REVUE DE PRESSE...3 ...ET FIN POUR LE MOMENT

Publié le par Patrick Gouverneur

Il y a probablement des moments ou l’actualité est plus dense que d’autres, et sans doute aussi des moments ou nous réagissons plus qu’a d’autres.
Difficile à expliquer.
Questions de sujet sans doute.
Voila donc la fin de la « Revue de presse ». Pour l’instant….

Iran – Convenez que nous n’avions pas tort.

Le candidat qui avait une « bonne chance » de remplacer notre ami Ahmenidejad a péniblement réuni un tiers des suffrages.
Le cinglé iranien a remporté une large victoire des le premier tour.
Comme nous vous l’indiquions avant le scrutin, il faut toujours être prudent avec les scrutins électoraux dans le monde musulman.
L’Occident et ses médias, nous vous l’avions dit, sont facilement intoxiqués par les diasporas.
La preuve une fois de plus.
Réélection au premier tour, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas photo.
La presse française qui s’est contentée de reprendre sans doute l’optimisme et les espoirs de ses confrères américains est logée a la même enseigne que ce coté ci de l’atlantique ; elle reçoit une nouvelle claque a l’occasion d’élection dans le monde musulman.
Une fois de plus les médias occidentaux découvrent la réalité de la « rue musulmane ».
Si Moussavi jouissait sans nul doute d’un puissant soutien de la part des jeunes, des femmes et des élites de toute sorte, c’était manifestement sans compter avec le pays profond, les campagnes et les couches populaires, pour lesquels la libération des mœurs ou des femmes est plus un blasphème qu’autre chose…

Il serait sans nul doute injurieux de vous rappeler que les iraniens ne sont pas des arabes…j’imagine.
En revanche n’oublions pas que l’Iran assume la couleur puisqu’il se qualifie lui-même de République Islamique. C'est-à-dire, disons les choses comme elles sont, un système religieux dans lequel l’intolérance, le droit des femmes bafouées ou méprisées est la règle.
Entre autres.
Et bien force est de constater que le Président sortant, adepte et défenseur de cette ligne dure, est réélu triomphalement.
Pire la participation fut historique, et nous avons l’impression que la « rue » justement, sentant le danger, s’est mobilisée pour que les élites intellectuelles et économiques ne rapprochent pas leur pays de l’Occident, donc très exactement le contraire de ce que tout le monde croyait en pensant (ou en espérant) que la participation profite a Moussavi.
N’en déplaise aux beaux pensants et aux angéliques de l’Occident, l’implantation islamique radicale ne faiblit pas, l’Islam démocratique et tolérant ne gagne pas de terrain et une nouvelle élection quasi démocratique dans un pays musulman le démontre une nouvelle fois.
Je sais, je suis loin de la pensée unique et du politiquement correct en disant cela mais c’est la vérité des faits et j’attends que l’on me démontre le contraire.
Vous allez me dire que les résultats sont contestés par le perdant ,et que les capitales occidentales, américaine en tête soupconnent une fraude massive.
Imaginer qu’il n’y ait pas de fraude relèverait en effet de l’angélisme absolu.
Elle fait partie des « traditions » politiques de ces pays.
Mais tout de même.
Il me semble que l’écart est tel qu’une fraude ayant modifie le résultat ne serait pas seulement massive, mais gigantissime.
Systématisée a un point inimaginable.
Je crains que malheusement ce ne soit l’Iran profond qui n’ait tout simplement désavoué les pronostics...

