Moins de 5.000 lycéens dictent leur loi. Formidable !

Publié le par Philippe Dermagne

Xavier Darcos a donc reporté à la rentrée 2009-2010 la mise en œuvre de sa réforme du cycle de l'enseignement aux lycées, notamment la classe de seconde. C'est déjà regrettable au plan politique, c'est surtout navrant pour l'éducation de nos enfants.

 

Faite pour permettre aux lycéens de mieux s'orienter en rationalisant leurs choix, cette réforme ne passe pas. Orientation, choix...c'est précisément l'argument que ces trublions immatures invoquent pour rejeter la réforme. Stupide ! Ubuesque !

Il est probable que mon Ami Patrick Gouverneur réagisse vertement sur le sujet.

 

Des lycéens en grève, une aberration sociétale

J'ai toujours trouvé étonnant que des enfants adolescents de 15 à 18 ans puissent défiler, en revendiquant quoi que ce soit à propos de l'enseignement qu'ils doivent suivre.

Ils ne savent rien, n'ont aucun des éléments d'informations objectifs suffisants pour juger, n'ont par définition aucun recul et 99% d'entre eux ne savent pas ce qu'ils veulent faire plus tard.
Ignorant le but, ils ne peuvent prétendre connaître le chemin ! 


Dans ces conditions, comment est-il possible que la société dans son ensemble leur permette de descendre dans la rue et de faire grève. Faire grève ! Des lycéens qui font grève ! Le concept est surréaliste de permissivité.

La posture irénique du Ministre Darcos est dictée par la volonté de prudence du Président  Sarkozy. Celui-ci n'a pas envie de voir la rue s'enflammer en cette période déjà délicate. Nous pouvons le comprendre et l'admettre; les syndicats qui poussent seraient bien capables d'avoir cette inconscience, CGT en tête.

Ce qui est grave et alarmant, de mon point de vue, n'est pas le recul, c'est son origine génétique : notre société française s'avère incapable d'affirmer et de s'imposer une discipline universelle sur un tel sujet, au-delà des clivages politiques.

 

Des ados pris en otages et manipulés par des adultes

Nous savons tous que pour certains lycéens, une bonne grève est la meilleure des occasions pour rigoler et "foutre le bordel".

Mais derrière ce côté sympathique, nous savons aussi que  certains syndicats de professeurs jouent les agitateurs patentés.
Il est d'ailleurs permis de se demander pourquoi certains sont masqués sur cette photo !


Dans un contexte heureusement moins dramatique, ces jeunes me font penser aux enfants-soldats armés de kalachnikov en Afrique.

Certes, cette analogie passera pour outrancière, mais il est profondément inhumain et révoltant de voir ces adolescents sous la coupe d'adultes, de surcroît professeurs, dont les préoccupations sont à mille miles de la réforme.

 

Des lycéens syndiqués qui ne représentent absolument rien.

L'UNL (Union Nationale Lycéenne) déclare 6.000 adhérents. Parions que c'est au mieux la moitié, soit 3.000 jeunes ultra politisés. Quant à la FIDL (Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne) il est impossible de d'en estimer le nombre de membres; dans tous les cas inférieur à l'UNL.

Nous pouvons donc estimer que le nombre total de lycéens syndiqués est inférieur à 5.000.  Sur les quelques 2,2 millions de lycéens (dont 719.000 élèves en lycées professionnels), nous obtenons le ratio de représentativité stupéfiant de 0,022% ! Autrement dit, rien !

 

Un principe universel et intemporel

L'élève qui doit dépasser le maître tel est l'objectif et la fierté de tout système d'éducation digne de ce nom.
C'était vrai il y a trois mille ans, cela l'est à jamais.
Mais quand un professeur manque à ce crédo en poussant ses élèves à revendiquer, il se détruit lui-même. Plus grave encore, il déstructure l'esprit de ceux qu'il a mission d'éduquer. 

Bref, vous savez quoi ? J'ai envie de sortir ma boite à claques, en remettant immédiatement ces crétins sur les bancs de leurs chers lycées. Mais c'est impossible et c'est bien là le problème de fond.

 

Voilà pourquoi les intéressés me classeraient immédiatement dans la catégorie des vieux cons.

 

Publié dans Société

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cincinatus 12/01/2009 11:24

Vous voyez, nous sommes la preuve vivante que ça peut marcher entre français, pour autant qu'on ne soit pas à Paris (je veux dire dans les médias et dans la rue) et qu'on cesse de "procastiner" pour un oui ou pour un non.Nous sommes, nous commentateurs de l'article de notre ami PG, la preuve vivante que l'on peut dialoguer. J'aime ça. Je ne renie en rien ce que j'ai dit et qui me paraît fondamental et je partage en plus la vision d'une éducation, pilier de la République et ceci à mes yeux n'est pas contraditoire.Et même si je ne veux pas allonger indéfiniment  les commentaires sur les commentaires, j'en reviens toujours à mes vieilles ( !!!!!) idées qui sont: Pour faire passer des réformes il faut des dirigeants "admirables" (c.a.d. dignes d'être admirés) et unificateurs. Ce n'est plus le cas depuis un bon bout de temps. De là à accuser Sarkozi, c'est un pas que je franchirai pas car il n'est que le reflet de notre propres société, il a caressé les gens là où ça les grattait pour se faire élire (on ne peut le lui reprocher). Trop de démagogie tue la République et de plus en plus de gens, à droite comme à gauche votent sans convictions.... Crise de civilisation....c'est bien par l'école qu'elle a commencé. Mais cela est une autre histoir.Amicalement HB

