BARACK OBAMA PRESIDENT DES ETATS-UNIS - REJOUISSONS NOUS

Publié le par Patrick Gouverneur

Avec l’océan d’articles et publications diverses sur Barack Obama que vous avez du lire depuis 2 jours, nul  doute que vous savez tout…ou presque.

Bon Appétit Messieurs va donc s’efforcer de vous donner quelques éclairages et analyses que vous n’avez pas forcement lus partout.
Esperons le tout du moins.
 

Comme vous le savez Barack Obama le nouveau Président américain n’était pas mon candidat favori.

En tout cas celui qui a recueilli mon suffrage.

Mais il a gagné et sa victoire est sans appel.

 

Encore qu’elle convient d’être remise en proportion.

Et je dis cela sans arrière pensée ni amertume, la suite du papier le prouvera je le pense,  mais uniquement en termes d’analyse politique.

La liesse populaire, l’enthousiasme de ses partisans et le score en terme de délégués, pourrait laisser imaginer un raz de marée électoral.

Tel n’est pas vraiment le cas.

Barack Obama a remporté 51 % du vote populaire contre 48 % à John Mc Cain (et 1 % de vote blanc)

C’est une victoire nette mais pas écrasante.

Inférieure même a celle de Georges W. Bush en 2004.

Ce score « relativement serré » est à rapprocher en outre d’une participation record de 70 %.

Ce surcroît de participation a été, car c’est facile a vérifier, clairement identifiée.

Elle provient largement de nouveaux votants.

Des jeunes pour la plupart, mais aussi des électeurs jamais inscrits sur les listes, et enfin des électeurs qui ne votaient plus depuis longtemps.

Un phénomène largement comparable a la présidentielle 2008 en France donc.

 

Compte tenu de cette forte proportion de nouveaux électeurs dans ces nouveaux votants, et compte tenu du fait que selon les sondages la très grande majorité d’entre eux votaient pour Obama on aurait donc pu s’attendre à une victoire plus nette.

Les sondages, il y a quelques jours encore la prévoyaient d’ailleurs et nombre d’analystes le pensaient.

J’étais d’ailleurs moi-même de ceux la.

Le fait qu’Obama n’ait recueilli « que » 51 % des suffrages est donc intéressant (rappelons que Nicolas Sarkozy lui aussi, avec une participation record, avait fait 53 %).

 

Car cela montre deux choses.

D’abord que l’électorat républicain s’est fortement mobilisé. La peur d’Obama chez nombre d’entre eux a donc joué.

Plus intéressant encore cela montre qu’Obama a eu du mal à convaincre les électeurs hésitants ou indépendants.

Sinon, son score aurait été plus net encore.

Derrière la passion et l’enthousiasme de ses partisans il demeure donc un scepticisme et des interrogations chez beaucoup.

Nul doute qu’Obama en a pleine conscience. Son discours de Mardi soir le prouve.

 

 

 

Formidable  coup de pub pour l’Amérique

 

Reste que sa victoire est nette et sans bavure, et peu importe qu’elle soit finalement plus étriquée qu’il n’y parait.

Je dirais même au contraire, si la majorité des gens pensent le contraire.

Si le monde entier pense que le décompte des délègues traduit un « raz de marée électoral » et bien c’est en effet une très bonne chose.

Pour ma part depuis 48 heures que le scrutin est terminé et le résultat connu, alors même que chacun sait que je n’ai pas voté pour lui, je me réjouis du résultat.

 

D’abord  parce que j’imagine les réactions en Amérique comme à l’étranger s’il n’avait pas été élu.

« Indécrottable Amérique » aurait été le leitmotiv à l’étranger.

Les medias de la planète n’aurait pas manqué de dénoncer la bien pensante Amérique, son patriotisme exacerbé, sans parler du racisme rampant des américains qui  aurait ete naturellement  souligné et mis en exerbe.

 

Sur un plan intérieur la déception des 49 % battus dans cette hypothèse, aurait été immense. Gigantesque même.

Et elle aurait pu virer à la colère.

Pas au point de brûler des voitures, cela fait bien longtemps que l’immense majorité des noirs américains a dépassé les tares de nos minorités de banlieue bien de chez nous, et ne s’exprime plus par la violence, mais nul doute que cette colère sourde, matinée de sentiment d’injustice se serait traduite a tout le moins par des déclarations a chaud, malheureuses et inopportunes….

Pour ne pas dire plus.

En tout cas certainement pas rassembleuses.

Il n’est pas douteux en clair que les supporters d’Obama auraient été de très très mauvais perdants.

 

Au lieu de cela, nous avons une grosse minorité de Républicains qui n’est pas « sous le choc » après la défaite.

Certes elle était sans illusion.

Elle est restée fidèle a ses idées et ses principes dans son vote, mais n’est pas, pour une bonne partie d’entre elle, finalement plus catastrophée que cela de « tourner une page » tant les deux mandats de George W. Bush en ont frustre beaucoup.

Elle attend sereine mais pas amère de voir Obama a l’œuvre.

 

 

De surcroît et ça n’est évidemment pas la moindre des choses, nous avons une planète qui regarde interloquée et admirative « cette Amérique » qui décidément impressionne toujours.

L’enthousiasme, pour ne pas dire l’émotion de mon petit camarade de blog Philippe le montre , et il n’est pas douteux qu’il ne fait qu’exprimer avec talent l’opinion du plus grand nombre autour du globe.

Honnêtement, qui s’en plaindra ?

