L’ASSURANCE SANTÉ LE CAUCHEMAR D’OBAMA

Publié le par Patrick Gouverneur

Les succès très relatifs en Afghanistan, sa politique de la main tendue et de sourires a l’Iran ou a la Corée du Nord qui tourne comme on pouvait le prévoir a la quasi humiliation, le comportement des banquiers de Wall Street qui confine a la provocation, une mise en application du plan de relance économique dont on tarde avoir les efforts, et d’une façon générale une confrontation difficile des promesses électorales a la réalité du terrain, le moins que l’on puisse dire c’est que la fête est finie pour Obama.

A l’instar de son homologie français deux ans avant lui, le Président américain a vu sa cote dans l’opinion s’effondrer de 66% d’opinions favorables au lendemain de sa prise de serment a 49 %  aujourd’hui.

Pas de doute, la lune de miel avec les américains est donc bien finie.

 

De plus avec une étonnante similitude la encore avec Nicolas Sarkozy, Barack Obama a heurté de surcroit l’opinion publique et singulièrement celle de son électorat en prenant lui aussi des vacances de milliardaire.

Pas sur le yacht d’un copain, mais dans un des resorts les plus chers des Etats-Unis, l’ile très selecte de Martha’s Vinyard.

Ce qui  fait un peu désordre pour celui qui se veut  l’homme  du « petit peuple » et de l’Amérique profonde.

Une nouvelle « affaire » en tout cas qui ne va sans aucun doute  pas arranger sa cote de popularité dans l’opinion.

 

 

En réalité ce qui se passe, c’est que le charme, la séduction, le sourire, et ses talents d’orateur se heurtent violemment a la réalité du pouvoir.

Et naturellement comme partout ailleurs à une situation de crise qui complique singulièrement sa tache sur tous les dossiers.

 

Chacun jugera en fonction de ses propres attentes à quel niveau se situe la réalité de la déception,

Mais qu’on le veuille ou non l’objectivité oblige à dire que d’un point de vue strictement politique ce premier semestre de mandat est une sérieuse catastrophe, limite désastre.

 

Et plus encore que tout cela, ce qui a fait mal (et ce n’est sans doute pas fini…) a Obama c’est le dossier de l’assurance santé.

Alors meme que c’était le grand chantier de son mandat, sa priorité et quasiment sa marque de fabrique.

Résultat apres quelques semaines de débat, l’opposition politique sonnée comme jamais il y a 7 mois, est de nouveau combative et n’en croit pas elle-même ses propres yeux tant elle se pensait engloutie pour longtemps dans les vagues de la Obamania.

Au lieu de cela, la cote d’Obama s’effondre, et celle des Républicains remonte de manière parfaitement corrélative.

Le dossier de l’assurance santé est effectivement en train de devenir le véritable cauchemar du Président américain.

Sans doute parce que c’est celui ou il y avait le plus d’attente.

 

 

Qui d’un tant soit peu sérieux et averti des choses de la planète pouvait sérieusement croire que l’Iran ou la rue arabe allait saisir la main tendue de Barack « Hussein » au prétexte qu’il avait dans son enfance reçu quelques années d’éducation islamique ?

Personne vraiment.

 

En revanche, la généralisation de l’assurance santé paraissait relever de décisions purement techniques et volontaristes dans la droite ligne du « yes we can ».

On pouvait donc légitimement y croire.

La déception n’en est que plus forte, a fortiori pour ses partisans les plus farouches.

 

 

J’imagine que ce dossier est très difficile à comprendre vu de France compte tenu des explications fragmentaires qu’en donnent les medias.

Je vous rassure il n’est guère plus facile a saisir ici.

Les débats entre experts compétents laissent la place a l’invective voire a l’insulte, et depuis 15 ans que je vis dans ce pays, je n’ai jamais vu une telle désinformation, une telle partialité, une telle mauvaise foi et une telle escalade de violence verbale comme sur ce sujet.

C’est assez incroyable comme celui-ci est explosif, et peut mettre à mal ce qui faisait la force de l’Amérique, son consensus par rapport a l’intérêt général.

Espérons que l’histoire ne retiendra pas qu’Obama à cassé cela…

 

Certes le problème n’est pas simple, mais nous le savions.

Et Obama en etet.

Mais le moins que l'on puisse dire c'est que Obama n'a pas contribue a vraiment leclarifier, ou a le simplifier dans l'opinion…. ( comme Sarkozy sur beaucoup de sujets…la encore).

Mais de la part d’Obama c’est tout de meme étonnant, et nous espérions franchement mieux au vu de ses talents indéniables de communicateur.

 

 

Alors pour essayer de vous aider à mieux comprendre ce débat compliqué et afin de clarifier les esprits rappelons d’abord quelques faits.

 Il y a 48 millions d’américains qui n’ont pas de couverture maladie, chiffre désormais connu tant les télévisions le répètent a l’envie.

Et personne d’ailleurs ne le conteste puisqu’il est exact.

Ce qu’il faut bien comprendre en revanche c’est que, pour énorme qu’il soit, ce chiffre ne représente que 15% des américains.