De toute manière ne rêvons pas le résultat ne sera pas changé !!!!
Du coup fort de ses 62 % de voix il y a fort peu de chances qu’Ahmedinajad change d’attitude et de politique, en particulier sur le nucléaire.
Voila qui n’arrange les affaires de personne, c’est clair.
Et ceci nous ramène aux scénarios et aux rumeurs dans l’article précédent.
Sans savoir bien évidemment leur degré de véracité, Bon Appétit Messieurs prend le risque, qui a nos yeux n’en est pas un, que l’Iran sera détruit ou rasé sous peu.
Et ce sera un fils de musulman qui prendra la décision, et il sera « aidé » en cela par des juifs. ...
C’est pourquoi clairement l’élection de Mahmoud n’est pas du tout mais pas du tout une bonne nouvelle, c’est le moins que l’on puisse dire.


Quelle reforme pour le lycée ?


Chacun se rappelle qu’il y a quelques mois face a l’agitation de quelques milliers (et encore) de lycéens le Ministre Xavier Darcos avait reculé et décidé de « repousser » sa reforme.
Les fameux « déficits de communication et d’explication »…vous savez.
Le Président de la République pour sauver la face avait utilisé la fameuse technique de la Commission, celle qui est chargée d’enterrer les problèmes.
Mais la Commission avec Sarkozy, on ne lui en rendra jamais assez hommage, c’est dépassé.
Il y a des Comités et des Missions et figurez-vous qu’à l’instar d’Attali ou de Balladur, ceux qui en sont en charge, travaillent vraiment.
Dans le cas présent, c’est le Directeur de Sciences Po, Richard Decoings, qui a été chargé de s’y coller.
Il a remis son rapport comme prévu la semaine dernière et pour tout vous dire, nous attendons avec impatience de voir ce que Darcos et Sarkozy vont en tirer.

Remarquons tout d’abord que si la reforme précédente de Darcos avait souffert d’un « déficit de communication et d’explication, le rapport du patron de Sciences Po prend le même chemin.
Le moins que l’on puisse dire en effet, c’est que le rapport n’a pas été remis au Président en « grandes pompes ». Service minimum pour tout dire.
Comme si justement on ne voulait pas trop « expliquer » et « communiquer »….
Ou alors nous ne comprenons plus rien sur ce qui est de la promotion des idées.

Il faut dire que le rapport décoiffe un peu.
Enfin n’exagérons rien, un peu seulement, il ne soulève aucun point vraiment nouveau, ni vraiment révolutionnaire. Pour tout vous dire, 80 % de ce qui y figure je l’écrivais il y a désormais 25 ans… dans les brochures de l’European Business School.
A l’époque, c’était carrément novateur, aujourd’hui, ca ne l’est évidemment plus.
Bien évidemment ce n’est pas de la faute à Richard Decoings si la situation n’a pas changé en 25 ans…..
Donc lorsque nous disons qu’il « décoiffe », c’est surtout l’Education Nationale qui va avoir les cheveux en bataille puisque le rapport propose tout simplement de faire exactement le contraire de ce qu’elle pratique depuis 20 ans….. Alors, effectivement il y a du travail « d’explication » et de « communication »….en même temps on redoute pour tout vous dire que ce contenu quelque peu décoiffant explique la discrétion de sa publication.

