n’est en tout état de cause pas pour voir cela que 53% de français dont un grand nombre de gens du peuple et des classes populaires avaient voté pour lui.

Ni pour mettre en place un « débat » inutile et sans intérêt sur l’Identité Nationale.

 Mais plutôt pour prendre des décisions et des mesures sur lesquelles le plus grand nombre, en tout cas une énorme majorité de français est d’accord.

Pour ce qui concerne la mise en place de la rupture avec la France du temps libre, Nicolas Sarkozy a fait à nos yeux une erreur tragique : ne pas avoir aboli les 35 heures. Et dans la foulée supprimé une semaine de vacances.

Une telle mesure aurait été lourde de symbole, et en remettant par exemple les 39 heures payées 39 heures, ce que nous avions réclamé à l’époque, il aurait immédiatement crédibilisé le « gagner plus en travaillant plus ».

La majorité des français y était prête, et même le souhaitait.

Il a voulu tourner autour du pot, supprimer « de fait » les 35 heures, au final il n’a rien supprimé du tout et le pouvoir d’achat, c'est-à-dire les salaires sont à niveau incroyablement bas en France.

Ne serait ce que si on les compare aux Etats Unis par exemple….

Enfin sur la « République irréprochable », ces 5 dernières années furent un désastre. Au point que la presse finit par donner l’impression (fausse mais quand même……) que cela « n’a jamais été aussi pire ».

Pas de reforme des Institutions, du cumul des mandats, de la rémunération hallucinante des Députés et des Sénateurs qui occupent 3 jobs en même temps sans en assurer aucun correctement. Pas de proportionnelle dans le mode de scrutin ce qui exclue de la vie politique un tiers de l’électorat.

Autant de mesures qui ne coutaient rien et qui auraient démontré un courage politique certain. Mesures qui d’ailleurs figurent désormais dans son programme de 2012

Trop tard aux yeux de beaucoup.

 

Les nominations des copains au poste clé, qui ont toujours existé, mais qui au nom de la rupture devaient cesser. Sans parler de l’épisode de son fils a l’EPAD qui a engendré colère ou fou rire nerveux dans l’opinion. Ou encore la pathétique Affaire Woerth-Bettancourt qui a sur le fond, nous nous en étions fait l’écho ici, versé parfois dans le ridicule absolu.

Autant de décisions malheureuses dont on ne sait plus si ce sont des erreurs ou des maladresses… En tout cas pour le moins des oublis extrêmement fâcheux par rapport aux promesses qui avaient été faites…... 

Avec d’autant plus de conséquences que le discours était convaincant  et que bon nombre des électeurs de 2007 étaient fermement convaincus de leur bien fondé.

Alors oui les français sont peut être des veaux, ne savent pas ce qu’ils veulent et changent d’avis comme de chemise, mais les électeurs d’aujourd’hui partout ont changé. Ils ne votent plus en fonction de leur passé familial, ou de leur statut social ou d’autres contraintes, ils votent en fonction de leurs émotions, voire de leur intérêt a court terme.

Et n’hésitent pas à changer de vote d’un scrutin sur l’autre en fonction de tous ces critères. 

«  Les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent » disaient Chirac ou Pasqua, on ne sait pas très bien, et bien si ce fut vrai c’est fini.

Et Sarkozy va en payer le prix.

Ce qui est plus embêtant c’est que la France avec.

Bon arrêtons nous la, le premier tour n’a même pas encore eu lieu…..

Une victoire même très courte fera encore vivre d’espoir les irréductibles optimistes…..

 Il sera toujours temps de tirer les enseignements politiques après le deuxième tour.

Et singulièrement l’avenir de la droite française qui va faire une cure d’opposition de 5 ans….

Enfin ce n’est qu’un pronostic….   

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article