GUERRE DE GANGS

Publié le par Philippe Dermagne

ANALYSE DE LA SEMAINE

Entre les syndicats et les partis politiques d'opposition, une guerre ne serait-elle pas engagée ? Elle est discrète, sournoise et perverse mais elle illustre peut-être la réalité du mal dont souffre la France.

 

Outre de n'être constitué que d'une poignée d'individus déterminés, la  caractéristique d'un gang est de dicter sa loi par la force et la terreur. Largement minoritaire, le gang écrase les quelques voix qui oseraient s'insurger.

Autres versions, ou autre conséquences du même phénomène : le politiquement correct et la pensée unique. Chers à Bon Appétit Messieurs, ces deux concepts sont finalement et toujours les nouveaux dictateurs de la Démocratie, dont la grandeur génère parfois la perte.


Au nom des sublimes libertés d'expression et d'opinion, le gang devient quasi intouchable. Les faiblesses du système qu'il veut détruire devient sa force, alors même que ce système semble être le seul à offrir une chance à l'Humanité de s'élever au rang de Civilisation sereine, équilibrée et pérenne. Un jour.


Curieuse situation en vérité, qui place la haine et le mensonge d'une minorité en leviers plus puissants que l'amour, le bon sens et la vérité d'une majorité.

Non pas que le libéralisme et la loi de marché soient les uniques possibilités de bonheur et d'épanouissement universelles, mais plutôt que les systèmes collectivistes ont démontré leur incapacité à ne pas sombrer dans le cercle vicieux d'un totalitarisme inhumain, bafouant toute liberté du plus grand nombre.

 

Notre mal est-il pathologique ?

Cette anhédonie généralisée qui atteint nos sociétés est très inquiétante. Notre incapacité collective à ne jamais imaginer que le bonheur est possible et que notre jardin – en l'occurrence la France – est assurément l'un des plus beaux du monde, voilà une pathologie qu'on ne sait pas par quel bout traiter ! 

Oh ! Certes tout n'est pas parfait et la crise mondiale génère d'épouvantables  drames sociaux !

Mais qu'est-ce qui peut bien pousser nos syndicats à planifier deux nouvelles journées d'actions, alors qu'ils savent parfaitement que notre système, toujours perfectible, est déjà le plus protecteur du monde ? Par quel inconcevable et terrible faute de bon sens, la société dans son ensemble tolère-t-elle que quelques énergumènes hyper politisés bloquent durant des mois nos Universités, en empêchant 500.000 étudiants d'aller en cours ?

 

Cherchez l'erreur !

Les huit syndicats* sont fiers de présenter un front commun. Ce n'est qu'une façade urbaine de défilés. Sur le fond nombre de différences les séparent. Parallèlement aux syndicats ouvriers, les trublions gauchistes des fac ! Ceux-là sont encore moins nombreux que les précédents, mais leur détermination fascine les syndicats.

Voilà, à mon sens, si ce n'est la raison du moins le déclencheur de l'entêtement syndical. Les Thibault, Bailly, Chérèque et autres Mahieux ont peur d'être débordés par les adolescents des universités. Ce à quoi nous assistons ne serait-il pas "tout simplement" qu'une lutte d'influence et de pouvoir ?

L'ouvrier n'aime pas l'étudiant. Il ne l'a jamais aimé. Il se souvient encore de mai 68 où il fut contraint de lui emboiter le pas pour ne pas être en reste de ce que certains ont imaginé être une révolution en marche.  

 

Le drame dans tout cela...

C'est l'absence d'opposition. La déliquescence du PS aboutit à la plus inquiétante situation que la France ait connue depuis 70 ans. Développant trop peu d'idées et n'étant pas perçu comme une alternance possible, le PS laisse le pouvoir à la rue, aux syndicats et aux étudiants. Ceux-là ne veulent surtout pas le pouvoir ! Ils savent parfaitement que le socle fondateur de leur existence est la revendication.

Tombant lui aussi dans le registre d'une critique systémique, le PS perd son âme et sa raison d'être. Il ne laisse donc aucun espoir à nos concitoyens mécontents d'exprimer leur colère dans les urnes.

 



Les Français se sentent pris en otages

Lorsque Villepin affirme que nous sommes dans une situation prérévolutionnaire, il joue à l'apprenti sorcier. Je condamne évidemment les raisons haineuses de sa motivation, mais il faut en premier lieu condamner son analyse. Elle est fausse. Si ce qu'il dit est vrai, ce n'est pas à cause de la politique de Nicolas Sarkozy. C'est même tout le contraire. L'origine est cette véritable guerre de gangs entre syndicats ouvriers et étudiants et un PS qui joue une partition qui n'est pas la sienne.

Les pro Sarkozy, dont je fais indéfectiblement partie, sont plutôt satisfaits. Qu'on le veuille ou non, avec ses défauts et ses qualités, il est l'homme de la situation et il est à la barre. Patrick, mon complice de blog, n'est pas toujours aussi clément envers Sarko, mais cela ne nous empêche pas d'être en phase sur de nombreux points.

Bref ! Ceux qui estiment que notre Président n'est plus à sa place - ma foi, libre à eux, c'est le jeu démocratique - ceux-là pourraient bien se sentir orphelins d'idées, comme pris en otages par défaut de pouvoir compter sur un PS intelligent.


La France est-elle pour autant en danger ? Difficile à dire. Paradoxalement la démarche du Filou-Bayrou, qui lui aussi affiche une motivation douteuse et une stratégie plus que discutable, a cependant un avantage : pourrait-il cristalliser les mécontentements d'une partie de notre peuple qui abandonne le PS ? 
En d'autres termes, Bayrou pourrait leur redonner l'espoir d'avoir un pseudo-choix. A tort, certes, et avec un discours fort peu constructif et encore moins de programme !
Mais n'est-ce pas mieux que rien, pour calmer la grogne dans la rue !

 

Tout cela n'est qu'hypothèses et conjectures. Mais après tout, pourquoi pas ?

Publié dans Politique

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