ECOLE: L'EXPERIENCE QUI TUE

Publié le par Patrick Gouverneur

C’est curieux comme des qu’une information ne va pas dans le sens de la pensée unique du moment, c'est-à-dire le plus souvent l’hypocrisie collective, elle est publiée avec une discrétion médiatique très étrange…

En effet il est de bon ton en ce moment de critiquer les reformes de l’école proposées par le Ministre Darcos, en particulier celle du Lycee, de même que ses jugements parfois sévères sur l’Education Nationale.

Ou plutôt sur les performances du système éducatif.

 

Et bien parlons en alors justement des performances du système.

 

Un collectif de professeurs que l’on qualifiera de « traditionalistes » s’est livre a une très « intéressante » expérience.

Ils ont soumis 1348 de leurs lycéens de classe de seconde à une dictée.

 

Oh rassurez-vous, pas celle de Prosper Mérimée, ni même celle de Bernard Pivot.

 

Non un petit texte tout simple dont vous trouverez l’intégralité a la fin de l’article, pour en juger vous memes.

 

« Pas de pièges tordus, juste des phrases et des mots simples » précise un des professeurs de Lagny en Seine et Marne qui participait a lóperation.

Effectivement pas d’imparfait du subjonctif, ni même de participe passe avec le complement d’objet direct place avant, rien de méchant donc.

 

Pour ne pas se voir contester leur expérience, les professeurs ont teste 1348 élèves dans des établissements très divers.

Paris, banlieue, province, ce que lón appelle des populations melangees.

.

Le texte a été dans les annales du brevet de 1976……

 

Les professeurs ont tous fait passer le test de dictée avec le même barème évidemment.

Un point en moins par faute, ce qui est plutôt cool.

Rappelons que dans un temps comme dit Aznavour « que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » c’était 5 fautes = 0.

 

Apparemment aujourd’hui c’est 20 fautes = o.

Amélioration qualitative sans doute…

 

Toujours est-il que les résultats sont édifiants :

 

2/3 des élèves ont obtenu…0

et peut etre pire encore…..14 % seulement ont obtenu la moyenne…

 

 

 

 

 

 

Rappelons qu’il s’agissait d’élèves de seconde……

 

 

 

Comme quoi, avant d’étudier « les classiques et les grands auteurs » peut-être faudrait-il, quelle surprise, valider d’abord les connaissances basiques….

 

Un des professeurs précise que les fautes les plus répandues sont les « accords et les fautes de conjugaison ».

« Plus que l’orthographe, les élèves ne maîtrisent pas le fonctionnement de la langue » précise-t –il.

C’est effectivement un euphémisme.

 

Comme par hasard cette étude et ses résultats ont eu bien du mal à être diffusés.

 

Apparemment ces professeurs bien traditionalistes qui regrettent « l’abaissement constant du niveau » n’ont pas les mêmes relais médiatiques que leurs collègues membres des syndicats gauchistes de l’Education nationale, qui eux trouvent que tout ne va pas si mal et que cela irait encore mieux avec plus de postes.

Principalement ceux qui n’enseignent plus eux-mêmes depuis longtemps !

 

De sorte que l’hypocrisie continuera donc sans problème.

Précisons que la reforme de Xavier Darcos vise justement la classe de seconde mais que ce n’est pas en classe de seconde que l’on apprend l’orthographe et la conjugaison.

Enfin normalement.

 

De sorte que c’est un minimum de rappeler  que l’ampleur du problème est immense.

 

Et nous continuerons également à dire et répéter, au vu du texte comme celui-ci, que le débat « sur les moyens » que les professeurs syndiqués sortent à toutes les sauces, permet surtout de dissimuler celui sur les objectifs.

 

Et précisément sur le contenu des programmes et de leur progressivité, en même temps que sur le degré d’exigence envers les élèves.

Comme vous pouvez le voir rien de commun, et rien de bien interessant compare avec les discussions sur les éventuelles suppressions de postes…

  

 

 

 

TEXTE DE LA DICTEE.

 

« Gilles ouvrit le battant d’une lourde porte et me laissa le passage. Je m’arrêtai et le regardai. Il dit quelque chose, mais je ne pouvais plus l’entendre. J’étais dans l’atelier 76.

Les machines, les marteaux, les outils, les moteurs de la chaîne, les scies mêlaient leurs bruits infernaux et ce vacarme insupportable, fait de grondements, de sifflements, de sons  

aigus, déchirants pour l’oreille, me sembla tellement inhumain que je crus qu’il s’agissait d’un accident, que ces bruits ne s’accordant pas ensemble, certains allaient cesser. Gilles vit mon étonnement.

-         C’est le bruit, cria-t-il dans mon oreille.

Il n’en paraissait pas gêné. L’atelier 76 était immense.

Nous avançâmes, enjambant des chariots et des caisses, et quand nous arrivâmes devant les rangées de machines où travaillaient un grand nombre d’hommes, un hurlement s’éleva, se prolongea repris me sembla-t-il, par tous les ouvriers de l’atelier.

Gilles sourit et se pencha vers moi.

