MAINTENANT LES BANQUES ONT L'AIR INTELLIGENTES..............

Publié le par Patrick Gouverneur

Dans l’esprit de beaucoup, et de beaucoup d’américains en tout cas, le grand responsable de la crise financière internationale que nous traversons, c’est George W Bush !

 

W comme on va l’appeler désormais avec le film d’Oliver Stone a le dos large et une grosse tête qui lui permet d’enfiler tous les chapeaux….

Mais tout de meme....
Car reconnaissez avec moi que, qu’on le veuille ou non cette crise financière mondiale a pris le monde entier par surprise.

Prétendre le contraire relèverait convenons en soit d’une extrême prétention, soit d’une extrême mauvaise foi, car soyons honnête, personne ne l’avait annoncée.

En tout cas a ce point.

  

Les plus sévères envers George W. Bush diront cependant qu’elle était prévisible, dans la mesure où il était prévisible que des emprunteurs à faible revenu s’avèreraient incapables de rembourser des emprunts contractés… a hauteur de 100 % de leur investissement.

Certes.

Mais c’est oublier un peu vite que le système américain de financement à l’accession a la propriété pour tous, et en particulier pour les plus démunis, faisait il a quelques mois encore l’admiration de tous.

Système qui n’est d’ailleurs pas « l’invention » de W, mais des banques américaines a leur propre initiative.

 

Tout au plus, si on voulait cerner les responsabilités de W et de son Administration qui c’est vrai ne peuvent pas totalement être exonérés de cette crise, on le ferait en lui reprochant de les avoir laissé faire …….

 

D’ailleurs le peuple américain dans sa majorité lui, ne les exonèrent pas.  

Celui ci les rend même directement responsable de la situation.

Et George W. Bush du coup d’entraîner dans sa chute sans fin John Mc Cain qui ne méritait pas cela, quoi que l’on pense du bonhomme sur le plan politique.

Mais le fait est la, Mc Cain a été éliminé de la course a la Présidence bien involontairement par George Bush.

 

Cela dit la crise aurait elle été évitee avec un autre Président ?

Aurait-elle été évitee avec Obama ?

La majorité des américains a l’air de penser que oui.

Honnêtement je suis convaincu du contraire.

 

Mais la réalité perçue est ainsi, c’est de la faute à Bush, car à tout le moins il a laissé faire.

Laissé faire les banques, qui nul doute grisées par une croissance facile ont perdu petit a petit toute raison et tout bon sens dans leurs modalités de prêt.

 

Laissé faire aussi, et c’est de mon point de vue une critique plus justifiée, car le phénomène était tout de même plus visible, une invraisemblable spéculation de ces mêmes banques.

Au fil du temps en effet, et des indices boursiers erratiques, celles ci ont totalement perdu de vue que leur mission première est de prêter aux acteurs économiques l’argent qu’elles collectent de leurs clients.

 

En fait petit a petit au fil des ans, les Jérôme Kerviel a travers le monde sont devenus les véritables stars de la finance et de leurs banques, en se shootant aux produits dérivés et aux autres outils mathématiques, qui les éloignaient toujours un peu plus de « l’économie réelle ».

Avec l’encouragement évident de leur hiérarchie (elle-même intéressée financièrement aux systèmes…) et la complicité passive des Directions Générales qui « ne voulaient pas savoir » pour la plupart.

Petit à petit les banques perdaient de vue toujours un peu plus leur rôle et leur mission.

 

Aux Etats-Unis pour le vivre au quotidien, je peux affirmer que cette dérive pourtant réelle comme ailleurs bien sur, n’a pas affecté le service au quotidien des usagers.

Les procédures bancaires étaient toujours aussi simples, le service client toujours aussi satisfaisant.

Peut être est ce la raison pour laquelle d’ailleurs cette spéculation insensée ne sortait pas vraiment du cercle des initiés ?

 

En France en revanche, certains signes avant coureurs et pour le moins exaspérants étaient révélateurs de cette dérive depuis un moment.

Ouvrir un simple compte chèque pour une nouvelle Société, crée au Capital de 50 000 euros voire plus, relevait d’un incroyable parcours du combattant.

Un simple compte cheque, sans un centime de découvert, ou d’un quelconque concours, était considéré par votre agence de quartier comme un incroyable privilège,  au point qu’il fallait immédiatement en referer au siège.

