PARTI SOCIALISTE - C'EST PARTI POUR LA TAMBOUILLE....

Publié le par Patrick Gouverneur

Il y a peu nous nous interrogions sur les états d’âme des militants socialistes en nous demandant ce qu’ils pouvaient bien penser du délabrement intellectuel et moral de leur parti.

Et bien, nous avons un début de réponse.

Apparemment beaucoup d’entre eux sont excédés et mécontents.

Lors des élections préalables au Congres du Parti qui va se tenir à Reims du 12 au 14 Novembre, ils ont porte en tête des suffrages la motion défendue par Ségolène Royal avec près de 30 % des voix.

Le redoutable champion de la mauvaise foi, qu’est son ex boy friend, l’effondrant François Hollande s’est empressé de faire remarquer que 30 % ça n’est pas 51 %...

Heureusement que François est la pour nous  rappeler les mathématiques….

Il n’empêche.

 

La « star montante du P.S » Bertrand Delanoë soutenu par la quasi totalité de l’ex gouvernement Jospin et surtout par justement François Hollande Secrétaire General sortant, ne fait que 25 % et bat d’extrême justesse la motion soutenue par Martine Aubry qui il y a six mois encore était quasiment retraitée de la politique.

Si cela ne s’appelle pas une claque mon Cher François je ne sais pas ce que c’est.

Si on ajoute que la motion soutenue par Benoît Hamon, représentant de l’aile gauche du Parti a fait 19 %, beaucoup plus que prévu, on peut sans risque de se tromper, affirmer qu’un bon nombre de militants socialistes ont voulu faire passer le message aux « éléphants » qu’il était temps qu’ils s’en aillent, pour devenir des « dinosaures », animal comme on le sait disparu…

A croire que pour Delanoë, le soutien de Jospin, Rocard et Hollande était un fardeau trop lourd à porter.

Si on y ajoute Fabius et Aubry, c’est vrai que comme hommes neufs de la politique, il y a mieux…

Les militants du PS on est rassures ne sont quand même pas tous des demeures mentaux…

 

Reste que Hollande a raison, Ségolène n’est pas majoritaire et une telle position n’est pas gagnée, car nul doute qu’elle va devoir faire face a la mise en place du T.S.S (Tout Sauf Ségolène).

Bon courage à la Madone du Poitou.

 

Accessoirement ce scrutin et l’avènement en particulier médiatique de Benoît Hamon (41 ans) a pousse dehors Jean –Luc Mélenchon qui a (enfin ?) quitté le Parti.

Personne d’ailleurs ne le regrettera vraiment tant ses positions extrêmes et ses menaces de démission a répétition commençaient a lasser.

Il rebondira au P. C ou chez Besancenot qu’il n’aurait jamais du quitter d’ailleurs.

 

Ce scrutin  montre cela dit de façon évidente la profonde division du P.S. comme nous l’avions déjà dit dans un article précédant, et ces clivages vont bien au-delà des personnes et de leur rivalité.

L’Europe et les alliances électorales (excusez du peu) divisent profondément le Parti. c’est une évidence.

A se demander si le P. S n’est pas tout simplement en train d’éclater en trois.

Pour l’éviter Ségolène Royal parviendra-t-elle a réunir autour d’elle au minimum 51 % ? La tache ne va pas être facile.

Une alliance avec Benoît Hamon parait relever du fantasme le plus absolu tant tout les sépare.

On a tout vu au P.S mais quand même.

Reste les 50 % que représentent Delanoë et Aubry.

Nul doute que les 10 jours qui viennent vont être un spectacle qui ne manquera pas d’intérêt au grand théâtre du PS.

Le T.S.S est tellement viscéralement ancré chez Jospin, Rocard, Aubry, Hollande et autres que l’on voit mal Ségolène revendiquer la Direction du Parti.

C’est au-dessus des forces de tous ces gens la de l’accepter.

L’hypothèse de ramener a elle des déserteurs des deux autres  courrant tels Moscovici et les « Strausskahniens » (expression qui n’a d’ailleurs plus aucun sens) est possible mais cela ne fera pas 51 %.

Ségolène en fait ne peut pas espérer diriger le P.S, elle peut tout au plus espérer le contrôler.

A travers un de ses fidèles plus consensuels qu’elle qui serait éventuellement accepté par les autres.

On pense à Julien Dray ou à Vincent Peillon par exemple.

Manuel Valls hélas pour le P.S, et tant mieux pour Sarkozy n’est pas considéré comme « dans la norme » par Hollande et ses copains apparatchiks, donc pas question.

Voila le scénario qui a notre faveur mais qui ne peut être atteint qu’au prix de compromissions et de tambouilles qui vont être grandioses.

 

Il y en a un autre que beaucoup pronostiquent (ou plutôt  ils en rêvent) c’est l’éclatement du P. S.

Politiquement   il serait justifié.

Les divergences idéologiques sont telles que cela serait du pur bon sens.

Le sentiment de rejet, si ce n’est tout simplement de la haine généré par Ségolène de la part de ses « camarades » le justifierait aussi.

Mais cela n’arrivera pas.

En tout cas  pas tout de suite.

Comme me dit souvent mon camarade de blog,  Philippe Dermagne, "la soupe est  trop bonne… »

Aucun des « courants » si minoritaire soit-il ne renoncera au tas d’or sur lequel est assis le P.S à la suite de ses bons résultats électoraux.

Partir, c’est le laisser aux autres.

Impensable.

Ségolène Royal doit d’abord prendre le contrôle du Parti et de ses organes de décision, avant le cas échéant, de faire le ménage et de construire un P.S en ordre de marche pour 2012.

Autrement dit, pousser dehors les « éléphants » qui ne sont rien d’autres que les archaïques Hollande faisant partie du lot, et bien entendu mettre la main sur le trésor.

C’est sans doute son plan, mais Jospin, Rocard et leurs anciens Ministres ne seront pas faciles à virer. O n ne lâche pas comme cela les voitures, les chauffeurs, les bureaux et les assistantes en minijupes…ou pas

C’est pourtant la seule solution pour Ségolène.

Se présenter en 2012 avec derrière elle un Parti qu’elle ne contrôle pas, avec des « ténors » qui la détestent, et qui ne souhaitent que sa défaite, produira immanquablement le même résultat, si ce n’est pire.

 

Si tout se passe bien pour elle dans les deux semaines qui viennent et qu’elle rempli la première partie de son plan, il lui restera quatre ans pour mettre en place la phase 2.

 

C’est vous dire que la rigolade au sein du P.S n’est pas prete de se terminer...

Publié dans Politique

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ALAIN 12/11/2008 16:10

Votre analyse est excellente et je dirais que vos conseils strategiques a Royal aussi...mais apparemment vous sous estimez l'ambition et la soif de pouvoir de la dame. elle veut tout sans deleguer.Du coup le TSS se mettra en place et elle n'aura rien.