Ce qui veut dire (Monsieur de la Palisse l’aurait trouvé lui-même) que 85% des américains sont assurés.

C’est un premier chiffre essentiel à intégrer.

Ces 85% se divisent en 3 catégories dont vous me pardonnerez, je n’ai pas les chiffres.

  • Ceux qui ont des revenus extrêmement faibles et qui ont une couverture gratuite assurée par l’Etat. C’est le système MEDICAID
  • Ceux qui ont 65 ans et plus et en cas de revenu insuffisant bénéficient également d’une couverture santé. C’est le système Medicare
  • Enfin ceux qui travaillent dans une entreprise qui a souscrit un contrat de groupe dont le paiement est assuré par l’employeur et l’employé comme en France.

 

 

Cette catégorie qui représente de très loin le plus grand nombre est bien évidemment celle qui surtout financièrement est visée par une reforme du système.

Les contrats d’assurance-santé  aux USA (signalons qu’il est curieux qu’en France on parle d’assurance maladie…je n’ai pas d’explication pourquoi…) se caractérisent généralement de la manière suivante.

Ils remboursent imparfaitement.

En tous cas selon nos critères français.

E ntre 80 et 90% des dépenses  (sauf pour les maladies graves bien sur).

C'est-à-dire que le patient doit supporter une partie des frais ; c’est ce que l’on appelle le « co-pay » ou le « deductible » ce que notre Président a très modestement instauré en France avec la franchise…et le succès que l’on connait.

Dans le meme temps, ces contrats ne coutent plutôt pas trop cher.

Très peu a l’employé, beaucoup a l’employeur (c’est pourquoi il n’est pas automatique…) et globalement moins qu’en France ou l’assurance maladie, nous ne le répéterons jamais assez, coute 16% des salaires bruts.

Autrement dit ces dizaines de millions d’américains qui bénéficient de cette assurance-santé aimeraient certes parfois être mieux remboursés, mais considèrent que globalement ce système est financièrement « acceptable ».

De surcroit ils sont conscients de bénéficier d’un privilège, et non d’un du comme en France.

 

En outre ils sont conscients de la qualité formidable des soins américains.

Comme disent à longueur de journée les programmes de télévision, les experts et économistes divers

« nous n’avons peut-être pas le meilleur système médical du monde mais nous avons la meilleure médecine ».

En effet la médecine est une activité  comme une autre aux USA et elle bénéficie de meme « customer service » par exemple que n’importe qu’elle autre.

 

 

Alors, partant de la que veut faire Obama ?

C’est très simple, tout le monde l’a compris.

Il veut donner une couverture aux 48 millions d’individus qui n’en ont pas.

 

Premier problème, cette couverture doit être forcement de 100% ou quasiment.

Forcement car pour la quasi totalité, ces 48 millions ne peuvent pas payer 10 ou 20% des frais médicaux.

D’ailleurs, s’ils pouvaient, ils auraient une assurance volontaire qui bien évidemment existe. S’ils n’en n’ont pas c’est qu’il y a bien sur une raison.

Ils ont des jobs sous qualifiés, des employeurs en mauvaise situation et ne peuvent pas plus payer un « déductible » qu’ils ne peuvent payer une prime.

 

Deuxième problème, le cout des soins dispensés à ces 48 millions de personnes doit être financé.

Et c’est la ou la situation se complique pour Obama.

Comment ?

Par qui ?

Par le budget de l’Etat ?

 

Nous vous avons déjà dit que les américains avaient depuis longtemps compris que le budget de l’Etat n’existait pas.

L’argent de l’Etat c’est le leur, et ils le savent.

Obama (et Bush ce que l’on oublie trop) leur ont déjà « piqué » quelques dizaines de milliards pour renflouer les banques qui depuis se comportent pour autant comme des voyous et exaspèrent l’opinion publique.

Alors si « l'Etat » doit financer la couverture de ces 48 millions de personnes, et tout le monde a bien compris que c’est de cela qu’il s’agit, l’Etat cela veut donc dire « nous ».

Et meme carrément « moi » pour la quasi totalité des gens.

Et si c’est « moi » comment ?

Par l’impôt ?

Non merci je donne déjà.

Meme si les américains se rendent très mal compte de la pression fiscale dont ils bénéficient par rapport aux européens par exemple ils considèrent bien évidemment qu’elle est déjà trop forte. Sans compter que si vous connaissez un citoyen qui paye plus d’impôts avec plaisir vous nous le présentez…..

C’est par conséquent ce point précis qui est le plus sensible dans l’opinion publique.

Alors bien sur on s’étonnera que les américains (en particulier ceux qui ont voté pour Obama découvrent aujourd’hui que les promesses électorales (en particulier celle la) ont un cout….

 Mais ce fut la tout l’immense talent d’Obama, c’est que la séduction voire la fascination qu’il exerçait sur beaucoup de gens, a fait que personne n’a écouté vraiment ce qu’il disait… ..

Ou plutôt s’en foutait d’ailleurs…..