 

Les perdants ?

 

Peut-être John Mc Cain ?

Et bien ça n’est même pas sûr.

Certes il peut formuler des regrets.

Donné vainqueur le 9  Octobre dernier le jour ou Wall Street était au plus haut, une semaine plus tard il était cuit et quasiment sans espoir.

En guerrier courageux qu’il est, il s’est battu jusqu’au bout mais on a désormais l’impression que lui-même n’y croyait plus.

Comme si au fond il ne sentait pas le droit « d’empêcher le sens de l’histoire ».

Son discours reconnaissant sa défaite, et félicitant son vainqueur, était d’ailleurs tout simplement magnifique.

Je le recommande à tous ceux qui ne l’ont pas entendu.

Quelle belle Amérique quand on voit cela.

Aux antipodes du « on a gagné » imbécile de Ségolène Royal au soir du 6 Mai 2007, a Paris.

Mc Cain s’est comporté en grand américain proposant son aide et ses services au nouveau Président (quelle leçon pour nos politiciens français) et lui souhaitant des chaleureux vœux de succès et réussite.

Grandiose pour quelqu’un qui, il y a trois semaines encore « s’y voyait déjà ».

 

 

Dans la famille des perdants George W. Bush arrive bien sûr au firmament.

C’est le grand artisan de la victoire d’Obama, soyons clair.

Nous reviendrons dans les jours qui viennent sur un bilan un peu plus honnête de sa présidence que ce que vous pouvez lire ici ou la…., mais il n’empêche.

En étant le Président le plus impopulaire de toute l’histoire américaine (80 % d’opinions défavorables) il a clairement fait le lit d’Obama.

« Si les Démocrates ne gagnent pas cette fois ils ne gagneront jamais » disait-on il y a un an …  c’est une évidence.

Bush a plombé les Républicains et leur candidat.

 

Les Républicains n’ont pas trouve leur Sarkozy capable d’incarner la rupture avec le passé.

John Mc Cain a essayé tant qu’il a pu. En s’appuyant sur son passé politique mais c’était tout simplement mission impossible.

Son age ne l’a pas servi c’est sûr mais la tache était immense.

Rompre avec Bush sans renoncer aux valeurs de son Parti, le grand écart était hors de ses capacités.

D’autant que contrairement à Sarkozy, l’opposition était de qualité.

De grande qualité même

Différence de taille vous en conviendrez

 

Bin Laden catastrophé ?

 

Et bien s’il ne l’est pas, peut- être le devrait-il.

Ou plus exactement les quelques millions de ses « disciples » a travers le monde, puisque le créateur d’Al Quaeda n’a sans doute plus qu’une valeur de symbole sans grand rôle opérationnel réel dans la guerre planétaire qu’il a déclenchée.

 

Toujours est-il que si j’étais lui je n’espérerais strictement aucun changement sur le fonds quant à la politique américaine.

Je fais partie des électeurs Républicains, et je crois qu’ils sont nombreux, qui ne sont absolument pas inquiet d’Obama sur le plan international.

 

D’abord si on veut bien se referer a ses propos.

Il s’est déclaré en faveur des raids américains au delà des frontières officielles « pour aller chercher les terroristes ou ils se cachent ».

C’est exactement ce que fait Washington au Pakistan et en Syrie.

Obama a meme ete tres clair concernant le Pakistan.

 

Il s’est déclaré en faveur de renforts massifs en Afghanistan, « la véritable guerre » a-t-il précisé, et bien sûr sur le retrait des troupes en Irak.

Comme vous le savez le processus est en route et l’accord sera sans doute signé avant la fin du mandat de W.

Obama ne fera donc qu’entériner un état de fait.

 

Sur Israel, les relations avec la Russie il a toujours fait preuve de fermeté comme sur tous les grands dossiers géopolitiques. Comme tous les Presidents Démocrates américains il sera le défenseur du pays et de ses intérêts avant tout.

Il est ridicule de fantasmer sur le sujet.

Alors les islamo-fascistes de part le monde se feraient de douces illusions si ils imaginaient un virage à 180 o de la part d’Obama.

 

Certes il a prononcé la fameuse phrase «  je suis prêt a discuter avec les ennemis de l’Amérique » que tout le monde retient aujourd’hui.

D’abord il ne l’a pas repete 2 fois tant elle était électoralement explosive….. et de surcroît il l’a sérieusement amendée lors des débats en précisant « pas sans conditions préalables » ce qui vous en conviendrez change effectivement tout.

 

Non le virage de la politique étranger américaine est une illusion.

 

En revanche ce qui va changer et ce qui pourrait donner du souci a Bin Laden et ses copains, c’est que l’Amerique a désormais le sourire……

Et ce sourire est plaqué sur le visage d’un type qui est noir et dont le deuxième prénom est Hussein……..

 

L’image ainsi donnée rend le discours simpliste des islamo fascistes peut être un tout petit plus désuet, et un peu moins crédible quand il s’agira dans les rues de Bagdad ou dans les banlieues parisiennes de recruter des troupes.

« Le grand Satan » et les clichés sur l’Amérique raciste seront sans doute des slogans un tout petit plus difficiles a « vendre ».

En clair on peut imaginer que la diabolisation systématique et caricaturale de l’Amérique sera rendue un peu plus compliquée simplement parce que le visage de celui qui la dirige n’est plus le même.

Et ça n’est pas la moindre des raisons de se réjouir……..

Publié dans International

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