-         N’ayez pas peur. C’est pour vous. Chaque fois qu’une femme rentre ici, c’est comme ça.

Je baissai la tête et marchai, accompagnée par cette espèce de « Ah » rugissant qui s’élevait maintenant de partout.

A ma droite, un serpent de voitures avançait lentement, mais je n’osais regarder.

 

Claire Etcherelli, « Elise ou la vraie vie »

Publié dans Société

Commenter cet article

PATRICK GOUVERNEUR 09/02/2009 01:31

En tout cas merci de votre contribution ...et de vos recherches.C'est vrai que ce n'est pas simple, c'est bien pour cela qu'il faut y travailler et bien au dela des discussions purement comptables et corporatistes que l'on a depuis 30 ans.Le redoublement est evidemment a eviter mais doit etre aussi dediaboliser.dE SURCROIT LAISSER PASSER LES ELEVES POUR FAIRE PLAISIR AUX PARENTS, C'EST MINABLE ET EXPLOSIF A TERME.Mais au dela du redoublement c'est le probleme de l'exigence du niveau et des connaissances de base qui est pose.Il faut se donner les moyens que les eleves qui sortent du primaire aient tous la maitrise des bases.Et d'une facon generale mon dada depuis toujours c'est l'allegement et la modernisation des programmes.Il faut faire en sorte que les connaissances indispensables soient maitrisees en revenant aux bases. Enseigner c'est repeter , repeter encore et en controler l'acquisition. Cela prend du temps donc "des heures".Mettons dans le superieur plein de problemes ou de concepts qui n'ont rien a faire dans le secondaire. Et c'est vrai pour toute les matieres , la liste est longue.A partir de la et a partir de la seulement on pourra essayer de viser que les eleves obtiennent non pas 10,01 de moyenne... ce qui signifie tout le monde le sait qu'ils n'ont pas compris et surtout qu'ils vont oublier tres vite,...mais 15 et plus ce qui signifie la par contre qu'ils maitrisent et peuvent des lors aller plus loin dans l'acquisitionde connaissances ou de techniquesMais l'allegement des programmes dans l'education c'est comme le cumul des mandats en politique.....Par convenance intellectuelle, par lachete ou par interet, c'est un debat tabou sur lequel tous les interlocuteurs rivalisent d'hypocrisie.a suivre

Loïc 07/02/2009 18:47

Et je reviens, décidément...Là, je trouve un texte un peu plus fouilléhttp://daniel.calin.free.fr/textes/exclusion.htmlqui rappelle que classe de perfectionnement ou pas, redoublement ou pas, notre structure scolaire (ce qui est vrai dans le monde entier) repose sur l'idée d'un cursus normal : avec des étapes à chaque classe, annuelle... Pas facile, cette question... Le système pédagogique idéal étant celui des précepteurs, qui s'appuient sur les lacunes de l'enfant, pour les combler petit à petit, avec un rythme adapté à l'individu, sans considération d'âge... Système pédagogique quia eu cours seulement il y a très très longtemps... à l'époque ou il n y avait pas d'enseignement de masse... Pas facile de trouver le bon équilibre entre enseignement de masse et suivi individuel, en général...

Loïc 07/02/2009 18:23

Tenez ! Je suis sympa ! Je suis allé chercher des éléments de réponse...http://ecolesdifferentes.free.fr/REDOUBL.html L'analyse des statistiques ne me semble guère pertinente : constater que seulement 10% des redoublants au CP arrivent au bac, ne signifie en aucun cas qu'ils auraient été plus nombreux à y arriver s'ils n'avaient pas redoublé.... Même si c'est vrai, il n y a pas de dictée au bac...Et, si par ailleurs, l'analyse scientifique ou littéraire est bonne, je ne crois pas que faire une faute toutes les deux phrases soit éliminatoire aux épreuves du bac... Sinon, l'analyse psychologique du "redoublement - répétition des mêmes méthodes avec toujours le même nombre d'élèves, sauf que maintenant ils sont plus jeunes que toi" me semble intéressante... Et c'est vrai que l'idéal serait peut être d'orienter les élèves qui ont de grosses difficultés en primaire vers une classe parallèle, qui leur permettrait de faire le primaire en autant de temps qu'il en faut... Je me rappelle que dans mon école, il y avait un CP, un CE1, un CE2, un CM1, un CM2, et une classe dite de perfectionnement... Sinon, sur la comparaison avec les autres pays, il est évident que difficile de vraiment être sur un pied d'égalité, puique le rapport à la dictée et plus généralement à la langue peut être bien différent...

Loïc 07/02/2009 18:08

Les 14% à la moyenne, c'est avec 20 fautes=0, ou 5 fautes=0 ? Il est clair que le niveau en orthographe baisse, parce que dans la vie de tous les jours, on ne se concentre pas assez sur le français, mais sur plein d'autres choses... Fait-t-on toujours autant de dictées du CE1 à la troisième ?Effectivement, le chantier est immense, et ne commence pas à la seconde... Difficile de trouver des solutions ! Faut-til augmenter le nombre de redoublements au primaire pour ne pas tolérer les approximations sur les connaissances de base ?