Le retour au Moyen Âge

Publié le par Philippe Dermagne

Cette semaine deux interdictions touchant la communication au grand public ont été prononcées. Eloignés de la réalité des soucis du quotidien des Français, ces deux faits de société n'en sont pas moins absurdes et inquiétants !

L'affiche du film sur Coco Chanel





















 

 

Voilà donc l'objet du délit ! Audrey Tautou avec une cigarette à la main. Peut-on faire plus discret ?
Mais se fondant sur la loi Evin, la RATP et sa régie publicitaire Métrobus ont dans ce cas pratiqué l'auto censure.
Nous avions déjà eu droit à la pipe de Tati sur son vélo. A ce compte là, plus question de voir un indien fumer le calumet de la paix, Pompidou la clope au bec, Rimbaud sous l'emprise de l'opium ou d'absinthe ou encore Humphrey Bogart dans Casablanca.

Il va falloir revisiter d'urgence toutes les reconstitutions historiques, les musées, les actualités et retoucher toutes les photos et les films d'archives.
D'ailleurs, pourquoi ne pas aller jusqu'à porter plainte contre Audrey Tautou ou contre l'INA pour diffusion de documents incitant à la débauche tabagique ?


L'exposition "Our Body".

Là, c'est un petit juge influençable sous la coupe de deux associations* qui a interdit cette exposition.
La Cité des Sciences avait déjà refusé l'événement, mais son directeur François d'Aubert a des excuses. Etant licencié en droit, HEC, Science Po et ENA, il a probablement grillé tous ses neurones durant ses études !
De surcroît, la faculté de médecine a du souci à se faire. Comment va-t-elle procéder pour ses cours d'anatomie si on enlève à ses étudiants les cadavres conservés dans des piscines de formol ? Et que dire des momies exposées au Louvre !
De grâce, arrêtons le massacre et portons tous ces corps à la morgue en pièces à conviction d'un procès retentissant pour génocide et remake de Nuremberg !

J'ai visité l'exposition
Après quelques secondes de doutes et de stupéfaction, on est captivé et fasciné par la sophistication sublime du corps humain et finalement par tout le Vivant dont il est le héros.
Je peux comprendre qu'elle choque certaines personnes, mais rien ne les oblige à la visiter et ils devront m'expliquer en quoi la démarche à la fois pédagogique et artistique "porte atteinte à la dignité humaine" comme l'affirme le Comité d'éthique.
C'est au contraire un hymne au génie dont nous sommes les porteurs.

Ceux qui condamnent l'affiche de Coco ou Our Body se ressemblent.
Il est frappant de constater que ces associations de défense du bonheur collectif manifestent moins sur les manipulations génétiques, le clonage et les risques d'eugénisme que sur des événements anodins de ce genre.
Ces gens sont en réalité des intégristes moralisateurs, des donneurs de leçons qui prétendent faire notre bonheur en s'érigeant en gardien du Bien. Ce sont des adeptes d'une espèce de charia occidentale, inspirée de préceptes talibans.

Faut-il rappeler qu'aux XIe ou XIIe siècles, ceux qui pratiquaient des dissections humaines risquaient le bûcher !

* "Ensemble contre la peine de mort" et "Solidarité Chine"

Publié dans Société

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