Loïc 11/01/2009 18:31

Je comprends votre questionnement...Il y a cette fameuse statistique qui dit que la France est le seul (ou presque) pays ou on dépense plus en moyenne pour un éléve avant-bac qu'un éléve après-bac... Et, pourtant, la réduction de l'échec scolaire peut ne pas être à la hauteur des moyens engagés comme vous dites... Pas que la France ne soit pas dans le peloton de tête des meilleures éducations avant-bac, mais disons qu'avec moins de moyens, quelques autres pays arrivent à des résultats comparables... Après, ça ne veut pas dire que pour en avoir pour son argent, il faille réduire le budget de l'éducation avant bac... Je pense que, pour une réforme ambitieuse, il faut des gens travailleurs et raisonnables, mais pas mettre dans le premier objectif (économie budgétaire)...Effectivement, l'immobilisme serait accepter le lent péréclitement de notre système... Ca ne me semble effectivement pas idiot de déléguer plus de profs du public à l'accompagnement scolaire, et je pense qu'il ne faut pas avoir peur de le mettre le samedi...De même, (je ne sais pas si c'est une nouveauté sous ce gouvernement), mais les ouvertures d'école pendant l'été sont une bone idée... Après, cela fait effectivement des profs supplémentaires : ce qui demande soit d'autres moyens, soit de reprendre des profs là où ils sont moins utiles... A mon avis, la réponse est un peu des deux... Mais, c'est difficile de penser qu'une des matiére actuelle qu'on enseigne, devrait être réduite... L'heure de philosophie hebdomadaire en terminale (quand l'enseignant est passionné et ambitieux), c'est par exemple pour moi un vrai bijou qu'on doit essayer de préserver... Plutôt que de régionaliser l'éducation nationale (je pense que c'est très important que le bac soit national.. pas vous ?), je pense plutôt qu'on devrait rendre le niveau du bac plus exigeant, et ne pas forcément persévérer dans l'ambition : "amener toute une classe d'âge au bac général".... Je crois que la question de l'orientation est vraiment cruciale.... C'est mon impression personnelle, mais ej n'ai pas l'impression que les structures d'orientation sont très efficaces, et qu'on pourrait mieux utiliser l'argent qui leur est dédié...Je crois qu'on devrait plus inister sur la mission "information" de l'orientation que la mission "écoute des désirs"...Avoir une meilleure idée de l'organisation de la société, des fiches métiers, des différentes filières après bac (mais il faut du temps)..., plutôt que de faire des "j'aime/j'aime pas"... A ce titre le semestre de détermination de la seconde proposé par Xavier Darcos me semble pousser à se déterminer les élèves en fonction de l'intérêt de la matière présent, avec des matières optionnelles... Enfin, l'idée d'un semestre de détermination n'est pas en soi une mauvaise idée... Je ne suis pas non plus contre, si ça permet de dégager un meilleur accompagnement des éléves, l'engagement d'éducateurs qui assureraient plusieurs matières, à la liberté bien sûr des professeurs... Qu'il y ait des professeurs seulement sciences physiques, des professeurs seulement mathématiques, et des professeurs sciences physiques et mathématiques, à condition d'évoir des concours exigeants, ne me semble pas une aberration : les éléves professeurs ont un niveau d'éducation, qui leur permettrait à mon sens d'assurer dans deux matières si ils sont motivés pour cela...De même, je n'ai rien contre l'embauche (minoritaire toutefois) d'enseignants contractuels, du moment qu'on leur présente des perspectives claires de leurs possibilités de formation à la reconversion ou de leurs possibilités d'atteinte du statut de fonctionnaire... Je suis partagé après sur la question de savoir si il faut que cela corresponde à un pré-contrat de 5 ans pour tous les nouveaux professeurs, qui donnerait le droit d'obtenir au bout de 5 ans un poste de fonctionnaire si on le veut, et sauf faute grave, ou un an de formation à la reconversion... Ou si la distinction entre fonctionnaires et contractuels existeraient déjà parmi les nouveaux embauchés... En tout cas, les contractuels ne devraient pas avoir moins de droits que les fonctionnaires, en ce qui concerne par exemple le rapprochement de conjoint. Et, puis, il faudrait que les banques, loueurs, et autres, desserrent un peu l'étau sur leurs exigeances de CDI, mais ça c'est un autre problème... D'une manière générale, l'éducation est un long parcours, ecnore plus long et avec plus d'étapes et d'obstacles que dans le passé... Et, la réussite et l'échec de nos en fants dépend non seulement de la politique de l'éducation avant-bac, mais aussi de la politique de l'éducations après-bac, et aussi de la politique régissant le marché du travail,.... Et, puis, je pense que c'est important de garder notre tradition culturelle : l'ECOLE est un pilier essentiel de notre REPUBLIQUE, donc ca ne me choque pas qu'on fasse le choix d'afficher une ambition forte pour l'éducation (même si elle paraît plus forte que dans les autres pays sans avoir de résultats meilleurs, nous ne pouvons pas nous aligner en tout sur les Etats-Unis)...