Alors que dit de si terrible le Directeur de Sciences po ?
Que « l’orientation est au cœur du problème du lycée. »
Tiens donc….
Que « La plupart du temps, les élèves choisissent une voie par défaut plutôt que par choix. »
Bon franchement on imagine que cela ne vous apprend pas grand-chose…
Pas plus que quand vous lirez que « c’est de la faute d’un important manque d’information. »
Le Rapport précise que « les élèves ignorent souvent quels cours ils auront dans la voie qu’ils ont choisie, et quels sont les débouchés professionnels qu’ils peuvent espérer ».
Il n’y a guère que l’Education Nationale pour être décoiffée avec cela…
 Richard Descoings suggère l’idée (intelligente de notre point de vue) « d’un parrainage entre étudiant et lycéen, et de s’appuyer sur la visite plus fréquente de chefs d’entreprises ».
Tiens donc.
En ce qui concerne le parrainage méfions nous quand même… si ce sont les étudiants gauchistes et révolutionnaires de sociologie qui viennent expliquer aux mômes ce que sont les études supérieures et a quoi elles servent…bonjour…. on a du souci à se faire.
Mais Richard Descoings ne s’arrête pas la.
Disons même qu’il ne recule pas devant les obstacles, et n’hésite pas à enfoncer les clous qui fâchent….
« L’orientation pose un autre problème qui est celui de la hiérarchie existante entre les filières. A la sortie du collège, l’orientation vers le lycée technologique est souvent perçue comme un échec par les parents, quant au lycée professionnel, c’est pire »
Certes le Rapport comme vous le voyez n’invente pas grand-chose, mais il a le mérite de pointer du doigt les coupables.
« Le mépris pour les lycées pros et technos conduit les professeurs à orienter les élèves par rapport à leurs mauvaises notes ».
La convenez que ce n’est pas dit souvent.
A fortiori ce qui suit.
« Cette orientation par les mauvaises notes, donc par défaut, ...s’effectue aussi dans les filières générales S, ES et L »
Pour tous ceux qui ont eu des enfants au Lycée depuis 20 ans… ce n’est bien sûr pas une découverte mais c’est bon a lire, car tellement c’est rare…
En plus il en rajoute notre Directeur de Sciences Po…
« A l’intérieur des lycées généraux il faut lutter contre la suprématie des classes scientifiques ».
 C’est beau comme une brochure de l’EBS datant de 85…...
Le Rapport propose de surcroit des pistes.
« Renforcer les langues vivantes en L et évaluer les élèves a l’oral ».
 Les plus vieux d’entre vous ne savent sans doute pas en effet que les langues se passent a l’écrit dans les années 2010…..
Et pour lutter contre le « terrorisme Mathématique » (ca ce n’est pas dans le rapport, c’est de moi….) Descoings propose de « modifier l’enseignement des maths en section S, et d’augmenter fortement le coefficient des Sciences au Bac dans cette section».
Afin dit-il de « renforcer la vocation scientifique et non élitiste de cette section »… ....

Sur la revalorisation des filières technologiques, Descoings suggère de « créer un droit a l’erreur en créant des passerelles qui permettent d’en sortir ».
Autrement dit l’orientation par le bas ne serait pas definitive et ne serait pas une exclusion du système de fait.
Enfin, constatant que les BTS et IUT pourtant "théoriquement destinés aux classes technologiques" sont
« accaparés par les filières générales », il propose une mise en place de « quotas réservés a ces bacheliers »
On reconnait bien la le Directeur de Sciences Po, puisque les quotas il les mis en place dans son école.

En réalité tout cela vous l’avez bien compris, est plus emprunt du bon sens et de l’honnêteté intellectuelle que d’autre chose, et c’est sans doute d’ailleurs pour cela que c’est innovant….
C’est navrant mais c’est pourtant comme cela.
Reste que le seul malheur c’est, que toutes ses idées, ne peuvent être mises en place qu’a deux conditions.
La première, et on n’est pas rendu of course, c’est que non seulement le gouvernement mais surtout les profs soient décidés à les mettre en œuvre.
La deuxième c’est que pas seulement les profs du secondaire mais aussi ceux du Supérieur soient sur la même longueur d’ondes.
En effet modifier les traditions, les pesanteurs et les « terrorismes » ne sera possible que si les critères d’admission en particulier dans les écoles de commerce changent.
Que les grandes écoles, et les moins grandes aussi parfois d’ailleurs, acceptent de revenir a l’évaluation de tous les talents et non pas seulement des critères scolaires.
Et d’en revenir aussi du coup à la recherche de têtes bien faites et pas seulement de têtes bien pleines !!

Tout un programme qui vous explique pourquoi le Rapport Decoings n’a pas fait l’objet d’un battage médiatique hallucinant, et pourquoi donc le « déficit de communication et d’explication » n’est pas forcement prêt d’être comblé….

Publié dans Politique

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