Puis, au bout de trois semaines, on ne manquait pas de vous dire gentiment que si vous alliez ouvrir votre compte ailleurs cela ne serait pas forcement une catastrophe, car la nouvelle « orientation stratégique » de la banque les conduisait plutôt figurez vous à la « gestion de patrimoine » qu’a la banque d’affaires au service des PME…

Quand a une ligne d’escompte sur du papier de premier rang « on peut éventuellement l’envisager… » mais après un interrogatoire a coté duquel celui du FBI avec les tarés de Guantanamo est  une aimable plaisanterie...

Pour ce qui concerne l’escompte sur votre petit client du coin de la rue, vous etes gentil Monsieur on ne traite qu’avec des sociétés sérieuses.

Circuler.

 

Non fondamentalement la « gestion de patrimoine » c’est mieux.

De l’argent qui est la, qui ne bouge pas, qui ne tourne pas, qui ne sort pas de chez nous et avec lequel on peut servir 5 % au client en en faisant 15 ou plus, ça c’est de la banque, de la vraie.

Financer un achat de machine ou des nouveaux bureaux, c’est compliqué et en plus on aura besoin de la caution personnelle de votre belle mère…ça fait des la paperasserie comprenez-vous…

 

Et bien voila où nous en sommes avec de « telles nouvelles orientations stratégiques ».

Il faut désormais apprendre à compter en billions, nouvelle unité de mesure.

 

Car après quatre ou cinq ans de profits records (et les bonus qui vont avec) un retournement de tendance imprévu (même par eux) et c’est la gamelle.

En billions.

Le dernier épisode en date des Caisses d’Epargne vaut son pesant de caramels mous.

Le Rapport de CNCE est accablant.

Il pointe les « défaillances de contrôle interne », les « alertes ignorées » et la « dérive dans la gestion » ( je n’invente rien) qui une fois encore mettent en cause toute la hiérarchie et non quelques traders isolés…

 

Alors à part dans un système de type soviétique comment était-il possible d’éviter cela ?

Franchement, je ne vois pas.

Je n’ai pas la solution miracle pour raconter l’histoire après coup.

 

Une chose est certaine c’est que les banques au final se sont tirées une balle dans le pied.

Elles qui avaient gagné de haute lutte (en particulier en France…) leur « privatisation », et bien elles ont reculé de 15 ans d’un coup !

Il est peu probable en effet qu’a ce niveau de « soutien » ou de « participation » les Etats (quel qu’ils soient d’ailleurs) laissent désormais faire les banques a leur guise.

C’est clair la fête est finie.

Les bonus d’enfer c’est terminé.

Les parachutes dorés et même argentés c’est râpé

Les paris a la hausse et surtout à la baisse du marché avec l’argent des clients, il est probable que cela va être nettement plus compliqué………

 

Il n’est pas douteux que les Etats, et c’est la moindre des choses, vont un peu plus regarder ce qui est fait de leur pognon.

 

De fait la nationalisation des banques fait son retour dans l’actualité.

Y compris aux Etats-Unis qui d’ailleurs en sont malades……

Ici le mot lui-même déclenche une crise d’urticaire géant à tout le monde.

Et pourtant pendant un moment, il va bien falloir que les américains s’habituent à ce nouveau mot pour eux !

 

 

PS. Comment ne pas s’associer au papier de mon petit camarade de blog.

Sarkozy a crevé l’écran.

Sa vitesse de réaction, l’énergie dépensée pour rapprocher les points de vue des uns et des autres, la justesse de ses analyses étaient impressionnantes.

Je vais jusqu'à dire sans hésiter que la France et l’Europe ont eu de la chance de l’avoir à leur tête pendant cette crise.

N’ayant pas toujours été tendre avec lui et ne pouvant pas être soupconné de « Sarkozite aigue » je le dis très volontiers.

Il est même possible que le mois d’Octobre 2008 reste comme une des grandes dates de l’histoire de l’Europe, et Sarko y sera associe car il aura véritablement permis à l’Europe d’exister.

Pour la première fois la position de l’Europe était attendue par le reste de la planète et pour la première fois elle a été a la hauteur des enjeux planétaires.

Avouons que ce n’est pas rien.

Publié dans Economie

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