patrick gouverneur 11/01/2009 15:52

Tout ce que vous dites messieurs est pertinent. Ce qui montre qu'effectivement le probleme n'est pas simple. Mais qui en doutait?La pire des choses contre laquelle Sarkozy doit lutter c'est la situation depuis 20 ans qui consiste a ne rien faire pour avoir la paix dans tous les sens du termes.A partir de la cela se complique.Pour ma part je rejoins totalement Cincinatus, la premiere des priorites, c'est effectivement la decentralisation et la regionalisation.Tout le monde le sait depuis Claude Allegre et meme avant.Le probleme c'est que cela veut dire de facto que le sacro saint principe d'egalite nationale est enterre.C'est un chois ideologique qui celui la mettra la gauche enseignante a feu et a sang car ce sserait eux les premiers concernes.Politiquement dans la situation de crise actuelle ca ne parait pas tentable pouir Sarkozy et je le regrette aussi.Reste que, cher Loic, remplacer des heures de cours au contenu discutable par des heures de soutien au plus en difficulte n'est quand meme pas idiot.Cela etant la vraie reforme sur le long terme c'est une veritable reflexion sur les programmes et en particulier sur les objectifs de connaissaance reels entre le secondaire et le superieur.Je suis frappe par exemple que sur le papier les programmes francais sont incroyablement plus ambitieux a l'ecole que celui des USA.sUR LE PAPIER.cAR AUX US LA QUASI TOTALITE DES ELEVES MAITRISENT LES  CONNAISSANCES SUPPOSEES ET VONT DANS LE SUPERIEUR. eN fRANCE IL Y A UN ECHEC SCOLAIRE INCROYABLEAvec pour ceux qui ont le bac avec 10.5 de moyenne une assimilation reelle de connaissances quasi nulle aussi rapidement oubliees qu'apprises par coeur....

Cincinatus 09/01/2009 12:36

Je suis entièrement d'accord avec vous. La seule chose que je dis, (et je l'ai dis aussi dans un autre article) c'est que ce "mammouth" de l'éducation nationale est ingérable dans sa forme actuelle. Sous un prétexte d'égalité, on fait de l'égalitarisme ou du nivellement par le bas. Ce n'est pas en faisant des réformettes qu'on y arrivera. C'est en scindant ce ministère et en donnant à chaque région une autonomie avec les moyens qui vont avec. Ceci à tous les niveaux. Je ne veux pas entrer trop dans une discussion sur la "forme des réformes" car, effectivement, on peut avoir différentes idées très probablement pertinentes.Je tache de ne pas avoir d'idées préconcues, des idées toutes faites et, ce que je dis (car je ne suis pas un politique et n'envisage pas de l'être un jour) c'est que la France est composée, en ce qui concerne l'Education Nationale notamment, d'un Etat dans l'Etat. Rappelons nous comment Gaston Deferre a composé ce qui constitue les régions actuelles. Il  a fait le forcing car ce n'était pas gagné d'avance. Aujourd'hui, pour réformer ce ministère ou pour faire une réforme administrative sur une suppression des départements qui léserait bien des "prébandes" il faut surtout "des couilles" et un gars comme Sarkozy... mais qui se disperserai moins et s'exciterait moins sur 20 sujets à la fois.lHB

Loïc 08/01/2009 21:45

Enfin, franchement, il y avait quand même des pans obscurs dans cette réforme, non ? Avec une réduction des heures de cours, tout en mettant plus de sport... Bref ce n'était pas très lisible...Il me semble que fusionner les sciences de la vie et de la terre et les sciences physiques dès la seconde (c'est le cas d'une certaine manière en filière L), c'est quand même ne pas rendre un service à la progression de la connaissance...De même, j'ai l'impression que le nombre d'heures d'histoire-géo se réduisent comme peau de chagrin... Bref, cette réforme n'était pas très claire, et il est bon qu'il y ait plus de concertation...En outre, on dira ce qu'on voudra, mais la suppression des RASED ne me semble pas un bon signal...mêm si c'est un autre problème, non lié à la réforme... Je serais curieux de voir l'évolution de la proportion des établissements publics parmi les meilleurs de France... J'ai l'impression qu'elle baisse continuellement... Dans le constat qu'il y a moins en moins d'enfants des milieux populaires dans les hautes études, je pense qu'il y a le signal d'un problème à la fois dans l'université et dans le système scolaire avant bac...La carte  scolaire n'a été remplacée par aucun dispositif permettant de lutter contre les lycées poubelles...Personnellement, toute réforme prônant la réduction des heures de cours et d'encadrement des enfants par l'Etat qui reste le meilleur garant de l'égalité,à l'heure où la déliquescence de l'autorité de certains parents, dans les milieux les plus pauvres, me semble mauvais...