 

De surcroit il paye également et pour ne rien vous cacher c’est assez étonnant, une incroyable impréparation sur le sujet.

En fait, Obama et son équipe n’avait pas de plan.

Juste un objectif, un rêve voir un vœu pieu.

Mais à un moment, le « yes we can » ne suffit plus.

Aujourd’hui, toutes ces questions évidentes Qui va payer ? Comment ? Combien ? Obama n’a pas les réponses.

Nous avons l’impression tout simplement qu’il n’y avait pas songé avant !

C’est assez surréaliste pour tout vous dire.

 

D’ailleurs, il a chargé le Congres « de mettre en place des solutions… » sans leur donner un projet de Loi à voter…

Tout cela fait pour le moins amateur et cette improvisation, au-delà des oppositions générées, son affecte clairement son image et sa cote de popularité.

 

 

Reste qu’au delà de ces questions comptables et financières, ce projet a mis aussi en débat ce qui sont peut-être  les vraies interrogations suscitées par une telle reforme.

Des interrogations ni plus ni moins qualificatives.

Depuis des semaines que le débat est lancé, les américains, en tout cas les journalistes et les experts , regardent, étudient et comparent ce qui se fait ailleurs.

Tous arrivent a la conclusion qu’il n’y a guère que deux systèmes « intéressants » ;

Celui que beaucoup de démocrates très à gauche mettent en avant, celui de leurs amis « socialistes » européens.

En clair, c’est nous. Les  « french ».

 

Et un autre, qui est celui de leur cousin anglais, et  qui est aussi celui du Canada et de l’Australie par exemple.

Tout cela ajouté, cela fait du monde donc.

 

Et que constatent-ils ?

Que le système français a généré abus, gâchis, fraudes et déficits incontrôlables en tout cas incontrôlés.

Ce dont ils ne veulent pas car a  l’arrivée cela veut dire augmentation des impôts…

Est-ce franchement inexact ?...

 

Et que le système anglais (pour simplifier) s’il n’a  pas eu les mêmes conséquences financières il en a eu des presque pire, car on constate la bas une dégradation incroyable de la qualité des soins…

Ce que mes amis canadiens me confirment tous les jours ici…

A tel point en effet que les gens aisées viennent se faire soigner aux Etats-Unis.

 

Du coup, les opposants et meme les sceptiques d’Obama disent qu’il leur donne le choix entre le cauchemar et l’enfer.

Soit l’Etat se met à contrôler les dépenses de façon autoritaire et drastique, et la qualité se dégrade….

 soit il ne le fait pas et nous avons alors notre sécu nationale dont on ne connait pas la fin des déficits.

 

Je ne parlerais pas du système anglo-canadien que je connais mal (que nos lecteurs qui le connaissent le fassent), en revanche qui peut nier qu’en France la gratuité totale génère abus, tricheries et déficits ?

Avec de surcroit sur le long terme une dégradation réelle en tout cas du service public.

 

 

A partir de la, vous comprenez mieux le scepticisme et l’opposition de beaucoup d’américains. Au delà de l’égoïsme réel de ceux qui sont couverts et qui ne veulent pas payer pour les autres il y a de vraies interrogations auxquelles Obama ne répond pas.

Et il ne répond pas car très probablement…il n’en sait rien.

 

Cela est d’autant plus navrant que c’était évidemment une chance historique que le manque de préparation d’Obama et l’absence d’un véritable  plan pourrait tout simplement empêcher de mettre.

 

Obama pour l’Amérique avait une vraie opportunité, mettre en place un véritable système nouveau qui n’avait pas les tares rédhibitoires du système français dont on sait qu’il est arithmétiquement condamne et les insuffisances terribles du système anglais.

Un système qui aurait pu la encore être un modèle pour les autres.

 

L’Amérique avait l’opportunité d’inventer quelque chose, c’est très probablement raté ! Notamment parce que Obama et ses équipes n’ont pas cherché à inventer des règles et des financements originaux.

Taxes oui mais lesquelles ?

Sur les banques ?

Sur les bonus ?

Sur les plus riches seulement ?

Sur les grandes entreprises ?

Sur les polluantes ?

Des remboursements médicaux adaptés aux revenus ?

Autant d’idées qui n’ont pas été creusées, et qui désormais dans la cacophonie et l’affrontement sectaire sur le sujet auront bien du mal à être « entendues ».

 

Au point que ce projet de reforme de l’assurance santé qui aurait pu etre la marque historique d’Obama pourrait en terme de popularité s’avérer être sa guerre en Irak a lui.

 

 

Publié dans International

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bob 03/09/2009 04:03

a vous lire on a l'impression que tout se resume a l'egoisme de quelques uns qui sont couverts et qui ne veulent pas payer pour ceux qui ne le sont pasc'est un peu vrai mais ce n'est pas que celail y a aussi chez beaucoup la peur du syndrome francais se la gratuitequand on vous "donne" quelquechose on en abuseje suis desole mais en France c'est celales gens casent ne rspectent pas exagernt parce que c'est "gratuit"la gratuite c'est les deficits assures